La rue – préparation

mat | le 03/06/2014

rechaud et popote
Attention, il est possible que je raconte des conneries et vos témoignages sont les bienvenus!

Être à la rue, être dans la rue… c’est être en marge d’un point de vu social, politique mais aussi physiquement, culturellement ou intellectuellement. Qu’on le désire ou qu’on le subisse cet état nécessite de revoir tous les fondamentaux, toutes les habitudes. Je n’ai jamais été à la rue vraiment, je vais essayer de monter ce petit dossier d’après des témoignages et en appliquant une logique basée sur des principes élémentaires de survie.

On doit discerner différentes cause qui peuvent vous ammener à la rue:

- Dégringolade sociale et économique
- Accident soudain
- Problème à l'étranger (vol de papier et d'argent)
- Choix personnel

Chaque cause va nécessiter une réaction. Soit il est possible d’anticiper, soit la réaction doit être spontanée. Il va de soi que chaque cas est unique mais des principes de précaution et d’anticipation doivent être appliqués pour réagir au mieux face à la situation.

PRÉPARATION

Si on peut s’attendre à être mis dehors, alors on doit pouvoir se préparer. Régulation thermique, abri, nourriture et eau, soins… On retrouve les piliers de la survie. On peut préparer la rue comme on prépare son Bug out Bag mais il faudra anticiper et améliorer quelques points.

agressivité de la rue

Il ne faut pas négliger l’agressivité de la rue. Tant d’un point de vue naturelle (intempérie, espace inadaptés…) qu’humain. La rue vous confronte au regard des autres, ça va affecter inéluctablement votre état psychologique (déjà ébranlé) et mettre en danger votre survie physique. Dans la rue vous serez exposés à différentes agressions physiques et psychologiques: certains passants, les autres de la rue (défense d’un territoire, vol du matériel, démence…). Vous pouvez aussi être confrontés à des « agressions » des représentants de l’ordre, agent communaux, police municipale, police nationale, armée (autour des gares) etc.

MATÉRIEL

Vous devez prendre en compte un critère important: se retrouver à la rue peut être très rapide, en sortir prends beaucoup plus de temps. On peut estimer un temps maximum lors d’une catastrophe avant de retrouver une vie plus « normale » (chez soi ou chez des proches), on se base souvent sur 72h. Vivre dans la rue peut vous exposer à une période beaucoup plus longue. Vos systèmes seront mis à rude épreuve et devront être pensés pour une période de quelques semaines à plusieurs mois/années.

Voici une liste pour exemple du matériel indispensable:
Cette liste est non exhaustive et il est évident qu’il ne sera pas forcément possible de couvrir tous les besoins. Nous sommes dans une démarche de préparation mais s’il s’avère que la rue arrive trop rapidement certains équipements devront être improvisés.

Sac à dos

le sac à dos

Attention le sac à dos devra contenir l’ensemble de votre matériel et vous devrez pouvoir le porter plein. Le poids et l’encombrement sont des problèmes à prendre en compte dès le départ. il est possible de combiner sac de transport/sac à dos aussi… Le soucis n° 1 est le portage, le deuxième soucis c’est ou mettre son sac, comment le protéger?

Régulation thermique

couverture de laine

je vous invite à consulter cet article sur la régulation thermique. Vous avez le choix et à mon avis il faut combiner 3 systèmes:

vêtements,
couverture,
duvet. 

Les vêtements devront être adaptés à votre environnement, ils doivent couvrir au mois une saison chaude et une saison froide. Ne négligez pas les accessoires comme le shemagh qui vous protégera de la chaleur et du froid. La couverture pourra vous couvrir le jour comme la nuit et vous laissant une mobilité normale. Choisissez la laine car c’est robuste et ça maintient la chaleur même humide. Le duvet sera très utile la nuit, combiné à une couverture en laine. Attention toutefois, il n’est pas évident de s’extirper d’un sac de couchage si vous devez quitter rapidement votre emplacement.

Abris

Tentes installées par les Enfants de Don Quichotte à Toulouse

C’est pas certain que vous puissiez trouver facilement un lieu abrité des intempérie toutes les nuits. une cage d’escalier ou un porche seront des solutions provisoires mais on risque rapidement de vous déloger. Pareil pour les dessous des ponts… Il me semble donc qu’une petite tente style 2″ est assez bien adapté à la rue. elle ne prends pas de place ni ouverte ni fermée. Elle s’installe et se démonte rapidement. Dans cette situation la tente est mieux que le tarp, la rapidité et la discrétion lors de l’installation de votre « camp » pour la nuit doivent être primordiales.

Manger

rechaud et popote

Le hobo stove c’est cool dans les bois pour griller son petit repas mais là on ne parle pas de bushcraft pépère… Certes c’est une solution d’appoint assez bonne et qui ne nécessite pas ou très peu de matériel. Une canette ou un boite de conserve fera l’affaire. Dans une démarche de préparation il faut réfléchir à une solution efficace et durable pour chauffer son repas ou son eau. C’est délicat de faire le choix de réchaud a consommable comme le gaz/alcool ou gel car le coût peut devenir trop élevé. Le bois reste donc le consommable idéal, optez pour un réchaud à bois.

Un minimum de vaisselle comme une popote de base et un quart seront les bienvenus, fourchette cuiller, couteau… N’oubliez pas la gourde. Bon à savoir, vous trouverez de l’eau gratuitement et en accés libre dans presque tous les cimetières.

SOIN

Vous devrez avoir avec vous un kit de soin et d’hygiène. Ne négligez pas cette partie, retrouvez ici en détail le principal à avoir sur soi.

EN PLUS

Si c’est par choix, réfléchissez bien et préparez votre « aventure », si c’est une étape de votre vie que vous devez subir alors sachez qu’il existe des organisme pour vous venir en aide. Je ne parle pas volontairement d’arme, de couteau ou de défense, le port de couteau étant très réglementé, c’est un sujet délicat.

Voici quelques liens et infos pour conclure ce chapitre:

– Les permanences d’accès aux soins de santé (PASS)
– Samu social (115)
– www.actionfroid.org

  • Montechristo

    merci pour ce topo franchement y a pas grand monde chez les survivalistes qui prévoit ce cas de problème , moi je me dis imaginons que ça pète en France comme un Syrie ou comme en Ukraine et que ça devienne dangeureux de rester ici , d’ailleurs combien sommes nous à avoir un passport international valide et quelques dollar (si l’euro est refusé à l’étranger) de côté ???

    • merci.
      ici on essaie de se pencher sur les vrais problèmes…
      n’hésite pas à partager si l’info te semble intéressante!

      tu as bien raison pour le passeport et les $…

  • Ambre

    Bonsoir!
    et un grand merci pour cet article! J’ai travaillé qdt qqs temps de
    l’autre côté du téléphone (115) et tout ce que vous pouvez présenter
    dans cet article est de première nécessité!

    Mais attention! votre
    matériel, si il peut vous sauver la vie va,
    mais faut il le préciser, faire l’objet de convoitise, et si l’on peut
    éviter de se chicaner dans cette situation, c’est un grand bien!

    J’en
    viendrai donc à parler de la première chose à fuir à tout prix dans une
    telle situation… L’ISOLEMENT! au moment de la chute, sous le coup du
    sort, il faut faire fasse à la colère, à l’abattement absolument! TOUT
    SE JOUE DANS LES PREMIERS JOURS! Tant que vous êtes encore alerte et de
    « bonne présentation » essayez de parler avec des gardiens d’immeubles,
    des gardiens de garages, etc… avec tact, demandez leur si ils
    n’auraient pas un endroit ou stocker votre matériel en sureté la
    journée, voir un coin tranquille à l’abris à vous octroyer la nuit!

    La
    question de l’hygiène est PRIMORDIALE! Pensez surtout à vos pieds! Vous
    ne compterez pas les kilomètre à faire pour aller d’un endroit à un
    autre, faire les démarches, aller voir les médecins, etc. … C’est un
    véritable labyrinthe! Allez très vite dans
    une mairie, et demandez à avoir la liste des douches publiques (sur
    Paris, il en reste plusieurs) Les hôpitaux doivent vous recevoir en cas
    de nécessité de soins, et ne négligez aucun petit bobo!

    Et
    j’en viens à parler des hébergements d’urgence… Les gens qui y
    travaillent sont des perles à chérir, mais il font avec le peut qu’on
    leur donne… et ça ne va pas loin compte tenu de l’ampleur du
    phénomène…

    Il
    y a centre, et Centre… il y a les hébergements d’urgence, où vous ne
    pourrez que passer la nuit et qui ne font rien d’autre. Il y a aussi des
    centres d’hébergements de longue durée. Dans ceux là, un suivi médical,
    social est possible. Vous payez une
    contribution, à hauteur de vos revenus (primordial, gardez vos papiers
    d’identité, dernière quittance de loyer *au cas où, ne la sortez pas
    dans l’immédiat, car sinon, il vous renverraient vers votre commune),
    mais pour un futur logement, ça peut aider*, derniers bulletins de
    salaires, numéro de compte, sécu, caf, etc. … attestation chômage,
    etc…) Faites vous faire une domiciliation administrative (EMMAUS) pour
    recevoir du courrier

    Dans les centres d’hébergements d’urgence, si possible, n’y allez pas! Et prenez votre propre couverture!
    Il
    y a des poux, la galle, et à l’époque où je travaillais au 115 il y
    avait de nombreux cas de tuberculose! Les bienfaits et les inconvénients
    sont à peser absolument! Beaucoup de violence, les gens se connaissent
    très bien et depuis de nombreuses années parfois, et les « chefs » sont
    établis. Respectez les hiérarchies qui ses sont mises en place, ou
    partez.

    NE BUVEZ PAS D’ALCOOL!!! Peut être qu’à certains moments, un bonne biture pourrait vous sembler salutaire… qui pourrait vous le reprocher dans une telle situation, mais vous mettrez de fait votre vie en danger!
    Oubliez tout de suite le mythe de l’alcool qui réchauffe! C’est tout le contraire! Vous avez l’impression de chaleur, mais votre température continuera à baisser

    Des dizaines, voir des centaines de personnes sont mortes d’hypothermie EN HIVER COMME EN ETE! Certaines nuits sont très fraiches l’été!
    Par ailleurs, murgé, vous n’aurez aucune chance contre des personnes mal intentionnées qui voudraient vous voler ou juste vous frapper, et dans cet état, oubliez la bienveillance de la populasse…

    Sur Paris, il existe un « centre » (je dirais plus une usine) le C.A.S.H. de Nanterre… Un bus peut vous récupérer *aux dernières nouvelles Porte de la Vilette, près des entrepôts de la RATP* Avantage, vous aurez droit à une douche, un repas, à une consigne, à voir un médecin dès votre arrivée…
    Mais la surveillance est assurée par des « anciens » ça a autant d’avantages que d’inconvénients (vois plus hauts la hiérarchie), et c’est vraiment la bétaillère sérieux… mais quand on a vraiment pas le choix… et vous rentrerez sur Paris par vos propres moyens le lendemain…

    Voilà… Dernier truc, si toutefois vous vouliez faire une première incursion dans « le milieu », je vous conseille un livre – Les naufragés, avec les clochards de Paris – Terres Humaines, Ed. PLON. – Auteur Patrick Declerc -Philosophe, Dr en anthropologie. Le livre est énorme! et c’est tout à fait représentatif de ce qui peut se passer! Le meilleur que j’ai lu sur le sujet et de loin! Quelques images qui vous nouent l’estomac, comme celle du pied d’un homme sur laquelle la chaussette s’est introduite sous la peau faute de l’avoir retirer pendant plusieurs mois… On perd les notions de notre corps dans ces moments… et du temps aussi! si vous pouvez, suivez les jours qui passent pas tous les moyens, NE VOUS DECONNECTEZ PAS!

    Merci pour cet article! Mille fois!

  • dobermann

    Precisez que les jeunes de moins de 25 ans n’ont acces a aucunes aides (rsa etc) pour la bouffe c’est difficile mise a part mendier des deniers ou de la graille
    ces jeunes n’ont rien de rien
    les associations comme emmaus peuvent les sortirs de la merde temporairement après c’est du travail à l usine ils les tuent a la tache et les assassinent qlq fois moralement si c’est pas eux qui les vire c’est les jeunes qui se tirent préférant le bitume!! c’esst une epee de damocles en plus au dessus de la tete!
    pour les jeunes comme moi, demandez des graines et faite pousser vos legumes dans un vieux village et faite vous des amis, souriez et invitez et c’est eux qui vous inviterons pour la tambouille…l’amitié c’est le partage
    la cagne (chien) c’est a evité!!! trop de frais ou de risque a se faire choper pour vol de croquettes lol !
    les poubelles de nuits sont vos amis n’emmenez pas votre grand sac avec vous, trouvez un sac de supermarché et faites vos courses discretement. si qlqun arrive barrez vous. si vous avez un poing americain c’est un solution mais attention changez de secteur au moins 20 km (pas top!!)
    courage et merci pour l’article t’es le premier que je vois sur le net qui en parle c’est le plus principal du survivalisme on es les précurseurs de ce truc!
    tchao!

    • merci pour ton retour!

    • Alex

      Ca sent le vécu 😉 très bon conseil d »aller à la campagne avec des graines et de faire des connaissances … j’ajouterai que dans ces ptits bleds y’a souvent moyen de faire un peu de black pour les gens … tondre une pelouse , tailler des haies , poncer/peindre … bref , travaux de maison. ( voir, peut être trouver une bonne âme qui nous héberge )

      j’ai connu , à moitié , la rue , par choix , je suis parti de la maison familiale car mes parents étaient et sont toujours très  » chiants  » , j’ai eu la chance qu’un ami puisse m’héberger presque tous les soirs , mais j’ai passé mes journées à trainer les rues et à me les cailler sévèrement , c’était en plein hiver :/ , juste pendant 3 mois , et bien , rien que ça , je ne le souhaite à personne !! Et jme suis toujours dit , que si un jour cela devait m’arriver à nouveau , 1) je part dans le sud pour avoir + chaud 2) je vais à la campagne et je ne reste pas en ville , car , en effet , les rues sont dangereuses, surtout quand on y reste toute la journée ( alors que le péquin moyen , lui, ne fait que passer )

      Pour tout dire , la fatigue à eue raison de moi , et j’ai fini par rentrer bien sagement chez mes parents 🙂 … maintenant je vit seul dans mon ptit 25 m² , c’est pas bien grand , mais j’ai chaud , j’ai à manger , un toit , un lit , une douche , et ça me suffit amplement.

      En tout cas , cette  » expérience  » m’aura renforcé l’idée que la plupart des SDF ne sont pas à la rue par choix , bien souvent , c’est la dépression qui les y amènent … pas de travail , donc déprime et laissé aller , ou souvent aussi une détresse amoureuse qui les fait là aussi plonger vers la dépression … ainsi de suite.

  • Estelle Poolpy

    bonjour, bon article ^^, par contre ayant vécu + de 10 ans dans la rue, je peux vous dire que le réchaud à bois pour la popote n’est pas vraiment à conseiller (jamais utilisé pour ma part), 1/ il faut le transporter et quand on bouge en un sac à dos on limite le poids /2 les feux de bois sont interdits en ville et 3/ bah le bois il faut le trouver et il n’y a pas de palettes et autre à tous les coins de rue, et les meubles si c’est pour cuisiner , avec les vernis et tout, pas bon… le mieux c’est la chauffe à l’alcool à brûler, et encore faut trouver un coin tranquille, en pleine rue c’est s’exposer aux lourds et aux flics.Pour la vaisselle a part un combiné fourchette/cuillère ,une casserole et un couteau (bien caché sinon on se le fait confisquer) le reste c’est superficiel, le quart, inutile on buvait a la bouteille, et quand tu vis avec des gens ,tu leurs dis pas « non je bois pas dans la même bouteille que toi » ça peut être humiliant pour l’autre (et au pire on allait taxer un verre chez mac do’ ou on coupait un bouteille) Pour les soins il y a médecins du monde, ils font un super boulot. Pour l’hygiène il existe pas mal d’assos qui proposent des douches gratuites, des vétements, voir même des lessives,par contre c’est souvent le matin et il faut y arriver tôt car il y a pas mal de monde. souvent ils proposent le petit déj’ aussi. Ensuite, j’ai vu dans un commentaire qu’il ne fallait pas de chien… là je ne suis vraiment, mais alors vraiment pas d’accord.c’est la meilleur protection que vous puissiez avoir et surtout quand vous dormez.C’est aussi un bon moyen de ne pas se laisser aller, car il faut s’occuper de lui, le nourrir, le soigner etc ,et un chien peut vous éviter de sombrer car il vous aime, vous donne de l’affection etc, pour le nourrir , la spa, les poubelles ,ou 1h de manche et vous avez de quoi le nourrir,perso mon chien n’a jamais manqué de nourriture et il passait avant ! un autre truc, pour dormir, ne restez pas exposés sauf si vous êtes en groupe, préférez une cage d’escalier au dernier étage, un parking sous terrain ou un bosquet , pour la tente c’est du matos à porter en plus, vous etes repérable et on peut pas la poser partout 🙁 la police aura vite fait de vous dire de partir, d’ailleurs on n’en voit que dans les grandes villes comme Paris ou Marseille.

    • Merci pour ce retour!
      c’est tellement plus concret avec ce genre de témoignage!

      • Estelle Poolpy

        avec plaisir 😉

    • T Shankara

      Super commentaire! Le vécu, y a rien de mieux comme témoignage.

      Pour ton sac à dos, tu le trainais toujours avec toi où tu avais des lieux sûrs où le déposer?

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