Feuilles recroquevillées sur mon pommier : Comment le soigner ?

de Sven

Lorsqu’on souhaite développer son autonomie alimentaire, on passe généralement par la case « verger ».

Or, qui dit verger dit fruitiers… et qui dit fruitiers dit soins !

C’est quasiment obligatoire : il arrivera un jour qu’un de vos fruitiers attrape une maladie ou un ravageur et qu’il vous faille lui apporter les soins nécessaires pour éviter de perdre la production de fruits de l’année, voire, pire encore, de perdre l’arbre fruitier lui-même.

C’est mon cas avec un souci sur deux de mes pommiers en cordon.

Je vais donc vous parler dans cet article d’un symptôme, de sa cause et de différentes solutions pour la résoudre !

Le symptôme : des feuilles recroquevillées

La première des règles pour avoir un potager ou un verger en bon santé est l’observation.

Plus vous passerez de temps à observer vos plants et arbres et plus vous serez en capacité de repérer tôt les potentielles maladies ou ravageurs, et ainsi apporter la solution adéquate.

C’est donc lors d’une de ces visites d’observation que j’ai repéré des feuilles mystérieusement enroulées, recroquevillées, sur deux de mes pommiers.

L’immense majorité des feuilles étaient belles et correctement dépliées… mais plusieurs zones de feuilles étaient clairement anormales.

C’était là le symptôme d’un problème…

Comment identifier les symptômes ?

Comme pour sa santé personnelle, si on souhaite se soigner (ou que le docteur nous prescrive le bon traitement), il est indispensable de bien clarifier et préciser les symptômes.

Pour un plant fruitier, c’est pareil !

Il faut donc observer le tronc, les branches, les feuilles, les boutons floraux et les fruits !

On pourra ainsi découvrir des champignons, des traces de pourriture ou de moisissures, des fruits piqués ou noircies, des feuilles jaunies, grignotées, cloquées, brûlées, trouées, enroulées ou encore boursouflées, des branches mortes, des plaies sur le tronc (chancre), etc. etc.

N’hésitez pas à inspecter réellement vos plants sous toutes les coutures, et également sous les feuilles.

Pour le cas qui nous intéresse ici, nous avons donc les symptômes suivants :

  • Feuilles enroulées / recroquevillées
  • Feuilles boursouflées
  • Quelques feuilles trouées
  • Quelques feuilles noircies ou comme « cramées »

La cause : les pucerons

Une fois qu’on a observé le ou les différents symptômes, il faut en définir les causes.

Il est important de noter que TOUS les symptômes ne sont pas forcément liés les uns aux autres et que TOUS les symptômes n’expriment pas la même urgence et/ou danger pour l’arbre fruitier.

Dans le cas présent, par exemple, le fait que quelques feuilles aient été grignotées n’expose en aucun cas mon pommier, et n’a aucun lien avec les feuilles enroulées ou boursouflées.

En effet, je soupçonne ici quelques chenilles ou escargots qui avaient tout simplement grand faim… 😅

D’ailleurs, en regardant le tronc, j’ai rapidement pu débusquer quelques gastéropodes et chenilles, planqués non loin.

Il n’y a pas beaucoup de trous dans les feuilles, peu de chenilles / escargots, mes pommiers n’ont pas l’air d’être affectés plus que cela : en bref, je mets de côté ce symptôme et ne m’en occupe pas.

A l’inverse, je vois clairement un impact important sur mes fruitiers avec les feuilles enroulées.

Je dois donc trouver la cause et intervenir.

Après avoir inspecté les feuilles, je découvre sous un grand nombre d’elles de petits insectes…

J’ai donc trouvé la probable raison de mes feuilles qui s’enroulent : des pucerons cendrés !

… et après avoir observé encore autour de l’arbre, j’ai découvert à 2 mètres de là une belle fourmilière.

On y est mon cher Watson… tout s’éclaire :

  • Les fourmis font des élevages de pucerons dans mes pommiers, pour leur miellat,
  • Les pucerons piquent les feuilles et sucent la sève,
  • Cela impacte directement mes pommiers : ralentissement de la croissance, déformation (crispation / enroulement) des feuilles, développement de fumagine (sorte de noircissement) sur certaines feuilles,
  • Tout ceci fragilise mes pommiers et créait des risques importants d’autres maladies / virus / etc.

Comment traiter les pommiers atteints de pucerons ?

On a les symptômes, on a la cause… il nous faut donc la solution.

Comme souvent, il en existe plusieurs et de tous types : physique, chimique, biologique…

Voici donc 16 solutions :

  1. placer sur le tronc une bande de glue anti-fourmis (soit acheté dans le commerce, soit fabriqué ; par exemple, prendre une bande plastique de 5 cm de large, couverte de glu Pelton, et une ficelle pour tenir l’ensemble),
  2. en fin d’hiver, pulvériser une huile de pétrole,
  3. pincer, voire supprimer (et brûler) les pousses portant des colonies importantes de pucerons,
  4. lâcher des larves de coccinelles ou de chrysopes,
  5. poudrer les parties attaquées avec de la cendre de bois,
  6. badigeonner au pinceau de l’alcool à brûler ou pulvériser de l’alcool à brûler dilué, en fonction de la taille des colonies,
  7. pulvériser le plus tôt possible du savon noir (diluée à 5-20% dans de l’eau) : les pucerons respirant par la peau, la solution va boucher les pores… et les tuer.
  8. pulvériser de l’infusion de gousses d’ail (recette : broyer dix gousses d’ail pour un litre d’eau, faire bouillir, laisser refroidir, filtrer, laisser macérer 24h et appliquer)
  9. pulvériser une décoction d’absinthe,
  10. pulvériser du purin de menthe poivrée,
  11. pulvériser de l’extrait de tanaisie (non diluée),
  12. pulvériser une dilution d’huile essentielle (huile essentielle de menthe poivrée ou d’orange douce + eau + huile de colza, par exemple),
  13. favoriser l’apparition naturelle d’insectes mangeurs / tueurs de pucerons : guêpes aphelinus mali, coccinelles, chrysopes, forficules, hyménoptères…
  14. favoriser l’environnement pour des oiseaux mangeurs / tueurs de pucerons : fauvette, mésange…
  15. évitez l’apport d’azote (qui favorise l’apparition de ces colonies),
  16. pulvériser un insecticide de pyréthrines.

Évidemment, on peut coupler plusieurs solutions.. et je vous conseille la N°10 (l’insecticide chimique) qu’en cas de dernier recours.

Évitons de « saloper » nos arbres fruitiers avec du (trop) chimique ! 😉

Si vous n’avez pas le choix, évitez de manger ces pommes cette année.

L’autre solution préventive… choisir des pommiers résistants aux pucerons !

Si vous avez déjà les pucerons sur votre pommier, on est déjà trop tard.

Mais à penser pour de prochaines plantations : certains pommiers sont résistants aux pucerons cendrés.

Voici par exemple quelques-unes de ces variétés :

  • Querina Florina,
  • Goldrush Coop 38,
  • Golden Orange cov,
  • Brookfield Baigent,
  • Delbart Jubilé Delgollune,
  • Honeycrisp,
  • Melrose,
  • etc.

Ma solution personnelle :

Du coup, pour ma part, j’ai décidé de traiter la source du problème (les fourmis) en mettant une bande de glu autour du tronc.

Mais j’ai également souhaité traiter la cause immédiate de mon souci de feuilles, à savoir les pucerons, avec une pulvérisation d’huile essentielle d’orange douce diluée.

Pourquoi l’orange douce ? Car en plus de régler mon souci de pucerons, cette huile essentielle permet également de traiter d’autres maladies (dont le mildiou ou l’oïdium). Bonus : ça sent bon. 😅

Objectif : assainir mes pommiers et les retrouver beau et vigoureux au plus vite !

Important : pensez bien à traiter vos arbres fruitiers le soir et jamais sur feuillage humide (pour l’huile essentielle du moins).

Ah !…

… et chouette nouvelle, lors du traitement, lorsque j’essayais d’appliquer scrupuleusement ma décoction feuille par feuille (car il faut les déplier, un enfer !), j’ai pu apercevoir une fidèle alliée qui régulait également les pucerons : une larve de coccinelle !

Parfait, car l’objectif ici n’est pas de détruire tous les pucerons et les fourmis… mais bien d’essayer d’avoir un équilibre entre eux et le pommier.

Cette coccinelle va y participer activement.

Feuilles recroquevillées sur mon pommier : Comment le soigner ?

PS : Si vous vous demandez pourquoi mes pommiers colonnaires sont « en cage », c’est une autre histoire… une histoire de chancre, pour être tout à fait précis.

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