Quels sont les outils et le matériel indispensable pour forger ?

de Mat & Thom
Publié le : Dernière mise à jour le

Pour forger, il faut un minimum d’outils pour travailler correctement.

Voici, dans cet article, la liste du matériel qu’il faut vous procurer, et tous nos conseils pour bien choisir :

  1. Les basiques (enclume, marteau, tenaille)
  2. Les outils secondaires (étau, étampe, chaîne, etc.)
  3. Les équipements « bonus » !

On commence donc par…

Les basiques !

En plus d’une forge, du charbon et de la matière première il vous faut trois basiques indispensables :

  • l’enclume,
  • le marteau,
  • la tenaille (ou pince).

Numéro 1 : L’enclume

Si vous sentez que vous êtes faits pour la forge et si vous avez les moyens, optez de suite pour une véritable enclume.

Neuve, oubliez tout de suite c’est trop cher. D’occasion c’est plus abordable mais ça tombe jamais en dessous des 100€ pour une enclume d’un poids raisonnable.

Si vous achetez une vieille enclume, vérifiez que les arêtes soient encore un peu saillantes et que la table (plat de l’enclume) soit en bon état.

Enclume usée
Enclume usée

Sur la photo ci dessus on distingue bien l’usure de l’enclume (table et arêtes). Il sera difficile d’avoir un travail précis du votre pièce de métal.

Enclume à la française
Enclume à la française

Choisissez une enclume « percée » à la française vous pourrez ainsi insérer des outils amovibles comme un tranchet…

Il n’y a pas d’enclume idéale : elle sera adaptée à vos besoins.

Pour débuter, si vous avez le choix, optez pour un modèle de serrurier avec un poids supérieur à 80/90 Kg. Si votre enclume est trop légère, elle risque de « sonner » et vous aurez du mal à bien forger, surtout des pièces un peu grosses.

Par la suite vous verrez que chaque pièce a son amorti et sa réponse aux coups de marteau et il vous sera difficile de vous défaire de votre enclume.

Le truc bon à savoir quand on commence : L’enclume bosse presque autant que le forgeron. Lors de la frappe, la force est rendue par le support. Lors de vos premières fois vous vous rendrez compte que la forme de pièce de métal chauffé est en partie donnée par l’enclume et pas seulement par le marteau.

Quelles sont les alternatives à l’enclume ?

Vous pouvez tailler un bout de rail de chemin de fer et dégager une bigorne (pointe) à la meuleuse ou utiliser n’importe quel bloc parallélépipède de métal (même sans bigorne).

Assurez vous d’avoir un plat pour travailler au mieux votre métal chauffé.

Enclume dans un rail
Enclume dans un rail

Avec l’enclume : pensez au billot !

Pour votre enclume, il faut un beau billot de bois (de préférence cerclé pour optimiser sa durée de vie).

Il doit être à la bonne hauteur suivant votre taille. Mal réglé, une mauvaise position de l’enclume causera mal de dos et tendinites, et ce à coup sûr !

Pour connaître la hauteur idéale (enfin ça marche pour moi), tenez votre marteau posé sur l’enclume, votre bras et à 90° par rapport à votre corps.

Sinon les vieux disent que tu dois pouvoir poser ta bite et tes couilles sur la table !

Vous pouvez aussi poser votre enclume dans un bac remplis de sable ou encore sur une embase métallique mais le bois est vraiment la meilleur option.

Attention à bien fixer l’enclume à son support.

Ça serait dommage de la faire tomber et une enclume mal fixée c’est aussi beaucoup de mauvaise vibrations.

Billot cerclé
Billot cerclé

Numéro 2 : Le marteau

Second outil de base du forgeron, le marteau.

Pas la peine au début d’en avoir 10, un gros de 1,5/2kg pour dégrossir et un plus léger de 0,7 à 1kg pour les détails suffiront.

Le marteau est composé de deux éléments : la masse en métal et le manche, de préférence en bois (cornouiller, robinier ou hêtre par exemple).

La masse, quant à elle, est composé de 3 parties :

  • L’Œil : Trou dans la masse dans lequel passe le manche, fixé par un morceau de métal appelé « Angrois »
  • La table : Surface de frappe, la table est la surface plane du marteau
  • La panne : Surface de frappe, la panne est la « pointe » du marteau

La table et la panne doivent être légèrement bombées pour éviter de marquer le métal frappé. Si votre marteau est neuf meulez les arêtes.

Parfois, à l’inverse d’un marteau de menuisier ou de maçon, la panne peut être verticale, parallèle au manche.

Frapper avec la panne du marteau concentre l’impact sur une zone plus petite et permet d’allonger le métal par exemple.

Il existe autant de marteaux (voir 10 fois plus) que de forgerons… c’est pourquoi je n’entre pas plus dans le détail. Un marteau à planer peut être intéressant pour aplanir vos forme si besoin.

marteau de forgeron
marteau de forgeron

Numéro 3 : Les tenailles

Comme le nom l’indique, la tenaille sert à tenir. Oui oui !

Troisième indispensable de cette trilogie, elles sont utiles pour mettre et ôter la pièce de métal au feu et la maintenir lors de la frappe.

Il existe plein de formes d’embouts de tenailles, elles sont utilisées suivant la section de métal à tenir, carré, rond, plat…

Pour forger des couteaux, la tenaille à coquille pour fer plat semble plus indiquée. Le manche des tenailles doit être long pour assurer une bonne pince et ne pas risquer de se brûler.

J’ai eu la chance de forger mes premières tenailles. Si vous êtes bon bricoleur, vous pouvez suivre ce tuto pour réaliser vos propres tenailles.

Différents embouts de tenailles
Différents embouts de tenailles

Les outils secondaires

Secondaire ne veut pas dire que ces outils ne sont pas importants.

Voici donc une liste non exhaustives des outils qui restent indispensables à tout bon forgeron.

Pour la forge

  • un étau pour maintenir la pièce de métal
  • des étampes (tranchets, burins) pour travailler la pièce de métal
  • un seau avec de l’eau pour refroidir et pour la trempe
  • une chaine avec un poids pour maintenir la pièce sur l’enclume

Autour de la forge

  • une brosse métallique pour nettoyer la calamine
  • un tisonnier pour organiser son foyer
  • des limes pour égaliser ou tester la dureté du métal
  • une perceuse à colonne
  • une disqueuse / meuleuse
  • une pointe à tracer
  • une équerre
Étau, tranchet et pointeau
Étau, tranchet et pointeau

Les équipements bonus

Ceux-ci ne sont pas indispensables mais très pratiques.

  • un backstand pour travailler l’émouture et plus encore (possible a faire en DIY)
  • des pinces étaux, pour maintenir
  • un post à souder, pour préparer certaines pièces
  • une bonne scie à métaux
  • un poinçon pour marquer ses créations
  • un pied à coulisse
Backstand et pince étaux
Backstand et pince étaux

En conclusion ?

Rappelez vous que l’habit ne fait pas le moine (et en parlant d’habit, pensez également aux équipements de protection pour forger).

Ce n’est pas le matériel qui fera de vous un bon forgeron mais des bons outils sont indispensable pour bien travailler.

Laissez vous guider par votre propre expérience.

N’hésitez pas à rencontrer des forgerons expérimentés et suivre leurs conseils.

Comme toujours, cet article est le fruit de mon expérience et de mes recherches, il y a surement des erreurs ou des oublis, n’hésitez pas à me partager votre avis dans les commentaires !

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14 commentaires

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Grand-pas 10 novembre 2015 - 17h15

Merci pour cette série d’articles, je suis en, train de me lancer dans la forge et j’attends la suite avec impatience.
Je ne sait pas si tu comptais en parler dans les articles suivants mais ils ne faut pas non plus oublier les équipement de sécurité : gants, tablier ignifugé, lunettes de protection (surtout pour le travail sur backstand ou au borax).
Je crois que les anciens travaillais aussi avec un chapeau en cuir pour protéger la tête des étincelles.
Pour les oreilles ce n’est pas aussi bruyant que ce qu’on peut voir au cinémas mais des protections auditives ce n’est pas du luxe non plus.

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NoPanicfr 10 novembre 2015 - 18h28

Merci de tes remarques!
en effet j’ai prévu de faire un article sur la protection personnelle durant la forge 😉

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NoPanicfr 10 novembre 2015 - 18h28

Si tu veux partager ton expérience de débutant je suis preneur!

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rodrigue gaudin 30 mai 2017 - 22h33

Merci pour pour ces articles, ça continuez comme ça! Ça me donne vraiment envie de m’équiper et d’essayer a mon tour 🙂

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NoPanicfr 31 mai 2017 - 5h48

merci 😉

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Vladimir Bowrovovitch 13 août 2017 - 15h07

Bonjour,
Merci pour ce travail !
Au sujet du conseil des anciens, j’adore toujours car ils sont très rarement inutiles! Bref…
Par contre pour êtres utiles encore faut-il qu’ils soient exactement racontés !
Du coup, pour les couilles et la bite… J’imagine qu’il faut imaginer pouvoir poser son matos sur le plat de l’enclume??? N’est-ce pas ? …
Ou bien parles-tu de la hauteur du billot ? Et donc poser sa bite et ses clochettes sur le billot ??
… Mais cela me parait moins logique… A cause de l’enclume qui n’ayant pas une hauteur standard… Bref tu m’as compris je pense.
… Pourtant … A moins que je ne sois pas physiquement normalement constitué, il me semble que si je pose ma bite sur une enclume, et que j’imagine poser « délicatement » le marteau à côté de mes couilles, il me semble que l’angle entre mon bras et l’avant bras tenant le marteau sera d’environ, 120 à 130 degrés d’angle, et que donc, pour atteindre les 90 degrés, faudrait-il ajouter la hauteur de l’enclume ?
Bon, en espérant que vous aurez compris mon questionnement !
Merci encore…
PS: Dicton de vieux pêcheurs (Méditerranéen)

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NoPanicfr 14 août 2017 - 6h22

hahahaha tu as fait ma journée!!!
sinon oui c’est sur le plat de l’enclume mais ça dépend de bcp de paramètres (taille, proportions…). À l’occasion je ferai une photo (ou pas mdr).

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disqus_jQGFPQLBKy 13 novembre 2017 - 20h13

Bonjour, je m’appelle Astrid, j’ai 22 ans et je souhaiterais commencer un CAP de coutellerie. J’aimerai passer par une école, mais j’ai une grande crainte : je suis une fille d’un physique assez faible, et assez maladroite ! J’ai peur de ne pas avoir assez de force pour soulever à longueur de temps un marteau, et de ne pas réussir à gérer la précision. Pourtant c’est un rêve ! Je ne sais que faire…
Des conseils avant de me lancer dans la forge à corps perdu ? Dois-je me renforcer musculairement ? Dois-je m’entrainer un peu avant de commencer un diplôme ?

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NoPanicfr 14 novembre 2017 - 6h56

Un seul conseil, lance toi! Ce n’est pas une question de force mais de finesse et de technique. Tu trouveras rapidement les astuces qui compenseront les muscles.
Il n’y a qu’en forgeant qu’on devient forgeron, c’est un adage qui a vraiment du sens.
Bon courage et surtout, tiens moi au courant.

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Théo 8 décembre 2017 - 21h44

Bonjour, je ne sais pas si tu verras ce commentaire…
Je peux personnellement parler du CAP Instruments Coupants et de Chirurgie à Thiers.
Pour un CAP coutellerie pas besoin de force physique ! En revanche il faut bien un minimum d’adresse et de précisions, qui s’acquièrent avec la pratique: tous les apprentis n’entrent pas à l’école très doués de leurs mains… Moi-même, je suis sorti d’une école d’archi foirée, jamais bricolé de ma vie, un peu forgé, trois ans plus tard je remporte un concours national. Et je ne suis toujours pas très adroit: je fais sans arrêt tomber des trucs et des machins 😀
Je te conseille vivement de te motiver pour le CAP coutellerie, qui contrairement à de la forge en amateur, te permettra de travailler et vivre en te fournissant un métier.
Férier-mars c’est le début de la course. A savoir; si tu trouves une place en entreprise, tu es prise d’office en CAP… Le CAP est tributaire des entreprises, et n’a pas de partenariat précis (même s’ils sont très compétents, ont des listes des entreprises qui ont pris des apprentis, susceptibles d’en reprendre, etc). Les places sont chères, mais quand on est motivés et qu’on arrive à trouver une entreprise, on entre bien. Il faut juste être prêt à vivre (au moins une semaine sur quatre) à Thiers… Mais les apprentis et anciens apprentis sont sympas 😀
(fun fact: on a eu une apprentie coutelière qui sortait du compagnonnage en ferronnerie d’art, toute fluette pourtant !)
Ensuite, la forge..
Les muscles viendront seuls, avec le travail: aucunement besoin de te muscler pour ça en particulier, au contraire, tes muscles travailleront dans des sens et des usages particuliers. Mais il faut garder en tête que c’est un hobby, et qu’on ne vit pas de la forge avant des années et des années, et beaucoup d’expertise.

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Théo 8 décembre 2017 - 21h51

Bonjour, je ne sais pas si tu verras ce commentaire…
Je peux personnellement parler du CAP Instruments Coupants et de Chirurgie à Thiers. Le meilleur, et le seul réel.
Pour un CAP coutellerie pas besoin de force physique ! En revanche il faut bien un minimum d’adresse et de précisions, qui s’acquièrent avec la pratique: tous les apprentis n’entrent pas à l’école très doués de leurs mains… Moi-même, je suis sorti d’une école d’archi foirée, jamais
bricolé de ma vie, un peu forgé, trois ans plus tard je remporte un concours national. Et je ne suis toujours pas très adroit: je fais sans arrêt tomber des trucs et des machins 😀
Je te conseille vivement de te motiver pour le CAP coutellerie, qui contrairement à de la forge
en amateur, te permettra de travailler et vivre en te fournissant un métier.
Férier-mars c’est le début de la course. A savoir; si tu trouves une place en entreprise, tu es prise d’office en CAP… Le CAP est tributaire des entreprises, et n’a pas de partenariat précis (même
s’ils sont très compétents, ont des listes des entreprises qui ont pris des apprentis, susceptibles d’en reprendre, etc). Les places sont chères, mais quand on est motivés et qu’on arrive à trouver une entreprise, on entre bien. Il faut juste être prêt à vivre (au moins une semaine sur quatre) à Thiers… Mais les apprentis et anciens apprentis sont sympas 😀 *pub pub*
(fun fact: on a eu une apprentie coutelière qui sortait du compagnonnage en ferronnerie d’art, toute fluette pourtant !)
Ensuite, la forge..
Les muscles viendront seuls, avec le travail: aucunement besoin de te muscler pour ça en particulier, au contraire, tes muscles travailleront dans des sens et des usages particuliers. Mais il faut garder en tête que c’est un hobby, et qu’on ne vit pas de la forge avant des années et
des années, et beaucoup d’expertise. L’important est de bien se ménager: sans forcément y aller mollo, s’hydrater, s’étirer le soir après les premières séances de forge, boire une bière (si, sérieusement, c’est efficace).

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Modernlife Societe 18 janvier 2018 - 22h04

Le muscle n’est pas forcément indispensable , il existe des machines pour le plus gros du travail , par contre , créativité, engagement, sont essentiels. La meilleure approche , si tu veux faire de la coutellerie, est de trouver un apprentissage dans la région de Thiers , qui est renommée pour ces couteaux.
Bon courage et fait de ta vie un rêve , une réalité ????

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Lilian Groove Vibes 23 février 2018 - 10h24

Bonjour, j’aurais une (ou plusieurs) question à poser sur les outils de forge. Je ne m’y connais absolument pas dans ce domaine mais je travaille actuellement sur la traduction d’outils du forgeron de l’anglais vers le français… Sauriez-vous me dire le nom de cet outil s’il vous plaît ? En anglais ils parlent de Fuller ou Spring Fuller, mais même après de nombreuses recherches je n’ai pas été foutu de trouver son nom en français… et pareil pour certaines parties de l’enclume présentes sur cette image : https://www.google.fr/search?q=anvil+parts&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=yXTLLLBlfvHNzM%253A%252CGxVG26d1cz6IhM%252C_&usg=__A1mUo8p4Bj_Vpv12BzL6PhisutE%3D&sa=X&ved=0ahUKEwjSlNX057vZAhXCIVAKHSCvA0MQ9QEIKjAA#imgrc=yXTLLLBlfvHNzM: Je recherche les mots « Table » (aussi appelé Step), « shoulder », « waist » et « heel », Si quelqu’un a une idée, ça serait vraiment super ! Merci beaucoup d’avance et bonne journée.

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Théo 14 janvier 2019 - 22h52

Bonjour, je viens bien tard mais je regardais les commentaires par curiosité…
Pour le premier outil, c’est ce qu’on appelle un dégorgeoir (peut-être cela a-t-il un autre nom pour d’autres).
Pour l’enclume, je n’ai aucune certitude, mais les traduction littérales me semblent adaptées… Au boulot on ne nomme pas ces parties à vrai dire.

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