Comment entretenir, nettoyer et restaurer un ancien lavoir ?

de Sven

Sur mon terrain, j’ai la chance d’avoir un ancien lavoir, alimenté par une source.

Il servait aux habitants du corps de ferme, mais également aux différents hameaux alentours, pour faire leurs lessives et donc nettoyer leurs vêtements.

Je ne connais pas la date de construction, ni l’histoire exacte de ce lavoir… mais j’ai entendu parler d’un lavoir romain non loin de là. Et je sais que ce lavoir était encore en usage il y a moins de 50 ans.

Bref !… je m’égare…

Lors de l’été 2022, du fait de la sécheresse, ce lavoir était (exceptionnellement) entièrement vide.

J’en ai donc profité pour l’entretenir, le nettoyer et le restaurer.

  1. nettoyer le fond et enlever la vase accumulée,
  2. vérifier les berges et les renforcer,
  3. mettre un escalier naturel pour les animaux et insectes,
  4. paver le fond du lavoir avec du schiste,
  5. daller les pourtours du lavoir,
  6. revoir l’évacuation du trop-plein

A savoir avant d’entretenir / nettoyer / restaurer un lavoir

Les lavoirs et les fontaines constituent des refuges importants de biodiversité, particulièrement pour les espèces aquatiques telles que les amphibiens (des espèces en danger, pour la plupart).

Avant de toucher à quoi que ce soit, il est donc indispensable d’identifier et d’inventorier la vie qui peuple potentiellement votre lavoir !

Chaque espèce identifiée vous donnera des informations sur quand et comment entretenir votre lavoir, afin de minimiser les perturbations.

Pour la période, l’automne est la période idéale pour l’entretien, car moins d’espèces y sont présentes.

En quoi consiste l’entretien et le nettoyage d’un lavoir ?

L’entretien classique consiste à retirer les lentilles d’eau et les algues (ces dernières se développent très rapidement).

Personnellement, j’utilise pour cela une épuisette : je récupère « la verdure flottante » et la laisse ensuite sécher sur le bord du lavoir.

Ainsi, dans le cas où j’aurai « capturé » des insectes ou animaux, le fait que ça soit au bord du lavoir leur permet de retourner à l’eau.

Note : Il est recommandé de ne pas toucher un quart du lavoir pour préserver une partie de l’habitat.

Plus ponctuellement, et si votre lavoir contient beaucoup de vase, il est utile de le nettoyer plus en profondeur.

L’idéal est alors d’enfiler des bottes et de se munir d’une pelle…

Certaines personnes conseillent de vider tout ou partie du lavoir avec une pompe (ou des seaux)… je ne recommande pas.

Note : Une fois séchée, la vase, les lentilles et les algues doivent idéalement être éloignées du point d’eau. Direction le potager !

Important : je vous recommande fortement d’installer une « sortie de secours » pour les insectes et certains amphibiens, comme une rampe ou un escalier de pierres.

Enfin, il ne faut surtout pas introduire de poissons ou d’espèces exotiques dans les lavoirs, car ils consommeraient les larves des espèces indigènes.

A l’inverse, si vous souhaitez y intégrer des plantes (pour oxygéner l’eau, par exemple), introduisez des espèces locales… idéalement récupérées dans une mare naturelle ou un cours d’eau près de chez vous (à condition que ça soit adapté… et que vous entreteniez !)

Et quand on parle de restauration ?

A réaliser toutes les X années, une restauration est une remise en état de votre lavoir.

Au fil des années, l’eau a tendance à abîmer les berges et les rendre moins stables. Il est donc utile et parfois nécessaire de re-maçonner, re-solidifier, revoir les évacuations, stabiliser, etc.

En général, ça veut dire vider totalement le bassin… ce qui aura un impact important sur sa biodiversité et son équilibre.

Donc, à faire uniquement quand c’est réellement nécessaire.

Bon… et pour ce qui concerne mon lavoir ?

Comme précisé précédemment, mon lavoir était totalement à sec du fait de la sécheresse durant l’été 2022.

C’était, selon les anciens du coin, la première fois qu’ils voyaient ça… le lavoir étant généralement toujours plein, voire débordant.

J’ai donc « profité de cette occasion » pour :

  1. nettoyer le fond et enlever la vase accumulée,
  2. vérifier les berges et les renforcer,
  3. mettre un escalier naturel pour les animaux et insectes,
  4. paver le fond du lavoir avec du schiste naturel que j’avais sur mon terrain,
  5. daller les pourtours du lavoir avec ces mêmes schistes,
  6. revoir l’évacuation du trop-plein pour l’envoyer dans un fossé quelques mètres plus loin

Pour être absolument exact, tout cela s’est fait en plusieurs étapes (ça n’était pas le seul « chantier » sur lequel j’étais).

Première étape : nettoyage du fond du lavoir et des berges

Tout a commencé le 14 Juillet 2022.

A ce moment là, le lavoir n’était pas totalement vide… mais presque.

C’était le point le plus bas, selon les anciens, auquel il avait été vu jusqu’à présent… donc, on a décidé d’enlever la vase qui s’était accumulée depuis plus d’une décennie sans aucun entretien.

Pour cela, rien de plus simple : une paire de bottes, un balais de cantonnier et une pelle.

On enlève la vase qu’on pose à côté (pour permettre à la vie d’aller se planquer… au besoin, dans la marre à une dizaine de mètres de là).

On en a également profité pour nettoyer les berges : il y avait énormément de végétation qui impactait directement la maçonnerie (moellon granit avec joints en terre).

Deuxième étape : réparer et renforcer les berges

On a ensuite renforcé les berges.

Pour cela, on a récupéré des moellons granit que nous avions sur notre terrain pour les « maçonner », avec de la terre et de la vase, sur le pourtours.

Cette assise a pour objectif de venir accueillir un habillage final en plaque de schiste, là aussi récupérée sur notre terrain.

Note : Vous pouvez noter sur la dernière photo, ci-dessous, qu’on a remonté quasiment totalement un bout de mur. Ce dernier, avec le temps et le manque d’entretien, était totalement tombé.

Troisième étape : On n’oublie pas les animaux qui pourraient tomber dans le lavoir !

On doit absolument proposer une option aux animaux (amphibiens, mammifères, etc.) et insectes (abeilles, etc.) pour pouvoir sortir du lavoir / du bassin d’eau, s’ils tombent dedans.

On a donc simplement posé quelques pierres qui créaient un escalier naturel… et donc une potentielle sortie !

Important : bien penser au fait que le niveau de l’eau ne sera pas toujours identique… et donc proposer différents paliers.

Sur la gauche
Sur la gauche

Quatrième étape : paver le fond du lavoir

Cette étape aura lieu dans un second temps.

Comme on peut le voir sur les photos ci-dessus, le lavoir a encore un fond d’eau, auquel on ne souhaitait pas toucher afin de préserver au maximum la biodiversité.

Ça ne sera plus le cas en fin Juillet : du fait de la sécheresse, la source s’était tarie et le lavoir se vidait à vue d’œil, jour après jour…

En août, le lavoir était totalement sec : une première en plusieurs décennies.

Nous avons donc décidé d’en profiter pour nettoyer totalement le fond et de le paver avec du schiste.

Puis, par la suite sur le mois d’août, j’ai fait des joints de sables (il m’en restait d’autres travaux)…

Amusant : j’ai pu repérer précisément la source, le sable étant légèrement mouillé, via la capillarité.

Cinquième étape : daller les pourtours du lavoir

Un lavoir, par définition, est une zone humide.

Or, on souhaitait pouvoir y accéder sans bottes, afin de pouvoir observer à mon aise la vie aquatique, et l’entretenir plus facilement.

On a donc décidé de daller le pourtour du lavoir, toujours avec nos grandes plaques de schiste brutes.

Pas de joint : juste des cailloux et de la terre pour caler tout ça.

Note : j’ai également fait un mini cairn en pierre, qui a pour fonction d’être un refuge pour la biodiversité.

Comment entretenir, nettoyer et restaurer un ancien lavoir ?

Sixième étape : refaire l’évacuation du trop-plein

Le lavoir a un trop-plein, autrement dit une évacuation bétonnée.

On l’a refaite en installant du PVC (anciennes gouttières réutilisées) qui envoie cet excédent d’eau directement dans un de nos fossés… un peu plus loin.

Cela évite que la zone autour du lavoir soit inondée.

Conclusion !…

Voici une restauration qui aura coûté qu’un peu de temps et du réemploi.

L’eau du lavoir est aujourd’hui (Avril 2023) beaucoup plus propre et saine.

La végétation recommence à pousser (et on va y mettre quelques plantes aquatiques trouvées dans une mare naturelle à une centaine de mètres de là)… et surtout la vie y a retrouvé toute sa place.

Nous avons une 30ène de tritons (trois espèces différentes) qui se baladent dans notre lavoir.

En bref : mission accomplie !

Comment entretenir, nettoyer et restaurer un ancien lavoir ?

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1 commentaire

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Isabelle 15 novembre 2023 - 14h59

Bonjour,
Conseils très utiles pour la rénovation d’un lavoir. Il y en a un dans mon jardin, qui autrefois servait aux habitants du hameau. Il y a une source. Il n’est jamais à sec, même lors des étés de sécheresse. Je l’ai vidé presque entièrement il y a 3 ans (avec une pompe, mais en prenant des précautions, notamment pour évacuer la faune dans le ruisseau qui est dans son prolongement). Là j’ai découvert qu’il était alimenté par des résurgences en plusieurs endroits au fond et dans les angles. Plusieurs dalles sont manquantes au fond et il faudrait refaire le pourtour, qui a tendance à être colonisé par les herbes (pissenlits notamment) dont les racines sont impossible à extraire entre les pierres. J’ai vraiment envie de mettre en valeur ce lieu de vie, et j’ai compté cet été 2023 près d’une trentaine de grenouilles. Une planche de bois calée permet au salamandres de ressortir, en plus des mousses que je laisse intentionnellement pour faciliter leurs circulations.

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