Le Survivalisme : Qu’est ce que c’est ? D’où ça vient ?

de Sven
Publié le : Dernière mise à jour le

Définir le survivalisme n’est pas une mince affaire car ce mouvement regroupe différents concepts idéologiques, différents niveaux d’implication ou de préparation.

Par ailleurs, ces dernières années, ce terme a été très fortement « entaché » par les médias en quête de sensationnel.

Dans cet article, je vais essayer de vous présenter ce qu’est le survivalisme.

Qu’est-ce que le survivalisme ?

Le Survivalisme est un néologisme qui tend à regrouper deux notions :

  • SURVIVAL : la survie au sens le plus large du terme, à savoir le fait de maintenir un niveau de vie minimum dans un environnement inhabituel, tant d’un point de vue physique que mental.
  • Et le suffixe -ISME, qui sous entends un concept, un courant de pensée, parfois idéologique.

En d’autres termes, le survivalisme est l’ensemble des concepts (anticipation, théorisation, équipements, savoir-faire, connaissances, etc.) qui permettent de faire perdurer la vie dans un environnement transformé et inhabituel, généralement dégradé.

Cela peut être lors d’une catastrophe naturelle ou non, locale ou globale, temporaire ou de longue durée : inondation, incendie, crise économique, guerre civile, etc.

Voir notre article sur les 10 bonnes raisons de se mettre au survivalisme.

On pourrait également dire du survivalisme que c’est un art de vivre, voire une philosophie.

Enfin, il est à noter que le survivalisme et la survie sont deux choses distinctes, bien que liées. Le survivalisme est un courant de pensée, quand la survie désigne l’ensemble des compétences qui permettent à un individu, ou à un groupe, de rester en vie en cas de risque mortel.

Il n’existe pas « un » survivalisme…

Ce qui est absolument certain, c’est qu’il n’y a pas une seule façon de se penser survivaliste mais plusieurs.

Sans aucun rapport avec ce courant de pensée, le survivalisme est comparable à l’anarchie ; dans le sens ou seules les règles que l’on s’impose se doivent d’être tenues

Pas de leadeur, pas de doctrine définie… mais des réponses multiples et généralement uniques à des besoins personnels ou communautaires.

D’ailleurs, on peut distinguer différents « types » de survivalismes, différentes branches, différentes philosophies, telles que la collapsologie, le prepping, les doomers, etc.

Les différences entre ces différents types de survivalisme peut être de l’ordre de l’identification de la ou des menaces futures, mais ces différences s’expriment également dans les réponses apportées.

Voici par exemple différentes types de menaces :

  • L’effondrement économique et industriel (crise, inflation, déflation, chômage, pénuries…)
  • Catastrophes écologiques (sécheresses, tsunami, inondations, tempêtes, perte de biodiversité…)
  • Guerres civiles ou guerres plus conventionnelles (pillages, famine, dangers physiques…)
  • Terrorisme ou migration de masse (insécurité, tensions sociales…)
  • Apocalypse (tempête solaire, guerre nucléaire, astéroïde…)
  • Etc.

Il est important que comprendre que ces menaces ne sont pas perçues de manière homogène par tous les survivalistes.

Chaque survivaliste a sa propre lecture de la probabilité de chacune de ces menaces et se prépare donc en conséquence.

D’ailleurs, voici différentes solutions apportées en fonction du type de menace et de la sensibilité de chaque individu :

  • Isolement… ou au contraire communautés (BAD, éco-village, regroupement de quartier ou d’immeuble…)
  • Individualisme ou fonctionnement en réseau (participation active dans le tissu social ou politique de sa ville ; ou au contraire déconnexion totale avec la société)
  • Possession d’armes ou pacifisme,
  • Autonomie (alimentaire, énergétique, habitat autonome…),
  • Retour à la nature ou survivalisme urbain,
  • Etc.

Là encore, il n’y a pas UNE réponse survivaliste, mais bien DES réponses survivalistes. Ce qui est logique, une fois que l’on comprend l’hétérogénéité des problématiques et de la population survivaliste.

Malheureusement, ce pluralisme est très mal représenté dans les médias qui, en recherche de sensationnel et de simplification, présente toujours les extrêmes les plus « choquant » pour le grand public.

Pourtant, il y a plus de survivalistes qui font pousser des tomates que de survivalistes à avoir des armes à feux !

Le Survivalisme dans l’Histoire…

Lorsqu’on recherche les origines et l’histoire du survivalisme, on peut lire que le mouvement est né au début du 20ème siècle avec le Mouvement Naturel (l’Hébertisme), puis refait à nouveau surface avec la Guerre Froide et s’amplifie avec les crises à répétition depuis les années 60-70.

Voici d’ailleurs ce qu’on peut lire à ce sujet sur Wikipédia :

C’est au cours des « […] années 1960, aux États-Unis, que l’inflation et la dévaluation ont incité certaines personnalités à conseiller aux populations de se préparer.

En 1967, un architecte, Don Stephens commença à populariser l’idée d’un nécessaire de survie.

Au cours des années 1970, au début de la crise pétrolière de 1973, un livre de Howard Ruff, Famine et survie en Amérique, diffusait l’information que différents métaux précieux, dont l’or, avaient plus de valeur et devaient être favorisés dans le cas d’un imminent effondrement économique.

De nombreux livres de « survie » furent publiés à la suite de celui-ci, dont celui de Kurt Saxon qui décrivait les méthodes des pionniers du xixe siècle.

C’est Saxon qui utilisa le terme « survivaliste » le premier et qui prétend l’avoir inventé. Par la suite, des auteurs comme Mel Tappan (« personal survival letter ») publièrent des ouvrages sur le même thème. Dans les années 1980, John Pugsley publia « Alpha Strategy: The Ultimate Plan of Financial Self-Defense for the Small Investor », qui fut un best-seller et considéré encore aujourd’hui comme une référence parmi les survivalistes américains.

Le livre Life After Doomsday de Bruce Clayton apparaît à cette période de course à l’armement nucléaire.

Dans les années 1990, le bogue de l’an 2000 a redonné une seconde vie au courant survivaliste. Les événements du 11 septembre 2001 et la guerre contre le terrorisme ont ravivé la crainte d’un désastre imminent avec autant de force qu’à son origine dans les années 1960 et 1970.

Le séisme du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien a accentué le phénomène ainsi que la crise financière de 2007-2009. »

Wikipédia

Je reste, pour ma part, convaincu que le fait d’anticiper les risques et de prévoir des solutions (personnelles et communautaires) adéquates fait partie intrinsèque de l’humanité, depuis ses débuts.

Et, même si la théorisation du mouvement est plus récente, les survivalistes sont pour moi un rouage essentiel à toute société saine ; rouage sur lequel la société toute entière repose lors des situations dégradées (ou « ruptures de la normalité »).

Le fait qu’aujourd’hui une grande partie de la société s’amuse ou moque les survivalistes me rappelle toujours cette fable de La Fontaine, qui a été écrite en 1668…

La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal. »
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
_ Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
_ Vous chantiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien ! Dansez maintenant. »

La Cigale et la Fourmi (La Fontaine)
La fourmis : symbole du survivalisme
La fourmis : symbole du survivalisme

Le Survivalisme aux USA vs Le Survivalisme en France

Il y a une nuance importante à apporter entre le survivalisme à l’américaine et celui à la française, ou plus largement à l’européenne.

Dans le monde francophone du survivalisme, on quitte rapidement les images d’Épinal nord américaines (bunker, armes, cabanes perdues dans une forêt boréale…).

Le mouvement survivaliste en France regroupe principalement des preppers, des collapsologues ou simplement des personnes ayant envie de se libérer de la société de consommation et de devenir indépendants.

Selon moi, l’immense majorité des survivalistes Français ont une démarche apolitique du survivalisme.

Les objectifs principaux sont :

  • Comme nos grand-parents, acquérir du savoir faire et des compétences pour mieux vivre avec un minimum d’autonomie.
  • Se cultiver (et cultiver) en étant curieux et ouvert au monde.
  • Améliorer le quotidien avec « les moyens du bord », en ayant conscience de ce qui nous entoure : la politique mondiale et locale, l’écologie, l’économie… et tout ça sans catastrophisme !
  • Ne pas dépendre d’un système, mais bien de ses propres savoirs et compétences, pour soi et sa famille.

Et vous, quelle est votre vision du survivalisme ?

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1 commentaire

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M. 27 septembre 2018 - 8h27

… Dans le monde francophone du survivalisme on retrouve AUSSI Piero SAN GIORGIO et ses nombreux ouvrages de bons conseils (Survivre à l’effondrement économique, Survivre aux évènements NRBC, Rues barbares (co-écrit d’ailleurs avec Vol West…)… etc

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