Crise du COVID (2020) : Quels enseignements en tirer en tant que prepper / survivaliste ?

de Sven

(Texte rédigé en janvier 2021 par un lecteur de NoPanic, ancien militaire)

Début d’un effondrement durable ou répétition générale, que l’on soit « preppers », prévoyant ou ce que bon vous semble, cette année 2020 mérite d’être étudiée sous l’angle de notre préparation à un effondrement.

Cinq domaines méritent de faire une analyse détaillée que j’ai listés du plus au moins important :

  1. notre capacité psychologique à gérer une crise dans le temps long ;
  2. notre lecture des « signaux faibles » en amont de la crise ;
  3. notre validation du scénario « catastrophe » que nous avions envisagé ; 
  4. notre préparation matérielle avant le premier confinement ; 
  5. notre employabilité passée et à venir.

1 – Notre capacité psychologique à gérer une crise dans le temps long.

Être équipé comme un « Defender » ou disposer de trois ans de réserves ne sert à rien si l’on n’a pas « les forces morales » pour résister dans la durée.  

Les différentes phases de cette crise ont été une succession de stress.

Stress de l’annonce d’une pandémie ; stress de l’annonce du confinement ; stress du confinement et du re-confinement en eux-mêmes ; stress du virus et de sa dangerosité initialement inconnue ; stress de devoir sortir faire des courses ; stress de ne pouvoir voir sa famille et de craindre pour leur santé ; stress d’être au chômage ou de devoir continuer de travailler dans le flou de mesures sanitaires changeant régulièrement ; etc., etc.

On pourrait continuer ainsi une liste presque sans fin des divers stress auxquels nous avons été soumis.

Que dire de notre capacité de résilience face à tous ces stress ?      

  • Avons-nous déprimé, picolé, été régulièrement énervé, passé des heures à jouer sur internet ou regardé Youporn pour nous soustraire au silence sidéral et sidérant des rues ?
  • Avons-nous vécu le confinement seul, en couple, en famille ?
  • Dans un studio avec une lucarne ou un F5 en toit terrasse ; à la ville ou la campagne ?
  • Comment nos proches, surtout ceux qui vivaient avec nous, ont-ils réagi ?
  • Nos enfants ont-ils profité des heures de sortie pour s’aérer ou sont-ils restés connectés depuis le fond de leur chambre ? 
  • Notre époux / épouse a-t-il / elle bien vécu notre présence permanente ?
  • L’ensemble des membres vivants au domicile ont-ils exprimé leur ressentis, leurs angoisses, etc. ?
  • Avons-nous été en première ligne contre la maladie en tant que personnel soignant ou avons-nous subi l’épidémie comme la majorité de la population ?
  • Des membres de notre famille sont-ils décédés ? Avons-nous pu être présents lors de leurs derniers instants ? Avons-nous fait notre deuil ?

Cette « crise sanitaire » qui risque de revenir de manière régulière ou intermittente mérite à mon sens de faire régulièrement un point de situation car, même si une certaine forme « d’habitude résignée » s’est mise en place, les dégâts psychologiques sont présents, insidieux et peuvent au fil du temps devenir incapacitants.

Il est donc non seulement important de savoir où nous en sommes mais aussi de mettre en place une stratégie de résilience dans le long terme voir de se faire aider sur le plan psychique si besoin afin de ne pas dépasser un point de « non-retour ».

Crise du COVID (2020) : Quels enseignements en tirer en tant que prepper / survivaliste ?

2 – Notre lecture des « signaux faibles » en amont de la crise.

Savoir lire et interpréter les « signaux faibles » permet d’anticiper et ainsi d’éviter de se retrouver éventuellement dans une bousculade pour du papier toilette dans un supermarché. 

C’est dans le choix des sources d’information que l’on va pouvoir faire le tri entre ce qui est essentiel et ce qui relève du « cirque médiatique ».

Le problème étant que les menaces sont plus que nombreuses, difficiles de suivre plusieurs sites spécialisés de manière différente sauf à avoir du temps à y consacré.

Difficile aussi de faire le tri entre les sites sérieux, les farfelus voir les « complotistes ».   

L’on peut alors décider de privilégier les sites d’informations qui correspondent le plus au scénario « catastrophe » que nous avons validé.

Nous en reparlerons dans la troisième partie. 

On peut aussi, connaissant le fonctionnement idéologique de nos mamamouchis, être alerté par la petite phrase d’un ministre au détour d’une conférence de presse.

Ce fut le cas le 21 janvier avec le fameux « Le risque d’introduction en France est faible mais ne peut pas être exclu » prononcé par le ministre de la santé A. Buzyn.

Pour moi cette phrase fut le signal d’alarme qu’un truc grave était en cours en Chine mais qu’il ne fallait pas affoler les populations.

J’ai alors intensifié mes recherches en commençant par le site de l’OMS et quand j’ai découvert la taille de la ville concernée en Chine, je me suis dit que la pandémie sortant de Chine était plus que probable.    

Trois jours après, le 24 janvier avec l’annonce des premiers cas en France, je suis passé à la phase « renforcement de la préparation matérielle » conformément à ce que j’avais élaboré dans ma ME.P.E. (MEthode de Préparation à l’Effondrement). M.E.P.E issue de la MEthode de Raisonnement Tactique militaire dont nous reparlerons dans un autre article.

Lors de l’annonce du confinement le 16 pour le lendemain 17 mars, j’avais donc toujours eu un temps d’avance qui m’évita, entre autre, le stress de devoir aller faire des courses dans des magasins aux rayons parfois vides et aux clients pouvant se battre pour un paquet de pâtes et deux rouleaux de pq.

Je reviendrai sur le déroulé de cette montée en puissance dans la quatrième partie.

Quelques sites que je consulte régulièrement :

3 – Notre validation du scénario « catastrophe » que nous avions envisagé.

Les scénarios d’effondrement sont assez nombreux dans le milieu preppers et sont parfois plus que farfelus avec bien souvent des risques de réalisation plus que minimes.

Pour ceux qui ont regardé « famille apocalypse » sur Netflix, on ne peut qu’être dubitatif devant les préoccupations pour ne pas dire les lubies de certains comme l’inversion des pôles magnétiques.  

Comme l’écrit R Chaperon dans son livre sur la résilience individuelle : « Les survivalistes se trompent. Non pas dans leur démarche, mais dans leur méthodologie et leur quantification des risques. Il ne sert à rien de se préparer à un risque qui n’existe pas. Mais dans le monde réel, il existe un très grand nombre de risques majeurs qui peuvent vous nuire et contre lesquels vous n’êtes pas préparés. Les zombies cannibales n’existent pas, ce qui peut vous nuire est beaucoup plus simple. »

D’autres preppers se focalisent sur un risque réel (une pandémie par exemple) et consacrent 100% de leur préparation en oubliant tout le reste.

Hors en cas de pandémie, le risque n’est pas uniquement le virus en lui-même mais l’ensemble des dysfonctionnements sociétaux qui vont en découler à plus ou moins long terme.  

Entre inversion des pôles, « Ragnarok » nucléaire, impulsion électromagnétique solaire, météorite, pandémie, communautarisme, crise économique, etc., les scénarios ne manquent pas et comme l’on ne peut pas se préparer à tout, il faut réfléchir au scénario le plus probable compte-tenu de la situation « réelle » internationale et surtout nationale et locale.

Dans l’élaboration de ma ME.P.E, j’avais écarté d’emblée les scénarios de type « Armageddon » comme l’inversion des pôles ou l’impulsion solaire et autres météorites qui ont une très faible possibilité de se réaliser et qui relèvent plus du fantasme millénariste que d’une étude sérieuse des événements en cours. De plus, avec ce genre de scénario apocalyptique, les risques de survie sont quasi nuls rendant toute préparation un peu utopique.

En revanche, la montée des communautarismes, particulièrement en France, est une donnée incontournable si l’on habite dans ce pays qui, s’il n’est pas le facteur principal d’un effondrement, sera à minima une donnée aggravante.

Bien que la France dispose d’un parc non négligeable de réacteurs nucléaires, je ne les avais pas inclus dans ce scénario pour deux raisons :

  • là où j’habite, le risque à gérer sera les retombées. Ce qui reste théoriquement gérable…
  • en cas d’explosion de plusieurs centrales, cela risque de ressembler fort à « l’Apocalypse », on fera donc « comme l’on peut » ce qui risque de ressembler à « pas grand-chose ».

Le scénario que j’avais retenu en 2015 et modifié en 2017 (modification portant sur le risque biologique) était donc le suivant :

« Dans un monde à l’activité économique en baisse constante, la France continue à être financièrement dans une situation de plus en plus précaire, les classes moyennes se paupérisant. Cette précarité, renforcée par des flux migratoires de plus en plus incontrôlés apportant leur lot de maladies que l’on croyait éradiquées voit une augmentation constante de la délinquance sur fond de tensions intercommunautaires, alors que l’État cherche à museler toutes opinions contestataires par des lois de plus en plus liberticides. Néanmoins la France ne bascule pas dans le « chaos » et présente une forme de résilience résignée entre allocations, délinquance et partition du territoire. »

Si le risque biologique c’est à dire « pandémie » n’était pas écrit comme tel, le « lot de maladies que l’on croyait éradiquées » en est assez proche.

Si ma préparation est restée équilibrée dans tous les domaines, un effort sur le risque sanitaire fut fait en 2017 couplé à l’analyse de la réaction en chaine possible dans les autres domaines et autres boucles de rétroaction. Cette préparation incluant aussi la mise en place d’un protocole et d’une zone de décontamination à l’entrée de l’appartement.

4 – Notre préparation matérielle avant le premier confinement.

Il apparait utile de répondre à plusieurs questions.

De manière générale.

  • Mes stocks alimentaires étaient-ils à un niveau suffisant pour tenir 1 à 3 mois de confinement sans être obligé de devoir sortir ? 3 mois étant la durée théorique de l’extinction d’une pandémie à fort taux de mortalité faute de combattants.
  • Ai-je eu le temps de les compléter avant la ruée dans les magasins ? (Lecture des signaux faibles).

On peut se poser la question pour le reste des matériels utiles (les piles, les ampoules de lampe, du matériel de petit bricolage, etc.) sachant que notre porte-monnaie n’étant pas extensible, il fallait faire des priorités.

Sur le plan de la menace N.R.B.C. (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique).

  • Le matériel acheté était-il en adéquation avec la menace ?
  • Ai-je eu le temps de compléter ce qu’il me manquait avant le début du confinement ? (lecture des signaux faibles).

Je vais maintenant faire le déroulé de ma montée en puissance à titre d’exemple.

Remontons en arrière.

2014, décembre.

Découverte du livre de P S Giorgio « survivre à un effondrement économique ».

Le livre me parle et confirme les impressions diffuses que j’avais sur la fragilité de notre système mondial.

2015, début de la préparation.

Après lecture et analyse du livre de P S Giorgio, tout en rédigeant et affinant ma ME.P.E., j’ai commencé par trois actions :

  • inventaire du matériel existant,
  • constitution d’une réserve alimentaire dont de l’eau pour quatre personnes pour un mois,
  • recherche d’une possibilité de « pied à terre » campagnard pouvant servir de refuge en cas de besoin.

Le risque N.R.B.C. avait bien été étudié dans la ME.P.E. mais au vu de ma localisation et de mes moyens financiers, ce n’était pas une priorité à l’époque.

L’année 2015 fut aussi une année de lecture (le petit manuel de collapsologie de P Servigne entre autres) et de recherche sur internet afin d’avoir le maximum d’avis différents dont les remarquables cours de l’école des mines sur les énergies par J-M Jancovici.

2016, lecture du livre N.R.B.C de P S Giorgio.

Cette lecture m’a fait réfléchir de nouveau à ces divers risques et en particulier celui de la pandémie virale.

J’ai aussi comparé ce livre au manuel de l’armée française sur la défense N.B.C. (TTA 150 titreXII) pour voir les points de convergence ou divergence entre eux et comment ils pouvaient se compléter. 

La préparation avançait bien, était équilibrée et une évolution pécuniaire sur le plan professionnel me permettait d’envisager d’investir financièrement dans du matériel spécifique à ces menaces dans les un à deux ans à venir.

J’ai alors étudié ces menaces selon leur classement : N.R (nucléaire – radiologique) / B (biologique) / C (chimique) en fonction de ma localisation géographique.

J’ai ensuite défini quels étaient les matériels transverses à ces trois domaines et quels étaient ceux qui étaient spécifiques à chaque domaine.

J’ai par ailleurs défini des « niveaux » de protection par rapport aux menaces et les ai mis en corrélation avec les matériels à détenir.

2016 fut aussi le début de la constitution d’un « matelas » financier afin de parer à un risque imprévu ou de renforcer sans délai la montée en puissance d’un domaine en fonction de la menace du moment.

2017 / 2018, achat du matériel.

J’ai constitué cinq lots :

  1. un lot pour confiner l’appartement (nuage toxique, retombées diverse) ;
  2. un lot pour une pandémie virulente mais n’ayant pas un fort taux de mortalité (type H1N1). De ce lot fut extrait un kit par voiture ainsi qu’un kit « boulot » permettant une protection immédiate, minimale mais de bon niveau (FFP2 / G-Nitril / G-Cuir / Lunettes couvrantes / Gel antibactérien) ;
  3. un lot pour une pandémie ayant un fort taux de mortalité basé sur les standards de protection pour le personnel soignant d’Ebola ;
  4. un lot de matériels et de produits pour la désinfection dans la « zone de décontamination » ;
  5. un lot spécifique pour des retombées nucléaires et nuages toxiques à base de matériels de protection individuelle industrielle en vente libre.  

Cette préparation matérielle fut complétée par le téléchargement du protocole d’habillage – déshabillage en zone de décontamination du personnel soignant pour les virus type Ebola.  

2018, fin d’année, les achats sont terminés et le matériel stocké.

2020

21 JANVIER. A Buzin déclarait : « Face au coronavirus, notre système de santé est bien préparé, les établissements de santé ont été informés et des recommandations de prise en charge ont été délivrées. ». Premier « signal faible ». Pourquoi le ministre de la santé délivre-t-il ce message ?

24 JANVIER. Avec l’annonce des premiers cas en France, j’ai décidé de suivre au « jour le jour » la situation sanitaire mondiale.

28 JANVIER. Me disant que cela ne ferait pas de mal d’avoir un stock de masques plus conséquent, je décidai d’en acheter sur le net, les quelques pharmacies où je m’étais adressé n’en ayant aucun.

Je découvre qu’il est quasiment impossible d’en acheter en ligne et bien souvent avec des tarifs et des délais de livraison prohibitifs !

Ce constat me fit penser que la situation était encore plus préoccupante que prévu.    

Je trouve néanmoins via Amazon une boite de FFP1 à un prix raisonnable (22 E les 100) alors qu’en 2017, ils coûtaient 4 à 5 E pour la même quantité. Idem pour une boite de 20 FFP2. Les délais de livraison sont néanmoins de 3 à 4 semaines.

3 FÉVRIER. « L’O.M.S. diffuse le Plan stratégique de préparation et de riposte de la communauté internationale pour aider à protéger les États où les systèmes de santé sont fragiles. »

La situation n’évoluant pas dans le bon sens, j’ai décidé de passer à la phase « renforcement de la préparation matérielle » conformément à ce que j’avais élaboré dans ma ME.P.E.

Cela commença par une revue du matériel de protection.

Ensuite, il fut décidé avec mon épouse de consacrer une partie de notre « matelas » financier à augmenter notre réserve alimentaire en achetant 1 mois de stock supplémentaire, y compris le P.Q. et trois mois de croquettes pour le chien.

L’achat des produits de désinfection « périssables » pour la « zone de décontamination » fut aussi effectué à ce moment-là.

10 FÉVRIER. Plusieurs cas dans une station de ski française.

16 au 28 FÉVRIER 2020. La situation empire de jours en jours en Italie.

A ce moment-là, on se pose vraiment la question de savoir s’il s’agit d’une « grippe » plus virulente que les autres années ou si nous avons affaire à quelque chose de « pire » et particulièrement mortel comme Ebola, la variole ou la peste noire.

Je décide donc de me préparer au « pire » quitte à ensuite redescendre le niveau de protection. C’est toujours plus facile dans ce sens-là que d’avoir un train de retard.  

Je prépare la mise en place de la zone de décontamination à l’entrée de l’appartement (zone chaude / froide) telle que prévue y compris pour le chien.

J’en profite pour acheter une cuve souple de stockage d’eau de 250 L et des pastilles d’Aquatabs pour conserver l’eau. La cuve sera remplie dès les premiers signes de désorganisation sociétale sur notre région. Avec les 40 packs d’eau déjà en stock, cela me donne de la marge avant de devoir sortir le filtre Berkey.

2 MARS. Le Premier ministre indique que l’objectif du gouvernement est de « ralentir pour empêcher, ou au moins retarder, la libre circulation du virus sur le territoire qui marquerait l’arrivée dans la phase 3, c’est-à-dire l’épidémie proprement dite de coronavirus en France »

3 MARS. A Mulhouse le rassemblement évangéliste semble avoir été une « bombe » bactériologique. S NDIAYE déclare par ailleurs que « Si nous basculons dans le stade 3, à savoir une épidémie qui circule dans tout le territoire, on ne va pas arrêter la vie de la France. » J’en déduis que nous allons vers le confinement puisque notre gouvernement fait systématiquement exactement le contraire de ce qu’il annonce. Toute la question est désormais de savoir quand.

4 MARS. On en sait un peu plus sur le virus grâce au chiffres italiens, en particulier qu’il semble virulent et particulièrement mortel vis-à-vis des personnes âgées.

Les premiers cas d’hospitalisation venant d’être déclarés sur Montpellier, je décide de restreindre les déplacements de ma mère de 92 ans en ville. Elle n’ira avec moi que chez son coiffeur.

Je lui fais ses courses et réussi enfin à la convaincre d’augmenter ses réserves de nourriture sans lui dire que depuis le début, elle est incluse dans mes propres réserves.

C’est d’ailleurs assez paradoxal que quelqu’un qui a connu la guerre, ses restrictions, le marché noir et le système « D » s’imagine que rien ne peut plus arriver dans notre système que les infos lui présentent si performant à chaque journal.

Au boulot, je surprends tout le monde en annonçant que j’évite désormais bises et poignées de main.

Nous craquons un peu plus le « matelas » financier pour des achats en « drive » afin de porter le stock alimentaire de 5 à 6 mois. Il faut s’y reprendre à plusieurs fois car les rayons commencent à être vides. Nous sommes ainsi parés pour une crise longue avec un risque de désorganisation des chaînes d’approvisionnement voire d’un début d’effondrement sociétal. Et si les prix des denrées alimentaires augmentent, nous aurons fait des économies.       

8 MARS. Début du confinement en Italie du Nord. Je décide de confiner ma mère chez elle. Heureusement qu’elle habite juste un étage au-dessus. Je désinfecte pour la première fois nos deux paliers ainsi que l’escalier de service qui jouxte les deux apparts ainsi que l’ascenseur.

Mise en place de la zone de décontamination à l’entrée de l’appart. Même les pattes du chien seront désinfectées.

11 MARS. « Profondément préoccupée à la fois par les niveaux alarmants de propagation et de sévérité de la maladie, l’OMS estime que la COVID-19 peut être qualifiée de pandémie. ».

L’hypothèse d’un confinement est désormais plus que probable et devrait arriver sous peu.

Se pose alors la question de « l’évacuation », autre grand dogme survivaliste. Pour ma part je ne l’envisage qu’en cas d’effondrement sociétal ce qui, pour l’instant, n’est pas encore commencé même si les bagarres dans certains supermarchés sont un signal faible à prendre en compte. De plus, tant que la chaine logistique alimentaire fonctionne, même avec des tensions, nous ne sommes pas encore à « trois repas de l’anarchie généralisée ».   

12 MARS. Je fais quelques courses « pour le moral » des semaines à venir. Je suis un des seuls dans le supermarché à me déplacer avec masques et gants. On me regarde de travers. Pas mal de rayons vides. Ouf, il reste des bouteilles de Lagavulin !

14 MARS. Le Premier ministre annonce à compter du 14 mars à minuit et jusqu’à nouvel ordre, la fermeture de tous les lieux publics « non-indispensables ».

15 MARS. Personne de la famille ne va voter.

16 MARS. Annonce du confinement pour le 17… oups, c’est quand même court comme délai.

18 MARS. Premier jour de boulot dans l’E.R.P. où j’assure la sécurité incendie. Pas un véhicule même sur l’autoroute qui passe à côté et pas un avion dans le ciel. Le silence est sidérant. J’ai l’impression de me retrouver dans le deuxième film de G Romero (Le crépuscule des morts vivants de 1978) et je m’attends à voir les zombies venir heurter les portes de l’E.R.P.    

02 AVRIL. Deux ampoules claquent le même jour. Je découvre que, forcément, je n’en n’ai pas ces modèles en stock. Heureusement Amazon est mon ami. 

Comme quoi… le diable se cache bien dans les détails.

Nous entrons néanmoins dans ce confinement sans trop de stress puisque nous n’avons jamais été surpris par les événements et que notre montée en puissance matérielle s’est faite.

Et quelques semaines plus tard lorsque ma fille de 17 ans me dira au petit déjeuner : « Papa, tu es trop fort, tu avais tout prévu ! », j’avoue avoir eu la fierté d’être le « bon père de famille » ayant accompli sa mission de préservation de la famille.

Crise du COVID (2020) : Quels enseignements en tirer en tant que prepper / survivaliste ?

5 – Notre employabilité passée et à venir.

Avec le confinement est apparu des termes que l’on utilisait peu avant : télétravail, back-office, métiers « non essentiels », etc.

D’un côté, les métiers non fondés ou peu fondés sur la nécessité d’un contact physique avec un public pouvant être pratiqués en télétravail (cadres, ingénieurs de l’informatique, personnels d’études et de recherche, architectes, professionnels de la communication et de l’information, cadres des services administratifs, cadres de banques et des assurance comptables et financiers, cadres commerciaux, etc.).

À l’opposé, des activités qui ont permis à la France de continuer à vivre et à fonctionner que l’on désigne sous le terme de « back-office » (livreurs, agents d’entretien, agents de sécurité, aides à domiciles, vendeurs des commerces alimentaires, routiers, militaires, policiers, pompiers, professions médicales, paramédicales et social, etc.). Ces métiers, souvent très mal rémunérés, obligeant à un contact direct avec le « public » en sortant de chez soi ont été en première ligne du danger sanitaire.

Enfin, des métiers, considérés comme « non essentiels » par nos gouvernants et dont la survie économique n’existe ou n’existait déjà que grâce à divers subsides comme P-Emploi, les régimes spéciaux des artistes ou créés pour l’occasion.     

Il est alors intéressant de faire le constat de savoir :

  1. si, pour notre métier, le risque sanitaire était plus ou moins prégnant et quelles en ont été les répercussions psychologiques (retour au chapitre 1) ;
  2. si notre métier est passé en télétravail, est devenu non essentiel ou si au contraire nous étions l’une de ces petites mains payées au lance-pierre mais essentielles pour le bon fonctionnement de la société.

Concernant le risque sanitaire, je n’en parlerai pas plus puisque nous avons étudié le sujet dans les chapitres précédents.

Nous allons en revanche développer le deuxième point.

Charles SANNAT, analyste économique iconoclaste, a donné une définition simple de ce qu’un métier doit désormais être pour permettre de « survivre » dans un monde globalisé.

C’est un métier :

  • qui n’est pas délocalisable,
  • qui n’est pas robotisable,
  • qui n’est pas informatisable.

Et j’ajouterai : qui est échangeable (réparer la plomberie contre un poulet par exemple).

Vous allez me dire, d’accord très bien, Sannat et ses 3 critères mais là, il vient de supprimer presque tous les jobs existants…

Eh oui, et c’est bien de cela dont il faut prendre intimement conscience…

Et que dire de tous ces métiers basés sur des services à la personne qui sont effectivement « non essentiels » dans un contexte de récession économique comme « coach sportif ou en bien-être » sans oublier les métiers dit « artistiques » aux effectifs pléthoriques car disposant d’un régime de chômage très particulier et avantageux pour l’instant.    

En revanche, même avec le plombier slovaque débarquant en France, les métiers manuels resteront sur place car pour le moment, nous avons du mal à concevoir le robot plombier capable de ramper derrière une cuisine équipée pour réparer une fuite…

Il est donc intéressant de faire une analyse sans concession de son travail actuel, de se poser la question de son « employabilité » actuelle et de savoir si pour continuer à mettre du « beurre dans les haricots » il n’est pas opportun de faire une reconversion professionnelle alors que le chômage a largement augmenté ces derniers mois en attendant une nouvelle hausse lorsque la fin des aides spéciales Covid seront annoncées.

En conclusion.

L’année 2020 a donc été un laboratoire grandeur nature pour tester tout ce que nous avions mis en place, ou pas.

Un test n’étant vraiment intéressant que lorsque l’on en fait une analyse, voilà les domaines qu’il me semblait intéressant d’étudier.

Et vous, quels domaines ajouteriez-vous ?   

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