Chaque été ou presque, je pars avec un ami pour une petite randonnée de deux ou trois jours.
Quelques dizaines de kilomètres, deux nuits dehors, un sac un peu trop lourd au départ et suffisamment de mauvaise foi pour considérer qu’une bouteille de rosé fait partie du matériel de première nécessité.
Bref : une petite tradition.
Cette année, nous étions trois.
Il y avait donc l’Habitué, avec qui je pars régulièrement, et le Rookie, qui n’avait jamais fait de randonnée sur plusieurs jours.
Il faut déjà reconnaître une chose : commencer directement par deux jours et demi de marche, plus de 50 kilomètres et deux nuits dehors demande une certaine dose de courage — ou une confiance particulièrement généreuse dans le fameux « ça va le faire ».
Le Rookie possédait manifestement un peu des deux.
Sa présence n’était pas complètement anodine : nous devons partir ensemble en Laponie courant septembre pour plusieurs jours de marche en autonomie. Cette sortie d’un peu plus de 50 kilomètres devait donc lui permettre de découvrir l’exercice… et me permettre de tester une partie de mon matériel.
À l’origine, nous avions plutôt prévu de marcher dans l’intérieur des terres, entre forêts et crêtes.
Mais en ce mois de juillet 2026, entre la canicule et les incendies (avec la Gironde en toile de fond), les interdictions d’aller bivouaquer en forêt pullulaient. Nous avons donc déplacé la sortie sur la côte atlantique.
Sur le papier, le programme était simple.
Dans les faits, nous avons surtout découvert ce qui se passe lorsque la volonté est bien présente, mais que la préparation suit avec quelques kilomètres de retard.
- Le fameux « ça va le faire »
- Les petits problèmes finissent par travailler en équipe
- Même préparé, on trouve toujours un moyen de se tromper
- La liste complète du matériel et de la nourriture
- Le matériel : validé, à adapter ou à remplacer
- Une randonnée test n’est pas une randonnée inutile
Le fameux « ça va le faire »
Soyons honnêtes : le Rookie n’était pas correctement préparé.
Il avait préparé son sac le matin même, environ trois quarts d’heure avant notre rendez-vous.
Il disposait de peu de matériel. Une fois le bivouac installé, je lui ai donc prêté mon tarp et mon drap de soie, que j’avais transportés jusque-là, ainsi que quelques autres bricoles.
Il avait également acheté de nouvelles chaussures.
Je lui avais conseillé de marcher avec avant le départ. Il avait fait deux petites sorties d’une heure ou une heure et demie, ce qui constituait une préparation parfaitement adaptée pour marcher… une heure ou une heure et demie.
Un peu moins pour enchaîner une vingtaine de kilomètres pendant plusieurs jours. Le conseil qui consiste à faire ses chaussures avant une randonnée-bivouac n’est pas très original, mais les ampoules non plus.
La crème solaire n’avait pas davantage trouvé le chemin du sac, malgré une peau particulièrement sensible au soleil. Même constat pour les pansements destinés aux ampoules.
Côté alimentation, il était essentiellement parti avec du Huel : une poudre mélangée à de l’eau, consommée matin, midi et soir, complétée par quelques graines et fruits secs.
Sur le papier, les apports nutritionnels étaient probablement cohérents. Son estomac, soumis à la chaleur et à plusieurs heures de marche, s’est montré beaucoup moins enthousiaste.
Bref : il était arrivé avec beaucoup de confiance, une préparation approximative et plusieurs occasions de découvrir que le terrain possède son propre sens de l’humour.

Les petits problèmes finissent par travailler en équipe
Le premier jour, nous avons parcouru un peu plus de 19 kilomètres sous un soleil particulièrement généreux.
Le second, 22,8 kilomètres.
Au bout d’un moment, les chaussures neuves ont commencé à provoquer des ampoules. La peau exposée sans protection a commencé à brûler. Des troubles digestifs se sont ajoutés au reste et la fatigue s’est progressivement installée.
Aucun de ces problèmes n’était dramatique.
Mais ils ne sont pas restés gentiment indépendants les uns des autres.
Les pieds douloureux modifient la marche. La mauvaise digestion diminue l’envie de manger. La chaleur fatigue. Une mauvaise nuit rend la journée suivante plus difficile. Et lorsqu’on n’a pas l’habitude de marcher, vingt kilomètres représentent déjà un véritable effort, même si l’activité paraît assez simple vue de l’extérieur.
Après tout, il suffit de mettre un pied devant l’autre.
Puis de recommencer quelques dizaines de milliers de fois avec un sac sur le dos.
Le Rookie a continué à avancer sans jamais demander à s’arrêter, à rentrer ou à raccourcir le parcours. Il est simplement devenu de plus en plus silencieux pendant la marche, concentré sur l’effort.
Le soir, une fois installé au bivouac, il redevenait plus bavard.
Le lendemain matin, la marche reprenait… et le mode économie d’énergie avec.
Nous avons donc fortement raccourci le parcours du troisième jour. Au lieu de suivre toute la côte comme prévu, nous avons coupé une partie du GR pour terminer avec une dizaine de kilomètres supplémentaires.
Au total, un peu plus de 50 kilomètres en deux jours et demi.
Moins que prévu, mais largement assez pour comprendre ce qui devait être compris.
Continuer coûte que coûte aurait peut-être ajouté dix ou quinze kilomètres au compteur.
Cela n’aurait rien ajouté au diagnostic.

Même préparé, on trouve toujours un moyen de se tromper
Il serait assez facile de terminer l’histoire ici avec une morale sur l’importance de préparer son matériel, de faire ses chaussures et de ne pas improviser une randonnée de plusieurs jours.
Sauf que, de mon côté, tout n’était pas parfait non plus.
Je cours. Je fais de la musculation. J’ai déjà réalisé plusieurs randonnées de ce type et mes chaussures avaient largement dépassé la centaine de kilomètres.
Mais je n’avais pas réellement marché depuis quelque temps.
Entre le travail, les rénovations et un quotidien particulièrement chargé, les sorties longues étaient passées au second plan. Je sortais également d’une période de fatigue assez marquée, même si j’avais eu quelques jours pour récupérer avant le départ.
Physiquement, la randonnée s’est bien passée.
Je n’ai pas terminé épuisé et j’aurais pu continuer plus longtemps le dernier jour. Mais je me suis tout de même senti moins en forme que l’année précédente, lorsque nous avions parcouru près de 40 kilomètres sur une seule journée.
La course et la musculation donnent évidemment une bonne base.
Elles ne reproduisent toutefois pas complètement plusieurs heures de marche avec un sac, les appuis irréguliers, les descentes successives et l’accumulation sur plusieurs jours.
Mon genou gauche me l’a d’ailleurs rappelé avec une sensation étrange autour de la rotule, comme si elle accrochait légèrement sur certains terrains.
Aucune douleur réelle.
Plutôt l’impression qu’il manquait un petit coup de WD-40.
La gêne diminuait lorsque je fléchissais davantage les jambes et déroulais correctement le pas. Je vais donc conserver la course et la musculation, mais ajouter davantage de marche avec charge et de mobilité avant septembre.
Et puis il y a eu les ampoules.
Mes pieds étaient impeccables pendant les deux premières journées. J’avais utilisé une paire de chaussettes le premier jour, puis une seconde paire propre le lendemain.
Le troisième matin, n’ayant que deux paires et n’ayant pas lavé les premières, j’ai remis celles de la veille.
Elles étaient un peu poisseuses, chargées de transpiration après une journée très chaude dans des chaussures peu aérées.
Mais puisque mes pieds étaient encore parfaitement intacts, j’ai considéré que le problème n’existait pas.
Une petite manière de vendre la peau de l’ours alors que celui-ci marchait encore tranquillement derrière moi.
Les ampoules sont apparues dans les derniers kilomètres : une au bout du petit orteil droit et une autre sous l’avant-pied gauche.
Rien de grave.
Mais suffisamment pour me rappeler qu’une randonnée ne se termine pas au moment où l’on commence à se croire arrivé.
Trois paires de chaussettes partiront donc en Laponie.

Ce que j’avais réellement dans le sac
Au départ, le Karrimor affichait 12,6 kilos, eau et nourriture comprises.
La bouteille de rosé participait évidemment à une simulation extrêmement rigoureuse du poids prévu pour la Laponie.
Pour le reste, voici la liste complète de ce que j’avais emporté.
Portage et couchage
- sac à dos Karrimor 65 litres ;
- tente Nordisk prêtée pour la sortie ;
- tarp utilisable comme poncho, que je portais pendant la marche et que j’ai prêté au Rookie le soir ;
- mon hamac habituel, emporté comme solution de secours si le terrain ne permettait pas de monter la tente, mais finalement inutilisé ;
- sac de couchage Carinthia Defence 1 Top ;
- drap de soie, finalement prêté au Rookie ;
- matelas Therm-a-Rest NeoAir, emporté pour être testé sur plusieurs nuits.

Cuisine
- mug Toaks avec couvercle ;
- cuillère-fourchette ;
- briquet ;
- tire-bouchon.
Pas de réchaud, pas de cartouche de gaz et donc aucune cuisson.
Dans ce contexte de canicule, de risque d’incendie et de restrictions locales, nous n’avons pas voulu prendre le moindre risque. Toute l’alimentation avait donc été pensée pour être mangée froide.
Eau
- gourde Water-to-Go avec filtre intégré ;
- bouteille d’eau d’environ 1,5 litre.
Vêtements
- chaussures de randonnée Lowa Renegade GTX Mid ;
- petite polaire, qui n’aura finalement pas servi ;
- shemagh ;
- un tee-shirt de rechange ;
- un caleçon de rechange ;
- une paire de chaussettes de rechange.
Hygiène et santé
- brosse à dents et dentifrice ;
- savon multi-usage ;
- papier toilette ;
- quelques lingettes ;
- masque de nuit et boules Quies ;
- pansements pour ampoules ;
- rustines pour le Therm-a-Rest.
Outils et divers
- couteau puukko ;
- corde ;
- lampe frontale ;
- batterie externe et câble de recharge ;
- portefeuille avec carte bancaire, carte d’identité et 40 euros en espèces.
Nourriture
Pour les deux petits-déjeuners :
- deux sachets préparés à l’avance, contenant chacun un mélange de porridge et de whey.
Pour les déjeuners et les dîners :
- jerky maison ;
- environ six tranches de pain noir ;
- cheddar Cathedral ;
- houmous breton au wasabi ;
- sardines ;
- une conserve saumon, riz et légumes, dans l’esprit des rations militaires françaises.
Pour les encas :
- quatre barres Nature Valley Protein ;
- mélange de noix et de myrtilles ;
- raisins secs ;
- pommes séchées maison.
Et pour boire :
- de l’eau ;
- une bouteille de rosé.
Un inventaire permet de savoir ce que l’on a pris. Le terrain permet de savoir ce qui méritait réellement d’être pris.

Le matériel : validé, à adapter ou à remplacer
L’objectif initial de cette randonnée restait tout de même de tester quelques équipements.
Certains choix sont maintenant validés.
D’autres méritent encore un peu de travail.
La tente et le sommeil
On m’avait prêté une petite tente Nordisk pour cette sortie.
Je suis plutôt hamac à la base. J’avais d’ailleurs emporté le mien, que je connais depuis longtemps, comme solution de secours au cas où le terrain ne permettrait pas de monter correctement la tente.
Finalement, il est resté dans le sac.
Après un premier montage effectué avec une créativité assez personnelle, j’ai fini par consulter la notice. Une fois le principe compris, elle se monte en réalité très facilement.
Elle est légère, compacte et procure surtout un vrai sentiment de protection pendant la nuit.
C’est un point qui m’a surpris.
Je dors habituellement beaucoup en hamac. J’aime le contact avec l’extérieur, entendre ce qui se passe autour et conserver l’impression de pouvoir réagir rapidement.
Dans une tente fermée, avec un masque de nuit et des boules Quies, cette vigilance disparaît en grande partie.
Mais le sommeil s’améliore.
En été, le soleil se lève tôt. Les oiseaux également. Et les gens qui ronflent semblent systématiquement disposer de la capacité exceptionnelle à s’endormir avant tout le monde.
La question se pose donc assez vite : quel bénéfice réel est-ce que je retire du fait d’entendre chaque bruit autour de moi, comparé à celui d’une bonne nuit de sommeil ?
En pleine nature et selon l’environnement, conserver une certaine vigilance peut avoir du sens.
Dans un refuge partagé avec plusieurs personnes, beaucoup moins.
Or nous devrions probablement passer quelques nuits dans des refuges en Finlande.
Le masque et les boules Quies seront donc de la partie.
Dans une randonnée de plusieurs jours, deux éléments conditionnent directement la journée suivante : le sommeil et l’état des pieds.
Le reste se négocie généralement mieux.
La tente possède évidemment les défauts liés à ses dimensions.
Elle est minuscule.
Impossible de s’y asseoir, de s’y changer confortablement ou d’y passer la soirée. Entrer et sortir demande également un minimum de souplesse.
Elle fonctionne très bien comme abri pour dormir.
Beaucoup moins comme studio avec coin salon.
Cette sortie m’a en tout cas permis de confronter, une nouvelle fois, les avantages respectifs de la tente et du hamac en randonnée-bivouac. Sur cinq jours de marche, le meilleur couchage n’est pas forcément le plus agréable à imaginer : c’est celui dans lequel on récupère réellement.

Le matelas et l’oreiller improvisé
Le Therm-a-Rest NeoAir est validé.
Ce n’est pas un matelas Emma, mais j’ai correctement dormi dessus et j’ai ajusté son gonflage au fil des nuits.
Le véritable problème venait plutôt de l’oreiller.
Ou, plus exactement, de l’absence totale d’oreiller.
En hamac, je n’en ressens pas vraiment le besoin. Sur un matelas, et particulièrement lorsque l’on dort sur le côté ou sur le ventre, il devient beaucoup plus utile.
J’ai finalement placé ma poche de vêtements dans mon chèche pour fabriquer un oreiller improvisé.
Cela fonctionne plutôt bien.
On m’a également conseillé d’emporter une simple taie légère dans laquelle glisser les vêtements, ou de placer une partie du sac à dos sous la tête du matelas pour le surélever légèrement.
Deux solutions à tester avant d’acheter un nouvel accessoire qui pèsera quelques dizaines de grammes et finira probablement au fond d’une caisse.

Le sac de couchage
Le Carinthia Defence 1 Top me laisse davantage dans le doute.
Sur cette sortie en plein mois de juillet, je n’ai pas eu froid. J’ai même eu trop chaud.
En revanche, je sais par expérience que le Carinthia Defence 1 Top peut commencer à montrer ses limites en mi-saison, vers cinq ou six heures du matin, lorsque la température atteint son point le plus bas.
L’été, je complète généralement le sac avec un drap de soie. Lorsque les températures baissent, je passe à un drap polaire. Ce dernier n’était pas présent pendant cette randonnée, mais il fera partie du système prévu pour la Laponie.
Dans un refuge, le Defence 1 Top devrait parfaitement faire l’affaire. Sous tente et à proximité de zéro degré, il faudra probablement ajouter des sous-vêtements chauds, une polaire et le drap polaire.
Ce système doit encore être testé dans des conditions plus froides.
La pire manière de découvrir qu’un sac de couchage n’est pas assez chaud reste probablement d’attendre une nuit froide pour le vérifier.
J’avais déjà publié mon retour d’expérience sur le Carinthia Defence 1 Top. Ce nouveau test ne remet pas en cause sa robustesse ou son confort : il précise simplement la limite de mon système complet, avec ma tente, mon matelas et ma propre sensibilité au froid.
Le sac à dos
Le Karrimor Bobcat 65 litres a globalement fait le travail.
Une fois correctement réglé et chargé, il reste suffisamment confortable pour plusieurs journées de marche.
Je ne l’aime toujours pas particulièrement.
Mais il fonctionne.
Sa sangle pectorale a tout de même réussi à sortir de son point de fixation pendant la randonnée. J’ai pu la remettre, rien n’était réellement cassé, mais ce genre de détail permet de comprendre assez rapidement pourquoi certains sacs coûtent moins cher que d’autres.
À chaque petit craquement du Bobcat, j’ai donc une pensée émue pour mon Karrimor Sabre 45 SF.
J’aime les sacs militaires simples, robustes et organisés comme de grands tunnels dans lesquels tout vient s’empiler.
Malheureusement, mon affection pour le Sabre ne crée pas les litres supplémentaires nécessaires à cinq jours d’autonomie.
Le Bobcat partira donc probablement en Finlande.
Sans enthousiasme excessif, mais sans véritable inquiétude non plus.
Je suis parti avec 12,6 kilos, eau et nourriture comprises. Une fois une partie des consommables disparue — dont le rosé, tragique sacrifice — le sac est rapidement passé sous les 10 kilos.
Et c’est là que j’ai senti une vraie différence.
Autour de 10 kilos, le portage devient suffisamment discret pour ne plus occuper une partie de mon attention. Ce sera donc ma cible pour la Laponie. Pas parce qu’il existerait un poids idéal universel pour un sac de randonnée, mais parce que ce test m’a permis d’identifier le mien dans ce type d’effort.
Le poids ne fait d’ailleurs pas tout. La manière d’organiser et équilibrer son sac à dos change directement le confort ressenti au fil des kilomètres.
Les caleçons mérinos
J’avais également acheté deux caleçons en laine mérinos chez Decathlon.
À près de 25 euros l’unité, j’avais très envie de les trouver extraordinaires.
Lors des premiers essais, je les trouvais surtout assez quelconques et pas particulièrement confortables.
En randonnée, en revanche, ils se sont complètement fait oublier.
Ils ont nettement mieux géré la chaleur, l’humidité et les odeurs que mes caleçons habituels en coton. Même après deux journées, la sensation restait correcte.
Deux exemplaires devraient donc suffire pour cinq jours, avec une rotation et éventuellement un rinçage rapide.
C’est cher pour un caleçon.
Mais, pour une fois, le mérinos ne semble pas seulement servir à inscrire « mérinos » sur l’étiquette.
Le jerky maison
Le jerky maison est définitivement validé.
J’en avais déjà fabriqué autrefois au four. Cette fois, j’ai utilisé un déshydrateur et le résultat est incomparable : plus régulier, plus simple à maîtriser et beaucoup plus pratique à produire.
Léger, riche en protéines, facile à manger pendant une pause et nettement meilleur que la plupart des versions industrielles.
Un article complet viendra sur les différentes recettes testées.
Spoiler : certaines fournissent une excellente raison d’acheter beaucoup trop de viande.
Le petit-déjeuner porridge et whey
À l’inverse, le porridge mélangé à de la whey ne repartira probablement pas.
Sur le papier, c’était parfait :
- des glucides ;
- des protéines ;
- peu de poids ;
- une préparation rapide.
Dans la tasse, c’était surtout assez peu agréable, pas réellement rassasiant à mon goût et suffisamment liquide pour salir le contenant dès le matin.
Or nettoyer une tasse pleine de résidus de porridge constitue rarement le moment le plus exaltant d’une journée de randonnée.
Je vais probablement tester une solution plus solide : barres d’avoine maison, fruits secs, graines ou un mélange qui puisse se manger rapidement sans transformer le bivouac en atelier vaisselle.
Pour le reste, les quantités de nourriture étaient plutôt bien calculées. Il me restait quelques graines et plusieurs barres à l’arrivée, mais aucun surplus absurde.
Le sujet mérite d’être traité comme le reste du matériel : en fonction de l’effort, du poids, de la préparation et surtout de ce que l’on a réellement envie de manger. J’avais déjà détaillé plusieurs pistes dans mon article sur l’alimentation en randonnée et les quantités à emporter.

Une randonnée test n’est pas une randonnée inutile
On pourrait considérer qu’un peu plus de 50 kilomètres à proximité de chez soi ne constitue pas une véritable aventure.
Et ce serait vrai.
Nous n’étions pas isolés au milieu de la Laponie. Nous pouvions raccourcir le parcours, appeler quelqu’un ou rentrer si la situation se dégradait réellement.
C’était précisément l’intérêt.
Une sortie de préparation permet de se tromper lorsque les conséquences se limitent encore à un petit inconfort, quelques kilomètres supprimés ou un petit-déjeuner raté.
Elle permet aussi de transformer une liste théorique en quelque chose de beaucoup plus concret. Un sac de couchage n’est plus « confort +8 °C » sur une fiche : c’est un système que je connais bien l’été, mais qu’il me reste à éprouver à proximité de zéro degré. Deux paires de chaussettes ne sont plus une quantité raisonnable : c’est une paire de trop peu le troisième matin. Douze kilos ne sont plus un chiffre : c’est une sensation comparée à celle d’un sac passé sous les dix.
J’avais déjà fait un RETEX sur l’équipement d’une randonnée de trois jours en autonomie. Cette fois, la liste elle-même comptait moins que la méthode : tester, noter, modifier… puis recommencer avant de dépendre réellement du résultat.
Je pensais partir valider une tente, un matelas et un sac.
Je reviens avec une paire de chaussettes supplémentaire, un petit-déjeuner à reconstruire, un poids cible confirmé, un système de couchage encore à tester dans le froid et quelques kilomètres de marche avec charge à ajouter à ma préparation.
Rien de spectaculaire.
Mais c’est exactement le genre de détails qu’il vaut mieux découvrir ici qu’au milieu de nulle part.

On ne teste pas son matériel quand on en dépend. On le teste avant.




