Construire un hangar en bois : Comment ? Quoi ? A quel prix ?

de Sven
Publié le : Dernière mise à jour le

Actuellement en cours de réhabilitation et rénovation d’un ancien corps de ferme, j’ai nécessairement été confronté au remplacement (ou non) d’un vieux hangar en bois.

Ce dernier datait de quelques décennies et avait visiblement souffert du temps, des tempêtes et de la végétation alentour qui l’enchâssait… au point qu’elle devait probablement être le principal support pour qu’il tienne encore debout !

Ce hangar servait au stockage d’un vieux tracteur agricole, d’un énorme pressoir cassé, de matériaux et matériels en tout genre…

Plus intéressant, il servait également comme bergerie, abris pour les moutons qui « gèrent » la tonte du terrain.

Bref, un classique du vieux corps de ferme !

Construire un hangar en bois : Comment ? Quoi ? A quel prix ?

Bon… et du coup, on le remplace ou pas ce vieux hangar ? Si oui, par quoi ? Comment ? A quel prix ?…

Je vous partage dans cet article toutes mes recherches et mon retour d’expérience complet.

Quel intérêt d’avoir un hangar ?

Première question que l’on doit de se poser.

Si on est agriculteur, la réponse est évidente et on peut passer au chapitre suivant.

Mais si on est un particulier ?

La réponse est alors à nuancer.

Il faut déjà comprendre l’utilisé d’un hangar. A savoir :

  • stocker et abriter du matériel,
  • stocker et abriter des récoltes, du fourrage, du bois, …,
  • abriter des personnes, lorsqu’elles travaillent par exemple,
  • abriter des animaux, lorsqu’ils se reposent par exemple,
  • abriter des véhicules ou utilitaires,
  • etc.

Pour ma part, j’aspire à plus d’autonomie, particulièrement au niveau alimentaire et énergétique.

Or, produire de la nourriture en quantité suffisante (pour soi et sa famille) peut rapidement nécessiter des équipements et du stockage. De même pour le bois de chauffe (en grande quantité).

On parle ici de stockage, mais également d’un espace de travail abrité (pour presser les pommes à la belle saison, couper du bois, bricoler, réparer, etc.).

Enfin, un hangar ouvert a toujours une utilité sociale lorsqu’on reçoit chez soi des amis et qu’on souhaite avoir une piste de danse abritée géante. 😉

Bref, je considère avoir une réelle utilité à disposer d’un hangar pour mes projets.

Cependant, comme on va le voir, cela a un coût… donc, je vous invite à vous poser la question de VOTRE utilité.

Il existe d’autres alternatives : garage, cave, abri et tunnel de stockage bâché, cabanons de jardin, etc.

Choisir un hangar en bois ou en métal ?

Une fois que j’avais décidé de remplacer le vieux hangar par un nouveau, il me fallait faire le premier choix : celui de la structure.

Bois ou métal ?

La troisième possibilité est le tunnel en bâche PVC, mais ça n’était pas assez durable, ni modulaire, à mon goût.

Je n’ai pas longtemps hésité et ai choisi le bois pour des raisons d’autonomie (je peux remplacer et réparer une pièce plus facilement que si c’est du métal) et d’esthétique.

Le métal avait cependant l’avantage de la durabilité, du non-entretien et du prix !

Ces dernières années, les prix du métal et du bois ont tous deux explosés. Pour autant, le métal reste en général bien moins cher car généralisé chez les agriculteurs, éleveurs, vignobles, centres équestres, etc.

Comptez entre 50 et 100€ du mètre carré pour un hangar métal (en fonction de sa taille : plus il est grand et plus le prix au m² sera faible), toiture tôle simple comprise.

Pour le bois, on le verra plus bas… ça monte vite.

Quelles finitions ?

Cela va dépendre de vos besoins.

Par finitions, j’entends :

  • est-il ouvert ou fermé ?
  • si fermé, est-il isolé ?
  • faites-vous une dalle ou non ?
  • etc, etc.

Pour ma part, je souhaitais un hangar ouvert (j’ai par ailleurs un atelier fermé d’une dimension honorable), sur lit de cailloux/gravier (pour la propreté), légèrement sur-élevé sur poteaux (pour la hauteur sous toiture).

Étape 1 : Détruire l’ancien hangar

Bon !… c’est parti.

La première étape consiste donc à faire table rase du passé et détruire l’ancien hangar, fait de bois nobles (noisetier et chêne) déjà bien attaqués pour une grande partie, et de vieilles tôles acier rouillées et percées.

Pour cela, il a fallu d’abord vider entièrement le hangar, démonter tout ce qui était démontable à la main (dont les clôtures intérieures, faites de bric et de broc, de la bergerie)…

… puis, on a loué une pelle et une benne de chantier (qui a eu d’autres utilités sur le chantier d’auto-construction).

Je vous passe les détails et quelques images sont plus explicites qu’un long texte descriptif.

Juste important de noter qu’on a fait le tri pour conserver, évidemment, tout le bois qui n’était pas trop bouffé. Raboté et poncé, certaines poutres ont déjà retrouvées une place dans la maison en cours de rénovation.

Étape 2 : Préparer l’emplacement pour le nouveau hangar

J’ai décidé de conserver précisément les mêmes dimensions que l’ancien hangar, soit 6m par 10m (donc 60m²).

Si cette taille a suffi aux anciens et aux agriculteurs qui ont vécu ici avant, elle devrait également me suffire. 😅

Comme j’ai pu le préciser précédemment, je ne souhaitais pas couler de dalle et j’ai donc privilégié un fond de forme en tout venant 0/80 sur lequel je mettrai une finition en gravier.

Je me suis donc fait livrer 17 tonnes de tout venant qu’on a étalé sur la zone (avec un géotextile en dessous), après l’avoir décaissée et aplanie.

On s’est servi de la terre décaissée pour créer des talus tout autour du hangar (afin de l’abriter avec une haie protectrice).

Ensuite, on a re-creusé, à la main ce coup-ci, dix grands trous de 60x60x60cm qu’on a ferraillé.

Sur ces dix trous, huit servent comme plot de fondation pour les poteaux du nouveau hangar. Les deux derniers vont simplement me permettre d’ajouter deux poteaux pour cloisonner l’intérieur du hangar et créer ainsi la bergerie.

Côté béton, on s’est fait livrer une toupie (on avait d’autres besoins sur le chantier).

Ça y est… la zone est prête à recevoir le hangar !

Étape 3 : Fabriquer les charpentes

Un hangar, tout comme une maison, est composé d’une charpente.

Je vous passe les détails techniques que sont les solives, les chevrons, les contre-chevrons, les pannes, les entraits, ou encore les calculs de charge…

Mais si vous souhaitez fabriquer de A à Z votre charpente, alors je vous conseille de commencer par là.

Il existe une multitude de charpentes différentes, plus ou moins adaptées en fonction de la taille de la structure, de son altitude (ou plus exactement du poids de la neige potentielle), du lieu (prise aux vents), etc, etc.

Par expérience, il n’y a généralement pas UNE seule bonne façon de faire… mais il en existe par contre des milliers de mauvaises. 😉

Une manière « sécurisée » de faire une charpente pour son hangar (ou son carport, ou son abri à bois, …), c’est de s’inspirer très fortement des cotes des fabricants.

En général, ces derniers proposent des plans complets et détails précis sur les sections de bois, les portées, les montages, etc.

Il ne vous reste alors plus qu’à adapter pour vos besoins.

Mais ça n’est pas ce que j’ai fait.

Au moment où j’ai décidé de construire ce hangar, l’inflation sur le bois a déjà explosé (+200% en un an) et la rareté même du matériau pose problème : J’ai eu de la part de scieries des devis avec des délais allant presque à 6 mois !

J’ai donc décidé de me rabattre sur du bois massif un peu particulier : du sapin en laméllé-collé.

Le sapin a le défaut de ne pas être un bois noble, dur et durable comme le chêne… mais il est peu coûteux.

L’intérêt du laméllé-collé ici est que ça augmente ses capacités techniques et mécaniques, tout en évitant les risques de déformation du bois frais.

Surtout, il est plus facilement disponible car une poutre de 20cmx20cm en laméllé-collé est « fabriqué » à partir de petits bois… contrairement à une poutre massive qui est une en fois (et qui donc nécessite un arbre plus âgé, ce qui limite sa disponibilité et augmente de fait son tarif).

Enfin, le laméllé-collé peut être usiné, donc « prêt-travaillé ».

Bref !…

Malgré ses défauts (On est loin de la low tech et de la possibilité de reproduire cela chez soi…), sa disponibilité et son tarif (plus) abordable m’ont amené à choisir cette option.

Avantage complémentaire, l’assemblage des charpentes était traditionnel : tenon, mortaise, moise, enture, embrèvement, etc

J’ai donc acheté ce que je le qualifierai de « kit pour hangar en bois ».

Imaginez un meuble Ikea géant, avec une notice de montage et toutes les pièces numérotées à assembler…

… et bien, c’est précisément cela !

J’ai ainsi encoché et chevillé les pièces sur 4 grandes charpentes…

Étape 4 : Mettre en place la structure du hangar

Chacune des quatre charpentes fait environ 200-250 kilos et a une portée de 6 mètres.

Même à 4 personnes, nous avons donc rapidement été contraints de louer un engin pour nous aider à lever les belles et les placer sur leur poteau de 20x20cm !

En low tech, j’avais également pensé à construire une chèvre (appareil de levage médiéval), mais les conditions de chantier ne s’y prêtaient malheureusement pas.

L’immense intérêt d’un « esclave énergétique » comme un chariot télescopique, c’est qu’il nous fallu une grosse journée de labeur, avec une vraie satisfaction en fin de journée…

Étape 5 : La lasure

Rien de très technique… mais il vous faudra tout de même vous armer de :

  • beaucoup de pots de lasure,
  • une très grande échelle,
  • du temps,
  • beaucoup de temps (bah ouais… deux couches !)…

Étape 6 : La toiture

En fonction d’où vous habitez (et de votre budget), il y a plusieurs possibilités pour la toiture : ardoise, tuile, bac acier, zinc, fibrociment, tôle, etc.

Pour ma part, j’ai choisi un bac acier de bonne qualité (= durabilité), couleur classique (= low profile).

Pour l’installer, rien de très compliqué, mais il est important de ne pas se planter lors de la pose de la première plaque ; sinon, le décalage de quelques pourcents va vite se voir sur une longueur de hangar de 10 mètres !

Je ne vais pas vous faire la liste de tous les outils nécessaires à ce type de fabrication, mais je vous conseille de prévoir visseuse, meuleuse, idéalement boulonneuse (sinon clés).

On visse d’abord la couverture en bac acier, puis les tôles de faîtage, puis les bandes de rives… on fait un peu de couture et c’est tout bon !

Seul, prévoir quand même quelques jours de travail…

Étape 7 : profiter de votre hangar !

Bon… on n’y est pas encore puisque j’ai de nombreux autres travaux à réaliser dans le cadre de mon auto-construction (ou auto-rénovation ?), mais c’est prévu rapidement !

Dans les prochains jours, on va également terminer de fabriquer la bergerie, car nous accueillons très prochainement nos tondeuses à 4 pattes…

Construire un hangar en bois : Comment ? Quoi ? A quel prix ?

Et le prix dans tout ça : combien ça coûte ?

Ah oui !… j’ai failli oublier. 😉

Un tel retour d’expérience, facilement reproductible, n’est intéressant que si on peut juger de sa difficulté, du temps nécessaire et évidemment du coût.

Quelle difficulté ?

Cela dépend évidemment de vos compétences et connaissances.

Pour ma part, elles sont très faibles pour ce qui concerne ce type de travaux (mais je me soigne, comme vous pouvez le voir), mais si je devais donner une difficulté objective à chacune de ces étapes :

  • étape 1 : facile
  • étape 2 : la seule difficulté est le maniement efficace de la pelle
  • étape 3 : facile
  • étape 4 : sans engin, très compliquée. Avec engin, pas facile… Prendre son temps et sécuriser le chantier au maximum
  • étape 5 : facile (mais long)
  • étape 6 : facile
  • étape 7 : trèèès facile

Combien de temps ?

Comme toujours, plus on est nombreux sur un chantier, et plus ça avance rapidement.

Toute personne qui a déjà fait une rénovation de maison (ou autre) seul le sait mieux que quiconque !

Sur cette construction de hangar, nous avons été entre 2 et 5 personnes et cela nous a quand même pris environ 8 jours.

Si vous décidez de fabriquer vous-même vos charpentes, vous pouvez facilement doubler.
Mais vous réduirez potentiellement le prix.

Quel coût ?

On y vient !

Le hangar en bois, en lui-même nous a coûté un peu plus de 6000€, soit 100€ / m².

A cela, il faut ajouter la toiture en bac acier 75/100ème : 3000€, soit un peu moins de 50€/m2

En général, on oublie tout le reste des « menus détails »… mais pas moi 😫: location de la pelleteuse, du chariot télescopique, fers à béton et coffrages poteaux, géotextile, lasure, livraison de la toupie béton ou encore des 17 tonnes de tout venant…

Comptez donc 12 000€ pour un hangar bois de 60m² de ce type (200€/m²), si vous le faites en grande partie vous-même.

Moins si vous décidez de faire votre propre charpente.
Plus si vous vous faites aider ou si vous souhaitez faire une dalle, le fermer, etc.

Des questions ?

Voici mon retour d’expérience, concret, chiffré et imagé.

Si vous avez des questions ou commentaires, je suis à votre écoute !

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