Potager autosuffisant : Quelle surface ? Comment faire ?… [Guide]

de Sven
Publié le : Dernière mise à jour le

Il y a une différence entre jouer au jardinier et s’attendre à ce que votre jardin soit votre principale source de nourriture.

Pour s’assurer d’être autonome en matière d’alimentation, il est essentiel de planifier et d’organiser son potager.

Dans ce guide de A à Z, je vais vous conseiller et vous donner des pistes.

Sachez cependant qu’un potager autosuffisant est plus spécifique et demande plus de travail qu’un potager « classique »…

Quel emplacement pour son potager ?

Première étape : vous devez choisir le bon emplacement.

Pour se nourrir, les plantes ont besoin de beaucoup de soleil. Choisissez un endroit qui reçoit au moins six heures de soleil par jour.

Les plantes ont également besoin d’eau, mais les sols gorgés d’eau (généralement en hiver) les noieront … donc assurez-vous de choisir une zone avec un bon drainage, mais pas trop (au risque de devoir très /trop souvent arroser).

Pensez également « qualité de la terre » : Vous pouvez tester le pH de votre sol et, si nécessaire, y ajouter des amendements.

Enfin, détail souvent mis de côté et pourtant essentiel : la facilité d’accès à votre jardin potager.

Vous devrez vous en occuper fréquemment, ou au moins avoir un œil dessus… l’idéal est au plus proche de votre habitation (pensez aux zones de permaculture et à la permaculture en général).

Quelle surface faut-il ?

On dit que pour être autonome en légumes, pour une personne pendant un an, il faut compter une parcelle d’environ 400-500 mètres carrés minimum.

On ne parle pas ici de céréales ou de fruits.

La réalité est toute autre : cela dépend de nombreux facteurs tels que les légumes que vous souhaitez cultiver (tous ne prennent pas le même espace au sol), la qualité de votre exposition et de votre sol, votre zone géographique… et surtout la quantité de temps et d’efforts que vous êtes prêt à consacrer à l’entretien de votre potager.

Je pense par exemple à Joseph Chauffrey, avec qui j’avais échangé il y a quelques années, et qui produisait en 2019, 359 kilos de légumes sur moins de 150m².

Bref, mon conseil : si vous débutez, commencez petit et agrandissez votre espace potager au fur et à mesure.

Rome ne s’est pas faite en un jour, votre autonomie alimentaire non plus !

Ah !… Petit détail : ce qui va également avoir un très gros impact sur la surface est évidemment le nombre de personnes dans votre famille.

Quelle préparation pour le sol ? Compostage ?

Les plantes obtiennent une partie de leur nutrition du soleil, mais elles ont également besoin d’un sol riche et plein de nutriments pour bien pousser.

Pour cela, il y a plusieurs solutions et l’une d’elle est le compostage.

Donc, étape indispensable : faire votre compost (ou faites du compostage direct, dit de surface, ça marche aussi très bien).

Le compostage est facile, bon marché et crée un sol rempli de bons nutriments pour votre jardin.

Il y a quelques règles à appliquer, mais retenez une chose : tout ce qui est naturel se composte… mais pensez à l’équilibre entre le carbone (tout ce qui est marron : carton, feuille, branche…) et l’azote (tout ce qui est vert : feuilles, pelures de légumes, herbes et cie).

Ah, et puis arrosez le de temps en temps (si la pluie ne le fait pas naturellement pour vous).

La seconde solution que j’applique pour ma part, c’est le paillage.

Paillez la totalité de votre potager, tout le temps, sans exception.

Avec quoi ? Des feuilles, du carton, des graminées coupées, de la tonte, du BRF, du fumier, du foin, de la paille, etc, etc. Important : là encore, évitez l’excès d’azote.

Quelles variétés / plants de légumes choisir ?

Vient maintenant la partie la plus agréable (voire amusante) : vous devez choisir quoi planter !

Mais avant de partir bille en tête, il va falloir se poser un instant et réfléchir utile et efficace. On n’est pas là pour acheter du terrain, mais devenir autonome !

1 – Le climat

Si vous voulez que vos plantes poussent bien avec un minimum d’efforts de votre part (et je vous assure que c’est ce que vous souhaitez), choisissez des plantes qui poussent bien dans votre climat.

J’aime parfois me donner le défi de cultiver des plantes qui ne sont pas à 100% adaptées à ma région… mais c’est uniquement pour le fun et à la marge.

Si vous voulez un jardin qui produit réellement, vous devez vous en tenir à ce qui fonctionne.

On va éviter de tout miser sur le citron et la pastèque quand on vit en banlieue de Lille.

Donc, consultez votre zone climatique pour savoir quelles sont les meilleures plantes pour votre région.

Je vous recommande aussi de parler à d’autres jardiniers du coin déjà aguerris, car même dans une même zone climatique, il peut y avoir de très grosses variations.

Pour vous donner mon exemple personnel, j’ai deux potagers dans une même zone… avec une pluviométrie réellement différente et une saisonnalité de plantation qui varie de plus de deux semaines !

Et je rajouterai que sur une même parcelle, en fonction de l’exposition (au soleil ou au vent), ça peut là aussi différer.

Bref, il va falloir expérimenter.

Mais pour gagner du temps, privilégiez des semences de variétés anciennes de votre région.

Ou alors, trichez avec une serre ou un walipini. C’est pas mal non plus…

Guide Terre vivante
Guide Terre vivante

2 – La valeur nutritionnelle

Bien que la plupart des légumes soient nutritionnellement tous « bons », certains sont tout de même plus riches que d’autres.

Si vous souhaitez devenir le plus possible autonome, et donc obtenir l’immense majorité de votre nourriture de votre jardin, il est important de cultiver une grande variété de fruits et légumes différents…

Mais pas trop !

Chaque type de légumes nécessite des soins et des suivis particuliers : démultiplier les variétés, c’est aussi démultiplier les efforts.

Voici quelques idées de légumes riches en nutriments que vous pouvez cultiver :

  • Légumes feuillus : épinards, choux frisés, choux de Bruxelles, choux kale…
  • Légumes-racines : carottes, betteraves, navets, radis, pommes de terre…
  • Légumes à tiges : asperges, rhubarbe…
  • Légumes à fruits : tomates, poivrons, aubergines, courgettes…
  • Légumes à graines : pois, haricots, courges…
  • Fruits : fraises, groseilles, cassis, framboises, kiwai…
  • Autres : graines de tournesol…

3 – La difficulté

Tous les fruits et légumes de votre potager ne sont pas égaux face à la pousse.

Certains sont faciles à sortir de terre… d’autres, beaucoup moins.

Ajoutez à cela que les fruits et légumes ne seront pas égaux face à VOTRE potager : qualité de la terre, ensoleillement, expositions, etc., etc.

Enfin, ils ne seront pas égaux face à VOUS : vos habitudes d’arrosage, votre suivi, votre expérience…

Une tomate de pleine terre, sans serre, c’est plus de travail que n’importe quelle courge ou pomme de terre.

L’une nécessite d’être relativement suivie et bichonnée… quand les autres, vous prenez une poignée de graines, vous fermez les yeux, vous les jetez et ramassez les fruits de votre dur labeur quelques mois plus tard.

Un exemple plus précis ? J’ai abandonné les épinards au profit de la blette. Je trouve ces deux légumes-feuilles très proches, sauf que la seconde est beaucoup plus rustique : je n’ai pas besoin de m’en occuper, elle se resème toute seule, et fournit plus sur la durée (et en toute saison).

Autre idée : pensez aux légumes perpétuels et aux invasifs comestibles. J’ai par exemple planté volontairement de l’ail triquètre dans mon jardin-potager afin d’avoir une source inépuisable (et qui ne demande aucun effort) de pesto.

4- Les préférences personnelles

Un détail : Vous allez manger ce qui sort de votre jardin, alors autant planter des aliments que vous aimez.

Par exemple, je pourrai facilement faire pousser des artichauts chez moi. Mais je n’aime pas ça… donc, si c’est pour que ça parte directement au compost, ça ne vaut pas le coup.

5 – Le stockage

Une dernière chose à garder à l’esprit quand on choisit ses graines, et donc ses futurs légumes, c’est comment les stocker.

Pour passer l’hiver (où il y a beaucoup beaucoup moins de récoltes), vous avez besoin de légumes qui se conservent bien.

6 – En résumé ?

  1. Vous prenez la liste de tous les fruits et légumes.
  2. Vous réduisez la liste des possibilités en fonction de votre climat et de votre potager (y compris l’espace).
  3. Vous prenez en compte l’aspect nutritionnel.
  4. Vous prenez en compte le temps que vous pouvez y consacrer, votre expérience, votre compétence et votre envie à vous casser (ou non) la tête.
  5. … et enfin, vous choisissez vos préférés parmi ce qui reste.

N’oubliez pas les herbes et aromatiques !

Obligatoires dans un potager !

Les herbes sont faciles à cultiver, ne prennent pas beaucoup de place et la plupart sont riches en vitamines et minéraux.

Sans parler du fait qu’elles sont parfaites en tisane, ou pour cuisiner et apporter une touche d’originalité (nécessaire par exemple quand il faut manger pour la 5ème fois de la courgette en juillet, sous prétexte qu’on a trop planté de pieds !)

Donc, assurez-vous de réserver une place suffisante pour planter des herbes (arbustives, vivaces et annuelles).

Pensez aussi à en faire pousser dans votre habitation, pour celles qui nécessitent le plus de chaleur ou que vous utilisez quasi tous les jours (genre le basilic… mama mia… miam).

… Et les petits fruits !

De la même manière qu’il ne faut pas oublier les aromatiques, pensez également aux baies et aux petits fruits : fraises, cassis, groseilles, kiwai, etc.

Ils ne prennent pas trop de place, poussent généralement facilement et sont productifs.

D’un point de vue nutritionnel, ils apportent évidemment beaucoup.

Si vous avez assez d’espace, pensez aux « grands » fruitiers (pommier, cerisier, abricotier, prunier, poirier, etc.).

Si vous avez beaucoup d’espace, partez sur de la demi-tige ou de la grande tige… et si vous êtes limités, partez sur des arbres formés (cordons, palmettes…), ou sur des colonnaires.

Comment irriguer ?

Vos plantes auront toujours besoin d’eau, mais votre climat et l’emplacement de votre jardin détermineront comment vous allez la leur fournir.

Si vous avez accès à un cours d’eau, un étang, un puits, une mare… vous pouvez potentiellement placer vos zones de culture en contrebas et laisser la gravité s’occuper du reste (#irrigation).

Entre nous, c’est une configuration assez rare.

Plus probablement, vous pourrez utiliser un seau et vos p’tits bras, ou une pompe hydraulique.

Si vous n’avez pas accès à une source d’eau en surface, vous pouvez mettre en place un système de collecte des eaux de pluie.

Si la cuve est aérienne (gaffe aux algues), vous pouvez la placer stratégiquement pour que la gravité arrose automatiquement vos cultures.

Il est également possible de concevoir votre jardin de manière à ce qu’il n’ait pas besoin d’être arrosé.

En d’autres termes, il conserve suffisamment d’eau de la pluie pour hydrater vos plantes.

Cela dépendra évidemment en partie de la quantité de pluie que votre potager reçoit entre Avril et Octobre, mais vous pouvez aussi utiliser des astuces comme le paillage, le mulchage, ombrager le sol et obliger vos plantes à aller chercher l’eau en profondeur.

C’est-à-dire ?

Avant de mettre en terre un plant de tomate, je creuse profond et remplis le trou d’eau… plusieurs fois. Cela permet à la terre, en dessous, d’être bien humide. Les racines de la tomate vont ainsi aller chercher cette eau… puis aller plus profond, là où il y a naturellement de l’eau, même en période sèche. Et je n’arrose JAMAIS ensuite.

A l’inverse, si j’avais arrosé tous les deux jours, comme ça se fait souvent, le plant de tomate ne ferait aucun effort à aller chercher l’eau en profondeur : j’aurai simplement créé une dépendance du plant vis-à-vis de moi et de mon arrosage.

Or, je souhaite que mon potager soit le plus autonome possible.

Conservez les graines

Pour rendre votre potager encore plus autonome (et accessoirement potentiellement améliorer sa résilience), vous allez devoir « faire vos graines ».

Pour cela, la première chose à faire est de ne SURTOUT PAS, la première année, acheter des plants hybrides (dits F1) ou des graines de même calibre.

Ils ne sont pas reproductibles.

Privilégiez des plants de variétés anciennes, ou directement des graines anciennes.

Il existe différentes techniques pour récupérer les graines, en fonction de chaque type de légumes… mais aussi différents points d’attention (entre autre sur la pollinisation).

Si vous êtes intéressé par ce sujet, je vous conseille le bouquin de Kokopelli qui détaille, variété par variété, les techniques et méthodes. Une bible sur le sujet !

Retenez une chose : on récupère TOUJOURS ses graines sur ses plus beaux plants et sur ses plus beaux légumes.

Oui, c’est de la sélection génétique.

Et oui, c’est indispensable afin de favoriser ces gênes dans vos plants de l’année suivante.

Utilisez vos animaux

Certains animaux peuvent être très bénéfiques pour votre potager.

Ça n’est pas pour rien qu’on a été, durant des millénaires, sur un système d’agro-pastoralisme et de fermes en polyculture-élevage.

Par exemple, les poules aident à le fertiliser et mangent les parasites qui pourraient venir grignoter vos plants.

Si vous constatez que vous avez un problème de limaces, ajoutez quelques canards coureurs, et cela devrait régler le problème.

Des rongeurs ? Allons-y pour les chats.

Le fumier des herbivores tels que les vaches, les chevaux ou même les lapins est idéal pour votre tas de compost et sera un engrais fantastique pour votre jardin.

Vos abeilles seront des boosters incroyables pour la pollinisation.

Vos moutons et vos chèvres entretiendront vos vergers (à condition de protéger les troncs).

A vous de jouer !…

Soyons transparents : le chemin pour votre autonomie alimentaire va être une suite d’essais infructueux et d’erreurs… mais aussi de francs succès et de gloires éternelles.

Imaginez à quel point c’est satisfaisant lorsque vous vous asseyez à votre premier repas composé à 100% des fruits de votre travail.

Cultiver votre propre nourriture est une aventure incroyable.

Cela change souvent notre vision du monde et remet au clair la priorisation des choses de notre monde.

Vous me trouvez philosophe ? Vous verrez !…

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