WHOOP vs Fitbit Air : le meilleur bracelet est celui qui sait appuyer là où ça fait bouger

de Sven

Au départ, je voulais faire un comparatif.

Un vrai.

Le genre de truc parfaitement raisonnable avec un tableau, des petites croix vertes et, à la fin, un vainqueur.

WHOOP vs Fitbit Air.

  • Lequel mesure le mieux le sommeil ?
  • Lequel a la meilleure autonomie ?
  • Lequel analyse le mieux une course ?
  • Lequel possède la meilleure IA ?
  • Lequel mérite qu’on lui donne notre argent ?

Bref : Internet.

J’utilise WHOOP depuis suffisamment longtemps pour bien connaître ses qualités, ses défauts et ses petites manies. Mon abonnement arrivant à son terme, le nouveau Fitbit Air de Google était un candidat assez évident pour prendre sa place.

Alors j’ai porté les deux.

Même poignet ? Non, j’en ai malheureusement besoin de deux.

Mais mêmes nuits, mêmes journées, mêmes activités, mêmes séances de sport et, autant que possible, mêmes questions posées aux deux IA.

Et effectivement, j’ai trouvé des différences.

Plein.

Fitbit est meilleur pour certaines choses. WHOOP pour d’autres.

Mais au bout de quelques semaines, j’ai surtout compris quelque chose d’un peu gênant pour mon magnifique comparatif : ce n’était pas vraiment le sujet.

La vraie question n’était pas de savoir quel bracelet possédait le plus de fonctions.

La vraie question était : lequel me pousse réellement à faire ce que j’ai décidé de faire ?

Et derrière ça se cache quelque chose de beaucoup plus intéressant que le choix d’un bracelet connecté.

La connaissance de soi.

Pas celle qui consiste à savoir si l’on est plutôt « introverti intuitif ascendant hibou ».

La vraie.

Celle qui consiste à connaître suffisamment bien ses propres faiblesses pour savoir exactement sur quel bouton appuyer.

Pourtant, techniquement, j’avais de quoi m’amuser

Rendons quand même justice au comparatif.

Fitbit Air et WHOOP ne font pas exactement la même chose de la même manière.

Sur le sommeil, par exemple, Fitbit s’est montré beaucoup plus généreux pendant mon test.

Les petits réveils étaient plus facilement assimilés à de l’agitation. WHOOP, lui, les retranchait davantage du sommeil réel.

Résultat : même nuit, deux histoires légèrement différentes.

Fitbit :

Globalement, tout va bien.

WHOOP :

Vous avez dormi, certes. Mais nous devons parler de ce qui s’est passé vers 3 h 17.

J’exagère.

À peine.

Sur certaines nuits, WHOOP faisait apparaître des réveils dont je me souvenais parfaitement alors que Fitbit avait lissé tout ça.

Même chose avec une sieste (tellement rare en ce qui me concerne… je me suis vraiment donné pour ce test, pour vous… de rien) : WHOOP a été capable de distinguer le temps passé allongé du temps réellement dormi. Fitbit a été beaucoup plus optimiste.

J’aurais aimé qu’il ait raison.

Malheureusement, rester couché les yeux fermés ne constitue toujours pas juridiquement du sommeil.

Fitbit possède en revanche quelques présentations que je préfère, notamment autour du temps d’endormissement.

Et dès qu’on part courir, il prend clairement sa revanche.

Parcours, allure kilomètre par kilomètre, accélérations, ralentissements, évolution de l’intensité, récupération cardiaque…

Pour la course, je préfère largement Fitbit.

WHOOP suit correctement l’effort et la fréquence cardiaque, mais Fitbit raconte beaucoup mieux la course elle-même.

Il y a aussi plein de petites différences de ce genre.

  • Fitbit permet plusieurs alarmes.
  • WHOOP vibre plus fort.
  • Fitbit organise mieux une semaine d’entraînement.
  • WHOOP possède un Journal que je trouve infiniment plus intéressant.
  • Fitbit peut demander à son IA de modifier directement une activité ou de créer une séance de mobilité.
  • WHOOP répond beaucoup plus vite… et, dans mon utilisation, plus souvent juste.

Google réussit d’ailleurs une performance assez fascinante : son IA est parfois capable de corriger très efficacement une donnée qu’elle a elle-même mal comprise quelques secondes auparavant.

C’est un peu comme avoir un stagiaire extrêmement brillant qui casserait régulièrement votre imprimante avant de vous expliquer comment la réparer.

WHOOP est globalement plus stable.

Mais WHOOP possède aussi quelques « merveilles ».

Chercher une activité sans le bon accent peut parfois être compliqué.

Et j’ai croisé un exercice de musculation où « back », au sens de « dos », avait été traduit en français par : « retour ».

Vous pourrez donc travailler demain : les pectoraux les biceps, les triceps… et les retours.

L’avenir est radieux.

Le problème, c’est que les chiffres ne donnent pas forcément la réponse

On pourrait continuer longtemps.

  • Calories.
  • Pas.
  • Distances.
  • Sommeil.
  • Récupération.
  • Stress.
  • VFC.

… et très vite apparaît un petit problème : les deux appareils ne donnent pas toujours les mêmes chiffres.

Parfois même pas du tout.

Ce qui est assez embêtant quand on aime appeler ça des « données objectives ».

Lors d’une sortie, WHOOP m’a par exemple attribué un dénivelé digne d’une étape alpine. Le parcours, lui, n’avait manifestement pas été prévenu qu’il devait contenir une montagne.

Et pourtant, aucun des deux bracelets ne possède d’altimètre dédié.

Voilà voilà.

Concernant le sommeil, le problème est encore plus évident.

Un bracelet au poignet ne regarde pas directement votre cerveau dormir. Il observe des mouvements, votre fréquence cardiaque, ses variations et différents signaux physiologiques puis estime votre sommeil.

Les études comparant les trackers grand public à la polysomnographie montrent d’ailleurs encore des différences significatives sur la durée totale de sommeil, l’efficacité du sommeil, le temps d’endormissement ou les périodes éveillées. Ils restent intéressants pour suivre des tendances, mais ne remplacent évidemment pas un examen du sommeil.

Autrement dit : votre bracelet n’est pas la vérité.

C’est un miroir.

Un miroir un peu bizarre, parfois.

Mais si vous utilisez le même miroir tous les matins, il peut finir par vous apprendre des choses.

Et c’est là, précisément, que mon comparatif a commencé à dérailler.

Le vrai intérêt n’est peut-être pas de mesurer

Supposons que votre bracelet vous annonce tous les jours :

Vous n’avez pas assez bougé.

La première fois, vous vous en foutez.

La deuxième aussi.

Au bout d’un moment, vous faites quand même un tour.

Félicitations.

Votre bijou technologique à plusieurs centaines d’euros vient de réinventer votre mère.

Mais ça fonctionne.

  • Scores.
  • Objectifs.
  • Jauges.
  • Couleurs.
  • Séries.
  • Récompenses.
  • Âge physiologique.
  • Nombre de pas.
  • Charge.
  • Récupération.

Tous ces éléments ont un point commun : ils transforment des comportements en jeu.

Et le mot n’est pas péjoratif.

La gamification est précisément l’utilisation de mécanismes issus du jeu dans des activités qui n’en sont pas.

Une méta-analyse portant sur 36 essais randomisés et plus de 10 000 participants a trouvé que les applications de santé utilisant ces mécanismes augmentaient modestement l’activité physique, avec environ 489 pas supplémentaires par jour en moyenne par rapport aux interventions non gamifiées.

489 pas.

Ça ne transformera personne en Kilian Jornet.

Mais multiplié par 365 jours, ça commence à faire une jolie promenade.

Et surtout, la moyenne cache quelque chose d’essentiel : nous ne réagissons pas tous aux mêmes leviers (bande de victimes que nous sommes).

« Moi, la gamification, ça ne marche pas »

Cette phrase m’amuse.

Comme :

« Moi, la publicité ne marche pas sur moi. »

Bien sûr.

Les milliards dépensés chaque année en marketing sont principalement destinés aux autres.

Vous, vous êtes immunisé.

Même chose pour la gamification.

Peut-être que vous vous foutez totalement des badges.

Très bien.

Ça ne signifie pas que vous n’avez pas de corde sensible.

Ça signifie que les badges ne sont pas votre corde sensible.

Certains vont refuser de casser une série de 48 jours.

D’autres s’en moquent complètement mais deviennent soudain très motivés lorsqu’ils voient leur courbe descendre.

Certains veulent battre quelqu’un.

D’autres veulent se battre eux-mêmes.

Certains adorent être félicités.

D’autres ont besoin qu’on leur dise :

Tu peux faire mieux.

Certains veulent remplir toutes les cases.

Certains veulent atteindre 10 000 pas parce que 9 842 leur donne envie de sortir marcher autour de la maison en pyjama à 23 h 57.

Ne riez pas.

Vous savez très bien que des gens le font.

Et d’autres encore sont incapables de se passionner pour une journée mais deviennent obsédés par une tendance à six mois.

Nous avons tous des leviers.

Si vous pensez sincèrement ne pas en avoir, il y a une autre possibilité : vous ne vous connaissez simplement pas encore suffisamment.

Et finalement, un bracelet connecté peut devenir une manière assez intéressante de découvrir lesquels.

Vas-y ma Monique, tu vas les avoir tes 10000 pas !

Fitbit et WHOOP ne tirent pas sur la même corde

C’est probablement la différence principale que j’ai ressentie entre les deux.

Fitbit pense beaucoup en semaine.

Vous définissez vos objectifs.

Le coach regarde ce que vous avez fait.

Ce qu’il reste à faire.

Ce qui est prévu demain.

Vous avez fait une activité légère aujourd’hui ?

Très bien.

Vous avez une grosse séance demain ?

Essayez de bien dormir cette nuit.

L’ensemble est cohérent.

Plutôt intelligent.

Et assez sympathique.

WHOOP me paraît davantage penser : aujourd’hui.

Comment avez-vous récupéré ?

Quelle charge avez-vous accumulée ?

Avez-vous suffisamment sollicité votre organisme ?

Combien devez-vous dormir ?

À quelle heure devriez-vous vous coucher ce soir ?

Et WHOOP possède un léger côté professeur de sport qui vous regarde depuis l’autre bout du gymnase.

Vous avez beaucoup marché ?

C’est mignon. Mais où est le cardio ?

Vous avez fait une séance tranquille ? Très bien. Demain, nous reparlerons de vos objectifs.

Fitbit est davantage le gentil coach.

WHOOP est plus exigeant.

Et pendant longtemps j’ai considéré ça comme un défaut.

Puis je me suis demandé : lequel me fait réellement agir ?

Et là, la réponse est devenue plus compliquée.

Le lundi est le principal ennemi de la vision hebdomadaire

J’aime beaucoup la logique Fitbit.

Vraiment.

Mais imaginons que j’ai trois séances prévues cette semaine.

Lundi, je n’ai pas envie.

Pas grave. J’ai encore six jours.

Mardi arrive.

Il pleut. Bon. Mercredi sera très bien.

Mercredi, je suis occupé.

Il reste jeudi, vendredi, samedi et dimanche.

Large.

Puis soudain nous sommes dimanche soir.

Et une anomalie spatio-temporelle totalement imprévisible vient de se produire : la semaine est terminée.

C’est ce qu’on appelle communément procrastiner.

Et la vision hebdomadaire offre beaucoup d’espace à la négociation avec soi-même.

WHOOP me laisse moins tranquille.

La journée existe maintenant.

Le score existe maintenant.

L’objectif existe maintenant.

La recommandation existe maintenant.

Il y a quelque chose de plus immédiat.

De légèrement irritant parfois.

Mais justement : l’irritation fonctionne sur moi (la victime que je suis…).

Nous devrions apprendre à nous manipuler nous-mêmes

Le mot « manipulation » fait peur.

Utilisons-le quand même (parce que c’est mon article et je fais ce que je veux).

Si vous savez que vous videz systématiquement le paquet de biscuits lorsqu’il est ouvert, une solution assez efficace consiste à ne pas acheter le paquet.

Vous venez de manipuler votre environnement pour contourner une faiblesse parfaitement identifiée.

Personne n’appelle ça de la triche.

On appelle ça avoir compris comment on fonctionne.

Pourquoi ne pas faire exactement la même chose avec la discipline ?

  • Si je sais qu’une série me pousse à agir : je crée une série.
  • Si je sais qu’une compétition me motive : je trouve un adversaire.
  • Si je sais qu’une deadline me fait bouger : j’en crée une.
  • Si je sais qu’un score quotidien me pousse à ne pas reporter : j’utilise un score quotidien.

C’est presque du social engineering appliqué à soi-même.

On identifie la faille.

Puis on l’exploite volontairement.

Avec une différence assez importante : cette fois, la victime et le bénéficiaire sont la même personne.

Ça me paraît beaucoup plus intéressant que d’attendre chaque matin l’apparition miraculeuse de la « motivation ».

La motivation est formidable.

Quand elle vient.

La discipline sert surtout les jours où la motivation a piscine (et dieu sait qu’elle aime nager cette connas… gourgandine).

Attention quand même à ne pas tirer trop fort sur la corde

Parce que le mécanisme peut parfaitement se retourner contre nous.

Prenons le sommeil.

Vous vous réveillez.

Vous vous sentez plutôt correctement.

Vous ouvrez votre application.

Mauvaise récupération.

Ah. Bon.

Maintenant que vous le dites…

Peut-être que je suis fatigué.

Un peu lourd.

Cette séance prévue aujourd’hui ?

Avec un score pareil ?

Est-ce vraiment raisonnable ?

À l’inverse, imaginez que vous pensiez avoir passé une nuit médiocre et que votre bracelet vous annonce :

Excellente nuit.

Peut-être allez-vous soudain relativiser votre fatigue.

Ce n’est pas uniquement philosophique.

Des chercheurs ont donné à des personnes souffrant d’insomnie de fausses informations concernant la qualité de leur sommeil. Ceux recevant un retour négatif rapportaient ensuite davantage de fatigue et de somnolence et une cognition moins alerte que ceux recevant un retour positif.

Une autre expérience sur le « placebo sleep » avait déjà montré que faire croire à des participants qu’ils avaient bénéficié d’un sommeil de meilleure ou moins bonne qualité pouvait influencer certaines performances cognitives.

Voilà qui devient amusant.

Ou inquiétant.

Le bracelet mesure-t-il notre état… ou participe-t-il à le fabriquer ?

On retombe ici sur le terrain des biais psychologiques.

Bah ouais, mais Monique à droite n’a pas fait ses 10000 pas. Cette loseuse…

Le Fitbit gentil et le WHOOP sévère

Cette question m’est revenue régulièrement pendant le test.

Fitbit est plutôt encourageant.

Vous avez fait quelque chose ?

Très bien.

Il valorise.

Il remet l’activité dans votre semaine.

Il vous parle de demain.

WHOOP peut être nettement plus exigeant.

Parfois utilement.

Parfois de façon assez discutable.

Il m’est arrivé de recevoir une analyse très critique de ma charge récente alors que, lorsqu’on demandait ensuite à l’IA de vérifier réellement les activités des jours précédents, elle reconnaissait que la semaine avait été plutôt solide.

Donc oui : être exigeant, c’est bien.

Être exigeant après avoir lu le dossier, c’est encore mieux.

Mais je me suis aperçu que le côté plus positif de Fitbit avait lui aussi un revers.

Il me félicite davantage.

Il met moins de pression.

C’est agréable.

Mais je ne cherche pas nécessairement un appareil agréable. Je cherche un outil qui m’aide à respecter ce que j’ai décidé. (qui a dit maso ? QUI ?…)

Ce n’est pas exactement la même chose.

Et si le bracelet finit par devenir le problème ?

Le sommeil est probablement le meilleur exemple.

Nous avons inventé un mot pour décrire l’obsession de vouloir obtenir le sommeil parfait selon les données d’un tracker : l’orthosomnie.

Le concept décrit des personnes tellement préoccupées par l’optimisation de leurs données de sommeil qu’elles finissent par développer des comportements et inquiétudes contre-productifs. Des travaux récents suggèrent que le phénomène existe réellement chez une fraction des utilisateurs de trackers, même si porter un wearable ne provoque évidemment pas automatiquement une anxiété du sommeil.

C’est assez merveilleux.

Vous achetez un objet pour améliorer votre sommeil.

Puis vous vous couchez en pensant :

Il faut absolument que je dorme bien.

Parce que votre score a baissé hier.

Ce qui vous stresse.

Donc vous ne dormez pas.

Le progrès.

La bonne règle me paraît donc assez simple : un bracelet doit rester un tableau de bord.

Pas devenir le conducteur.

Si je me sens très bien et que WHOOP m’annonce une récupération moyenne, j’écoute l’information.

Je n’ai pas signé un contrat stipulant que je devais soudain me sentir mal.

Si Fitbit m’annonce une nuit fantastique alors que j’ai l’impression d’avoir été réveillé quatorze fois par un orchestre de casseroles, je conserve également le droit de ne pas être d’accord.

Les données complètent la perception.

Elles ne la remplacent pas.

Le Journal WHOOP : probablement la fonction qui me manquerait le plus

Et c’est ici que je reviens à la connaissance de soi.

WHOOP possède un Journal qui permet de suivre les comportements que l’on souhaite observer régulièrement.

Puis, avec suffisamment de données, l’application cherche à identifier leurs associations avec la récupération et le sommeil.

L’intérêt n’est pas qu’elle vous annonce :

L’alcool peut perturber le sommeil.

Breaking news.

L’intérêt est plutôt :

Quand vous faites ceci, que se passe-t-il généralement ensuite ?

Évidemment, cela ne démontre pas une causalité.

Si une habitude apparaît uniquement les jours où vous vous couchez tard, mangez n’importe quoi et dansez nu sur une table, il sera délicat de déterminer précisément le responsable.

Mais cela oblige à observer.

À tester.

À confronter ses intuitions à quelque chose de mesuré.

Et je trouve ça extrêmement puissant.

Parce que la connaissance de soi n’est pas simplement :

Je pense que je fonctionne comme ça.

C’est aussi être capable de demander :

Est-ce vraiment le cas ?

Ca sent la récup’ merdique demain matin, ma Monique…

Même chose avec WHOOP Age

WHOOP possède également son système Healthspan, avec WHOOP Age et Pace of Aging.

Attention.

Je ne pense pas qu’un bracelet au poignet ait soudain découvert votre « véritable âge biologique » avec une précision mystique.

WHOOP précise d’ailleurs lui-même qu’il n’existe pas de référence clinique permettant de valider WHOOP Age comme un âge biologique au sens médical. Le score utilise notamment plusieurs mois de données liées au sommeil, à l’activité et à la condition physique ; WHOOP Age regarde particulièrement le long terme, tandis que Pace of Aging réagit davantage aux habitudes récentes.

Le chiffre exact m’intéresse finalement assez peu.

Ce que j’aime, c’est la direction.

Sur plusieurs mois : est-ce que mes habitudes vont globalement dans le bon sens ?

C’est encore une corde sensible différente.

Je ne suis pas uniquement sensible (qui, encoooore, a dit « victime » ? Je vous entends, hein…) au :

Fais quelque chose aujourd’hui.

Je le suis aussi au :

Regarde ce que tu es en train de construire sur six mois.

Et voilà précisément ce qui me manque chez Fitbit.

Fitbit gagne la semaine. WHOOP gagne chez moi.

C’est probablement mon résumé après ce test.

Fitbit est excellent pour organiser la semaine.

Son IA possède une vue d’ensemble séduisante.

Son analyse de la course est meilleure.

Il possède des fonctions pratiques que j’aimerais retrouver chez WHOOP.

Et l’écart entre les deux produits est aujourd’hui suffisamment faible pour que le prix de WHOOP devienne franchement difficile à ignorer.

Google commercialise le Fitbit Air autour de 100 € et son coaching avancé passe par Google Health Premium (100€ par an) ; WHOOP reste sur un modèle d’abonnement nettement plus coûteux (225€ par an).

Si je cherchais simplement : le meilleur rapport nombre-de-fonctions/euros, je ne suis pas certain de choisir WHOOP.

Mais ce n’est plus ma question.

Ma question est : lequel me fait faire davantage de choses que j’ai décidé de faire ?

Et aujourd’hui, pour moi, c’est WHOOP.

  • Pas parce qu’il est gentil. Il ne l’est pas toujours.
  • Pas parce qu’il possède toutes les fonctions. Il ne les possède pas.
  • Pas parce que toutes ses données seraient exactes. Aucun bracelet ne peut s’en targuer.

Mais parce que sa combinaison de pression quotidienne, de suivi des habitudes et de vision longue utilise mieux mes propres leviers comportementaux.

Quelqu’un d’autre pourra parfaitement arriver à la conclusion inverse.

Mais attention : pas simplement parce que « chacun est différent ».

Cette phrase permet souvent d’arrêter de réfléchir précisément au moment où cela devenait intéressant.

La vraie question est : en quoi êtes-vous différent ? Qu’est-ce qui vous fait agir ?

  • La récompense ?
  • La culpabilité ?
  • La compétition ?
  • Une série ?
  • Une courbe ?
  • La peur de perdre ?
  • L’envie de gagner ?
  • Un objectif public ?
  • Une deadline ?
  • Un coach encourageant ?
  • Un coach qui vous casse légèrement les pieds ?

Vous avez forcément des cordes sensibles.

Comme tout le monde.

La compétence consiste à les trouver.

Monique… Lâche cette banane s’il te plaît. Y’a Kiki qui veut sa balade maintenant…

Le meilleur quantified self consiste peut-être à quantifier beaucoup moins que soi

Je pensais que porter deux bracelets allait surtout m’apprendre lequel mesurait le mieux mon sommeil.

Finalement, le plus intéressant aura été ailleurs.

Ces appareils nous donnent des chiffres sur notre corps.

Mais leur véritable intérêt est peut-être de nous apprendre quelque chose sur notre cerveau.

À quoi réagissons-nous ?

Qu’est-ce qui nous pousse ?

Qu’est-ce qui nous fait procrastiner ?

Qu’est-ce qui nous encourage suffisamment ?

Qu’est-ce qui nous encourage trop ?

À quel moment une contrainte devient-elle utile ?

À quel moment devient-elle toxique ?

Sommes-nous seuls dans l’univers ? (cette question n’a rien à voir, mais c’est pour voir si tu suis)

Et comment construire autour de nous un système qui augmente les chances de faire demain ce qu’on avait décidé hier ?

C’est beaucoup moins sexy qu’un nouveau capteur optique.

Mais probablement beaucoup plus utile.

Parce qu’au fond, nous savons déjà tous à peu près ce qu’il faudrait faire.

Bouger.

Dormir correctement.

Faire un peu de cardio.

Soulever des trucs avant de les reposer au même endroit.

Manger raisonnablement.

Récupérer.

Être régulier.

Le problème n’a jamais vraiment été de connaître cette liste.

Le problème, c’est de la faire.

Alors oui.

Je vais continuer avec WHOOP.

Mais le résultat du test n’est finalement pas :

WHOOP est meilleur que Fitbit.

C’est plutôt :

j’ai compris pourquoi WHOOP fonctionne mieux sur moi.

Et cette distinction est importante.

Parce que le jour où il ne fonctionnera plus, je saurai davantage ce que je dois chercher chez son remplaçant.

Pas un meilleur capteur.

Pas nécessairement une meilleure IA.

Pas trois graphiques supplémentaires.

La bonne corde.

Et si vous ne savez pas encore laquelle est la vôtre… vous venez peut-être de trouver quelque chose de beaucoup plus intéressant à mesurer que votre nombre de pas.

De rien.

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