En matiĂšre de filtration et de purification de l’eau, j’ai dĂ©jĂ eu l’opportunitĂ© de tester de nombreux systĂšmes, portables (Sawyer Mini, Katadyn Hiker Pro, Combi Katadyn…) ou fixes (Katadyn Base camp, British Bekerfeld…) … et mĂȘme de les comparer.
Mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de tester en situation rĂ©elle une gourde filtrante.
C’est maintenant chose faite avec la Water-To-Go !
Spoiler : je suis conquis par cette gourde, qui devient pour moi un must-have, mais qui ne se prĂȘte pas pour autant Ă toutes les situations.
- Présentation de la gourde filtrante (et du filtre !)
- Mise en situation pour le test
- Mon retour d’expĂ©rience et avis
Présentation de la gourde filtrante
Commençons par la base des bases…
J’ai testĂ© la gourde filtrante « outdoor » de chez Water-To-Go, le modĂšle camo.
Il existe chez cette marque deux gammes : la « outdoor » et la « city » (celle-ci Ă©tant plus « fun et colorĂ©e »… et Ă©galement ayant un volume de filtrage lĂ©gĂšrement moindre).
CĂŽtĂ© coloris, dans la gamme outdoor, la gourde existe en vert, en rouge/bleu, en noir bleu… et en camo, donc.
Le concept de cette gourde est tout simple : boire n’importe quelle eau douce, n’importe oĂč, n’importe quand… et elle sera parfaitement buvable, sans aucun risque pour la santĂ©.

Water-To-Go ? C’est quoi cette marque ?
Sur l’emballage, on peut dire : « PensĂ©e, dĂ©veloppĂ©e et assemblĂ©e au Royaume Uni avec des composants Ătats-uniens et Chinois ».
On est donc sur une marque anglaise, créée en 2010 par deux personnes : Dave Shanks et Cheryl Farrell.
Leur objectif ? Lutter contre les bouteilles en plastique Ă usage unique, particuliĂšrement dans les pays en dĂ©veloppement, oĂč la pollution gĂ©nĂ©rĂ©e par ces derniĂšres est un rĂ©el problĂšme Ă©cologique.
Bref !…
Je vais vous passer tous les détails de la genÚse de cette entreprise : pour ma part, je trouve cela rassurant que la gourde (et surtout le filtre !) soit réalisée par une société basée en Europe, et donc soumise à un grand nombre de normes.
Le filtre… qu’est-ce que c’est ?
« Un filtre nanotechnologique trois en un », rĂ©alisĂ© Ă partir d’une « technologie initialement dĂ©veloppĂ©e pour le programme spatial de la NASA ».
Bon… le coup de la technologie pensĂ©e pour la NASA, je m’en mĂ©fie toujours… mais vĂ©rification faite, c’est bel et bien le cas (mais pas isolĂ© Ă cette unique marque ; c’est le cas de nombreuses autres marques de gourdes filtrantes).
Ce qui est TRĂS intĂ©ressant avec cette gourde, c’est surtout son filtre et le fait qu’il soit « trois en un ».
Pour faire simple, c’est une triple filtration :
- une filtration mĂ©canique : classique, c’est une sorte de tamis avec des pores minuscules (0.2ÎŒ / microns) qui retient tous les contaminants plus gros.
- une nanotechnologie : unique, elle rĂ©duit encore la taille des pores et agit comme un aimant pour les contaminants, les piĂ©geant dans le filtre. Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, il s’agit de nano-alumine, qui Ă©met une charge positive lorsqu’elle est mouillĂ©e et qui attire donc les contaminants chargĂ©s nĂ©gativement dans l’eau.
- un charbon actif : agit principalement sur le goĂ»t et l’odeur



Résultats en terme de filtration ?
En bout de chaĂźne, une fois que l’eau est passĂ©e dans le filtre 3-en-1, le promesse du fabricant est allĂ©chante : le filtre Ă©limine 99.9999% des contaminants nocifs dans l’eau.
On parle bien ici des :
- bactĂ©ries ET des virus (norwalk, hĂ©patite A, virus Tota, adĂ©novirus, entĂ©rovirus, rĂ©ovirus, coronavirus, coliformes, e.coli, cholĂ©ra, typhus, dysenterie, botulisme, polio, botulisme viral, maladie de vibrio, campylobactĂ©riose, legionella – maladie des lĂ©gionnaires, fiĂšvre de pontiac, leptospirose – maladie de Weil…)
- parasites et agents pathogĂšnes d’origine hydrique (fasciolopsiasis taeniasis – tĂ©nia, Ă©chinariose Ă Ă©chariose, cistorose schistosomiase, ver de GuinĂ©e, cryptosporidium tryonosoma (maladie du sommeil), nĂ©matode ankylostome, oxyures onchiocerca, Fasciola hepatica / douve du foie…)
- mĂ©taux ET produits chimiques (chlore, fluor, mercure, nickel, cuivre, fer, plomb, or, argent, aluminium, composĂ©s organiques volatils, y compris le formaldĂ©hyde, dont 90% de l’arsenic 3 et de l’arsenic 5 naturels…)
C’est sincĂšrement impressionnant.
Et pour valider tout ça, on a évidemment accÚs aux tests qui ont été réalisés avec différents laboratoires indépendants :
- London School of Hygiene and Tropical Medicine
- Maison d’essai de Bangalore
- Laboratoires BCS – Floride
- IMI


Un défaut à ce filtre ?
Je ne parlerai pas de défaut, mais de limite.
Une telle capacité filtrante a un coût : le volume de filtration.
Il est de 200 litres pour le modÚle « outdoor » et de 130 litres pour le modÚle « city ».
Si on considĂšre que les besoins hydriques journaliers sont entre 1.5L et 2.0L (selon votre gabarit, votre sexe, la saison, votre alimentation, etc.), et que vous utilisez UNIQUEMENT la gourde filtrante, cela veut tout de mĂȘme dire qu’un filtre « outdoor » dure entre 100 et 130 jours, soit entre 3 et 4.5 mois environ.
Ensuite ? Il vous faudra changer le filtre (c’est tout simple, il se dĂ©visse en deux en deux).
Note : le filtre est recyclable.
Combien elle coûte ?
Exact, on n’a pas parlĂ© de tarifs !…
La Water-to-Go Outdoor (avec filtre) est vendue Ă 34.90âŹ, et le lot de deux filtres supplĂ©mentaires Ă 24.90âŹ.
Le prix du litre filtré revient à 0.1745⏠pour la gourde, et à 0.0625⏠pour les filtres complémentaires.

Mise en situation pour le test
On a vu la fiche technique, les arguments scientifiques et les arguments commerciaux… maintenant, testons ça, si vous le voulez bien, directement sur le terrain !
Je suis parti en cette fin d’annĂ©e, sac sur le dos, 15 jours dans le nord de l’Inde.
L’Inde, qui n’est pas rĂ©putĂ©e pour la qualitĂ© de son eau…
Lâeau, et plus particuliĂšrement lâeau potable, est un problĂšme majeur en Inde.
Aujourd’hui encore, 75% des foyers indiens nâont pas accĂšs Ă de lâeau potable et pratiquement 70% de lâeau considĂ©rĂ©e comme potable est en fait contaminĂ©e.
Lâorganisme en charge du contrĂŽle de la pollution (Central Pollution Control Board – CPCB) estime que les rĂ©serves dâeau indiennes, quâelles soient en surface ou souterraines, sont polluĂ©es.
En mars 2018, le CPCB a mentionnĂ© dans un rapport quâen 5 ans, le nombre de riviĂšres polluĂ©es est passĂ© de 121 Ă 275.
Le Petit Journal – Bombay
Autant dire que se trimbaler une gourde filtrante dans ce type de pays n’est PAS du luxe, mais clairement un MUST.
Préparation du filtre
Avant le dĂ©part, j’ai dĂ» « activer le filtre ».
C’est une Ă©tape trĂšs importante, au risque de la non-efficacitĂ© du filtre !
Ăa se fait trĂšs simplement :
- il faut remplir la bouteille, filtre en place
- la retourner (au dessus d’un verre par exemple)
- la laisser telle quelle pendant au moins 15 minutes
- puis ouvrir le capuchon et presser doucement la bouteille pour rincer le filtre
… et voilĂ , on est bons !
A l’usage
Comme prĂ©cisĂ©, j’ai utilisĂ© cette gourde filtrante dans les conditions d’un voyage en sac Ă dos.
Cela diffĂšre trĂšs nettement d’une randonnĂ©e de quelques jours ou de plusieurs semaines.
Tout d’abord, sur le volume d’eau Ă emporter :
- Pour un voyage, 75cl (qui est donc le volume de la gourde) est juste absolument parfait.
- Pour une rando, cela dĂ©pend de votre environnement. Si vous avez accĂšs Ă de nombreux cours d’eau, cela ne posera pas nĂ©cessairement problĂšme… sinon, vous risquez vite de trouver ce volume limitant. Il faudra alors un deuxiĂšme contenant et transvaser au fur et Ă mesure de vos besoins.
Sur le cÎté gourde :
- Pour un voyage, lĂ encore, c’est idĂ©al : on remplit et on boit. En gĂ©nĂ©ral, l’eau ne nous sert qu’Ă cela… ou Ă la rigueur Ă nous rincer les mains, mais lĂ encore, c’est possible.
- En randonnĂ©e-bivouac, l’eau sert Ă©galement Ă la cuisine et Ă la toilette. LĂ , le cĂŽtĂ© gourde est un peu moins pratique du fait d’un dĂ©bit limitĂ© (10-12 ml par seconde).
Par contre, dans les deux situation (voyage ou rando), le fait que la gourde soit en plastique est un vrai plus :
- c’est lĂ©ger, trĂšs rĂ©sistant, le bouchon ne s’ouvre pas (la gourde peut ĂȘtre Ă l’envers dans un sac, sans inquiĂ©tude), le grip (la partie camo) permet une bonne prĂ©hension, ça se met au lave-vaisselle une fois terminĂ© (pas le filtre, hein !)…
Ăgalement, le filtre se dĂ©visse facilement et ça aussi c’est utile :
- en rando ou en voyage, il arrive parfois qu’on ait accĂšs Ă de l’eau potable (oĂč on est sĂ»rs Ă 100% je veux dire) et du coup, il est dommage d’utiliser le filtre (qui a un volume filtrant limitĂ©, je le rappelle)… il suffit alors de dĂ©visser le filtre et de se servir de la gourde comme n’importe quelle autre gourde.
Dernier point positif lorsqu’on voyage en avion : vous pouvez vider votre gourde avant le passage de sĂ©curitĂ©… puis re-remplir votre gourde filtrante aux toilettes et Ă©viter de payer ainsi une bouteille d’eau 57⏠(j’exagĂšre Ă peine).




Mon retour d’expĂ©rience et avis
J’ai trimballĂ© cette gourde filtrante pendant 15 jours et mon avis est trĂšs positif.
C’est Ă©conomique et Ă©cologique (on n’achĂšte pas Ă tour de bras des bouteilles en plastiques jetables).
Mais c’est surtout rassurant.
Quand on est dans un environnement oĂč le doute sur la potabilitĂ© de l’eau est quasi permanent, avoir une telle gourde avec soi, c’est un peu comme avoir une bouĂ©e de survie dans la tempĂȘte : on peut toujours s’y raccrocher et ĂȘtre certain de ce qu’on boit.
Clairement, c’est pour moi un MUST pour ce type de voyages… mais c’est Ă©galement idĂ©al pour les EDC et les Bug out Bag.
C’est compact, solide, pratique, rassurant (ça Ă©limine les virus, bactĂ©ries, mĂ©taux, produits chimique, parasites !…).
Et puis pour rappel, attraper une saloperie dans un pays type l’Inde, ça peut rapidement ĂȘtre Ă double tranchant : j’ai vu la tronche des hĂŽpitaux dans les villes et des dispensaires dans les campagnes… vous n’avez AUCUNE envie de tomber malade.
Ăgalement, elle ne peut QUE ĂȘtre trĂšs utile en sortie outdoor, type kayak, vĂ©lo, course Ă pied, randonnĂ©e, etc. … mais du moment oĂč vous avez accĂšs Ă de l’eau douce !
Car oui, c’est Ă©videmment le point limitant : ce volume de 75cl.
Bon, encore une fois, il vous suffit de prendre une bouteille de 1.5l en complĂ©mentaire et de transvaser au besoin. Donc, ça n’est pas non plus un frein… juste un bĂ©mol.
Et vous… vous avez dĂ©jĂ testĂ© cette gourde ou une Ă©quivalente ?




