Crise du COVID (2020) : Quels enseignements en tirer en tant que prepper / survivaliste ?

de Sven
Publié le : DerniÚre mise à jour le

(Texte rédigé en janvier 2021 par un lecteur de NoPanic, ancien militaire)

DĂ©but d’un effondrement durable ou rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale, que l’on soit « preppers Â», prĂ©voyant ou ce que bon vous semble, cette annĂ©e 2020 mĂ©rite d’ĂȘtre Ă©tudiĂ©e sous l’angle de notre prĂ©paration Ă  un effondrement.

Cinq domaines mĂ©ritent de faire une analyse dĂ©taillĂ©e que j’ai listĂ©s du plus au moins important :

  1. notre capacitĂ© psychologique Ă  gĂ©rer une crise dans le temps long ;
  2. notre lecture des « signaux faibles Â» en amont de la crise ;
  3. notre validation du scĂ©nario « catastrophe Â» que nous avions envisagĂ© ; 
  4. notre prĂ©paration matĂ©rielle avant le premier confinement ; 
  5. notre employabilité passée et à venir.

1 – Notre capacitĂ© psychologique Ă  gĂ©rer une crise dans le temps long.

Être Ă©quipĂ© comme un « Defender Â» ou disposer de trois ans de rĂ©serves ne sert Ă  rien si l’on n’a pas « les forces morales Â» pour rĂ©sister dans la durĂ©e.  

Les différentes phases de cette crise ont été une succession de stress.

Stress de l’annonce d’une pandĂ©mie ; stress de l’annonce du confinement ; stress du confinement et du re-confinement en eux-mĂȘmes ; stress du virus et de sa dangerositĂ© initialement inconnue ; stress de devoir sortir faire des courses ; stress de ne pouvoir voir sa famille et de craindre pour leur santĂ© ; stress d’ĂȘtre au chĂŽmage ou de devoir continuer de travailler dans le flou de mesures sanitaires changeant rĂ©guliĂšrement ; etc., etc.

On pourrait continuer ainsi une liste presque sans fin des divers stress auxquels nous avons été soumis.

Que dire de notre capacitĂ© de rĂ©silience face Ă  tous ces stress ?      

  • Avons-nous dĂ©primĂ©, picolĂ©, Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement Ă©nervĂ©, passĂ© des heures Ă  jouer sur internet ou regardĂ© Youporn pour nous soustraire au silence sidĂ©ral et sidĂ©rant des rues ?
  • Avons-nous vĂ©cu le confinement seul, en couple, en famille ?
  • Dans un studio avec une lucarne ou un F5 en toit terrasse ; Ă  la ville ou la campagne ?
  • Comment nos proches, surtout ceux qui vivaient avec nous, ont-ils rĂ©agi ?
  • Nos enfants ont-ils profitĂ© des heures de sortie pour s’aĂ©rer ou sont-ils restĂ©s connectĂ©s depuis le fond de leur chambre ? 
  • Notre Ă©poux / Ă©pouse a-t-il / elle bien vĂ©cu notre prĂ©sence permanente ?
  • L’ensemble des membres vivants au domicile ont-ils exprimĂ© leur ressentis, leurs angoisses, etc. ?
  • Avons-nous Ă©tĂ© en premiĂšre ligne contre la maladie en tant que personnel soignant ou avons-nous subi l’épidĂ©mie comme la majoritĂ© de la population ?
  • Des membres de notre famille sont-ils dĂ©cĂ©dĂ©s ? Avons-nous pu ĂȘtre prĂ©sents lors de leurs derniers instants ? Avons-nous fait notre deuil ?

Cette « crise sanitaire Â» qui risque de revenir de maniĂšre rĂ©guliĂšre ou intermittente mĂ©rite Ă  mon sens de faire rĂ©guliĂšrement un point de situation car, mĂȘme si une certaine forme « d’habitude rĂ©signĂ©e » s’est mise en place, les dĂ©gĂąts psychologiques sont prĂ©sents, insidieux et peuvent au fil du temps devenir incapacitants.

Il est donc non seulement important de savoir oĂč nous en sommes mais aussi de mettre en place une stratĂ©gie de rĂ©silience dans le long terme voir de se faire aider sur le plan psychique si besoin afin de ne pas dĂ©passer un point de « non-retour Â».

2 – Notre lecture des « signaux faibles » en amont de la crise.

Savoir lire et interprĂ©ter les « signaux faibles Â» permet d’anticiper et ainsi d’éviter de se retrouver Ă©ventuellement dans une bousculade pour du papier toilette dans un supermarchĂ©. 

C’est dans le choix des sources d’information que l’on va pouvoir faire le tri entre ce qui est essentiel et ce qui relĂšve du « cirque mĂ©diatique Â».

Le problÚme étant que les menaces sont plus que nombreuses, difficiles de suivre plusieurs sites spécialisés de maniÚre différente sauf à avoir du temps à y consacré.

Difficile aussi de faire le tri entre les sites sĂ©rieux, les farfelus voir les « complotistes Â».   

L’on peut alors dĂ©cider de privilĂ©gier les sites d’informations qui correspondent le plus au scĂ©nario « catastrophe Â» que nous avons validĂ©.

Nous en reparlerons dans la troisiĂšme partie. 

On peut aussi, connaissant le fonctionnement idĂ©ologique de nos mamamouchis, ĂȘtre alertĂ© par la petite phrase d’un ministre au dĂ©tour d’une confĂ©rence de presse.

Ce fut le cas le 21 janvier avec le fameux « Le risque d’introduction en France est faible mais ne peut pas ĂȘtre exclu » prononcĂ© par le ministre de la santĂ© A. Buzyn.

Pour moi cette phrase fut le signal d’alarme qu’un truc grave Ă©tait en cours en Chine mais qu’il ne fallait pas affoler les populations.

J’ai alors intensifiĂ© mes recherches en commençant par le site de l’OMS et quand j’ai dĂ©couvert la taille de la ville concernĂ©e en Chine, je me suis dit que la pandĂ©mie sortant de Chine Ă©tait plus que probable.    

Trois jours aprĂšs, le 24 janvier avec l’annonce des premiers cas en France, je suis passĂ© Ă  la phase « renforcement de la prĂ©paration matĂ©rielle Â» conformĂ©ment Ă  ce que j’avais Ă©laborĂ© dans ma ME.P.E. (MEthode de PrĂ©paration Ă  l’Effondrement). M.E.P.E issue de la MEthode de Raisonnement Tactique militaire dont nous reparlerons dans un autre article.

Lors de l’annonce du confinement le 16 pour le lendemain 17 mars, j’avais donc toujours eu un temps d’avance qui m’évita, entre autre, le stress de devoir aller faire des courses dans des magasins aux rayons parfois vides et aux clients pouvant se battre pour un paquet de pĂątes et deux rouleaux de pq.

Je reviendrai sur le déroulé de cette montée en puissance dans la quatriÚme partie.

Quelques sites que je consulte réguliÚrement :

3 – Notre validation du scĂ©nario « catastrophe » que nous avions envisagĂ©.

Les scĂ©narios d’effondrement sont assez nombreux dans le milieu preppers et sont parfois plus que farfelus avec bien souvent des risques de rĂ©alisation plus que minimes.

Pour ceux qui ont regardĂ© « famille apocalypse Â» sur Netflix, on ne peut qu’ĂȘtre dubitatif devant les prĂ©occupations pour ne pas dire les lubies de certains comme l’inversion des pĂŽles magnĂ©tiques.  

Comme l’écrit R Chaperon dans son livre sur la rĂ©silience individuelle : « Les survivalistes se trompent. Non pas dans leur dĂ©marche, mais dans leur mĂ©thodologie et leur quantification des risques. Il ne sert Ă  rien de se prĂ©parer Ă  un risque qui n’existe pas. Mais dans le monde rĂ©el, il existe un trĂšs grand nombre de risques majeurs qui peuvent vous nuire et contre lesquels vous n’ĂȘtes pas prĂ©parĂ©s. Les zombies cannibales n’existent pas, ce qui peut vous nuire est beaucoup plus simple. Â»

D’autres preppers se focalisent sur un risque rĂ©el (une pandĂ©mie par exemple) et consacrent 100% de leur prĂ©paration en oubliant tout le reste.

Hors en cas de pandĂ©mie, le risque n’est pas uniquement le virus en lui-mĂȘme mais l’ensemble des dysfonctionnements sociĂ©taux qui vont en dĂ©couler Ă  plus ou moins long terme.  

Entre inversion des pĂŽles, « Ragnarok Â» nuclĂ©aire, impulsion Ă©lectromagnĂ©tique solaire, mĂ©tĂ©orite, pandĂ©mie, communautarisme, crise Ă©conomique, etc., les scĂ©narios ne manquent pas et comme l’on ne peut pas se prĂ©parer Ă  tout, il faut rĂ©flĂ©chir au scĂ©nario le plus probable compte-tenu de la situation « rĂ©elle Â» internationale et surtout nationale et locale.

Dans l’élaboration de ma ME.P.E, j’avais Ă©cartĂ© d’emblĂ©e les scĂ©narios de type « Armageddon Â» comme l’inversion des pĂŽles ou l’impulsion solaire et autres mĂ©tĂ©orites qui ont une trĂšs faible possibilitĂ© de se rĂ©aliser et qui relĂšvent plus du fantasme millĂ©nariste que d’une Ă©tude sĂ©rieuse des Ă©vĂ©nements en cours. De plus, avec ce genre de scĂ©nario apocalyptique, les risques de survie sont quasi nuls rendant toute prĂ©paration un peu utopique.

En revanche, la montĂ©e des communautarismes, particuliĂšrement en France, est une donnĂ©e incontournable si l’on habite dans ce pays qui, s’il n’est pas le facteur principal d’un effondrement, sera Ă  minima une donnĂ©e aggravante.

Bien que la France dispose d’un parc non nĂ©gligeable de rĂ©acteurs nuclĂ©aires, je ne les avais pas inclus dans ce scĂ©nario pour deux raisons :

  • lĂ  oĂč j’habite, le risque Ă  gĂ©rer sera les retombĂ©es. Ce qui reste thĂ©oriquement gĂ©rable

  • en cas d’explosion de plusieurs centrales, cela risque de ressembler fort Ă  « l’Apocalypse Â», on fera donc « comme l’on peut Â» ce qui risque de ressembler Ă  « pas grand-chose Â».

Le scĂ©nario que j’avais retenu en 2015 et modifiĂ© en 2017 (modification portant sur le risque biologique) Ă©tait donc le suivant :

« Dans un monde Ă  l’activitĂ© Ă©conomique en baisse constante, la France continue Ă  ĂȘtre financiĂšrement dans une situation de plus en plus prĂ©caire, les classes moyennes se paupĂ©risant. Cette prĂ©caritĂ©, renforcĂ©e par des flux migratoires de plus en plus incontrĂŽlĂ©s apportant leur lot de maladies que l’on croyait Ă©radiquĂ©es voit une augmentation constante de la dĂ©linquance sur fond de tensions intercommunautaires, alors que l’État cherche Ă  museler toutes opinions contestataires par des lois de plus en plus liberticides. NĂ©anmoins la France ne bascule pas dans le « chaos Â» et prĂ©sente une forme de rĂ©silience rĂ©signĂ©e entre allocations, dĂ©linquance et partition du territoire. Â»

Si le risque biologique c’est Ă  dire « pandĂ©mie Â» n’était pas Ă©crit comme tel, le « lot de maladies que l’on croyait Ă©radiquĂ©es Â» en est assez proche.

Si ma prĂ©paration est restĂ©e Ă©quilibrĂ©e dans tous les domaines, un effort sur le risque sanitaire fut fait en 2017 couplĂ© Ă  l’analyse de la rĂ©action en chaine possible dans les autres domaines et autres boucles de rĂ©troaction. Cette prĂ©paration incluant aussi la mise en place d’un protocole et d’une zone de dĂ©contamination Ă  l’entrĂ©e de l’appartement.

4 – Notre prĂ©paration matĂ©rielle avant le premier confinement.

Il apparait utile de répondre à plusieurs questions.

De maniÚre générale.

  • Mes stocks alimentaires Ă©taient-ils Ă  un niveau suffisant pour tenir 1 Ă  3 mois de confinement sans ĂȘtre obligĂ© de devoir sortir ? 3 mois Ă©tant la durĂ©e thĂ©orique de l’extinction d’une pandĂ©mie Ă  fort taux de mortalitĂ© faute de combattants.
  • Ai-je eu le temps de les complĂ©ter avant la ruĂ©e dans les magasins ? (Lecture des signaux faibles).

On peut se poser la question pour le reste des matĂ©riels utiles (les piles, les ampoules de lampe, du matĂ©riel de petit bricolage, etc.) sachant que notre porte-monnaie n’étant pas extensible, il fallait faire des prioritĂ©s.

Sur le plan de la menace N.R.B.C. (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique).

  • Le matĂ©riel achetĂ© Ă©tait-il en adĂ©quation avec la menace ?
  • Ai-je eu le temps de complĂ©ter ce qu’il me manquait avant le dĂ©but du confinement ? (lecture des signaux faibles).

Je vais maintenant faire le dĂ©roulĂ© de ma montĂ©e en puissance Ă  titre d’exemple.

Remontons en arriĂšre.

2014, décembre.

DĂ©couverte du livre de P S Giorgio « survivre Ă  un effondrement Ă©conomique Â».

Le livre me parle et confirme les impressions diffuses que j’avais sur la fragilitĂ© de notre systĂšme mondial.

2015, début de la préparation.

AprĂšs lecture et analyse du livre de P S Giorgio, tout en rĂ©digeant et affinant ma ME.P.E., j’ai commencĂ© par trois actions :

  • inventaire du matĂ©riel existant,
  • constitution d’une rĂ©serve alimentaire dont de l’eau pour quatre personnes pour un mois,
  • recherche d’une possibilitĂ© de « pied Ă  terre Â» campagnard pouvant servir de refuge en cas de besoin.

Le risque N.R.B.C. avait bien Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© dans la ME.P.E. mais au vu de ma localisation et de mes moyens financiers, ce n’était pas une prioritĂ© Ă  l’époque.

L’annĂ©e 2015 fut aussi une annĂ©e de lecture (le petit manuel de collapsologie de P Servigne entre autres) et de recherche sur internet afin d’avoir le maximum d’avis diffĂ©rents dont les remarquables cours de l’école des mines sur les Ă©nergies par J-M Jancovici.

2016, lecture du livre N.R.B.C de P S Giorgio.

Cette lecture m’a fait rĂ©flĂ©chir de nouveau Ă  ces divers risques et en particulier celui de la pandĂ©mie virale.

J’ai aussi comparĂ© ce livre au manuel de l’armĂ©e française sur la dĂ©fense N.B.C. (TTA 150 titreXII) pour voir les points de convergence ou divergence entre eux et comment ils pouvaient se complĂ©ter. 

La prĂ©paration avançait bien, Ă©tait Ă©quilibrĂ©e et une Ă©volution pĂ©cuniaire sur le plan professionnel me permettait d’envisager d’investir financiĂšrement dans du matĂ©riel spĂ©cifique Ă  ces menaces dans les un Ă  deux ans Ă  venir.

J’ai alors Ă©tudiĂ© ces menaces selon leur classement : N.R (nuclĂ©aire – radiologique) / B (biologique) / C (chimique) en fonction de ma localisation gĂ©ographique.

J’ai ensuite dĂ©fini quels Ă©taient les matĂ©riels transverses Ă  ces trois domaines et quels Ă©taient ceux qui Ă©taient spĂ©cifiques Ă  chaque domaine.

J’ai par ailleurs dĂ©fini des « niveaux Â» de protection par rapport aux menaces et les ai mis en corrĂ©lation avec les matĂ©riels Ă  dĂ©tenir.

2016 fut aussi le dĂ©but de la constitution d’un « matelas Â» financier afin de parer Ă  un risque imprĂ©vu ou de renforcer sans dĂ©lai la montĂ©e en puissance d’un domaine en fonction de la menace du moment.

2017 / 2018, achat du matériel.

J’ai constituĂ© cinq lots :

  1. un lot pour confiner l’appartement (nuage toxique, retombĂ©es diverse) ;
  2. un lot pour une pandĂ©mie virulente mais n’ayant pas un fort taux de mortalitĂ© (type H1N1). De ce lot fut extrait un kit par voiture ainsi qu’un kit « boulot Â» permettant une protection immĂ©diate, minimale mais de bon niveau (FFP2 / G-Nitril / G-Cuir / Lunettes couvrantes / Gel antibactĂ©rien) ;
  3. un lot pour une pandĂ©mie ayant un fort taux de mortalitĂ© basĂ© sur les standards de protection pour le personnel soignant d’Ebola ;
  4. un lot de matĂ©riels et de produits pour la dĂ©sinfection dans la « zone de dĂ©contamination » ;
  5. un lot spĂ©cifique pour des retombĂ©es nuclĂ©aires et nuages toxiques Ă  base de matĂ©riels de protection individuelle industrielle en vente libre.  

Cette prĂ©paration matĂ©rielle fut complĂ©tĂ©e par le tĂ©lĂ©chargement du protocole d’habillage – dĂ©shabillage en zone de dĂ©contamination du personnel soignant pour les virus type Ebola.  

2018, fin d’annĂ©e, les achats sont terminĂ©s et le matĂ©riel stockĂ©.

2020

21 JANVIER. A Buzin dĂ©clarait : « Face au coronavirus, notre systĂšme de santĂ© est bien prĂ©parĂ©, les Ă©tablissements de santĂ© ont Ă©tĂ© informĂ©s et des recommandations de prise en charge ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©es. ». Premier « signal faible Â». Pourquoi le ministre de la santĂ© dĂ©livre-t-il ce message ?

24 JANVIER. Avec l’annonce des premiers cas en France, j’ai dĂ©cidĂ© de suivre au « jour le jour Â» la situation sanitaire mondiale.

28 JANVIER. Me disant que cela ne ferait pas de mal d’avoir un stock de masques plus consĂ©quent, je dĂ©cidai d’en acheter sur le net, les quelques pharmacies oĂč je m’étais adressĂ© n’en ayant aucun.

Je dĂ©couvre qu’il est quasiment impossible d’en acheter en ligne et bien souvent avec des tarifs et des dĂ©lais de livraison prohibitifs !

Ce constat me fit penser que la situation Ă©tait encore plus prĂ©occupante que prĂ©vu.    

Je trouve nĂ©anmoins via Amazon une boite de FFP1 Ă  un prix raisonnable (22 E les 100) alors qu’en 2017, ils coĂ»taient 4 Ă  5 E pour la mĂȘme quantitĂ©. Idem pour une boite de 20 FFP2. Les dĂ©lais de livraison sont nĂ©anmoins de 3 Ă  4 semaines.

3 FÉVRIER. « L’O.M.S. diffuse le Plan stratĂ©gique de prĂ©paration et de riposte de la communautĂ© internationale pour aider Ă  protĂ©ger les États oĂč les systĂšmes de santĂ© sont fragiles. Â»

La situation n’évoluant pas dans le bon sens, j’ai dĂ©cidĂ© de passer Ă  la phase « renforcement de la prĂ©paration matĂ©rielle Â» conformĂ©ment Ă  ce que j’avais Ă©laborĂ© dans ma ME.P.E.

Cela commença par une revue du matériel de protection.

Ensuite, il fut dĂ©cidĂ© avec mon Ă©pouse de consacrer une partie de notre « matelas Â» financier Ă  augmenter notre rĂ©serve alimentaire en achetant 1 mois de stock supplĂ©mentaire, y compris le P.Q. et trois mois de croquettes pour le chien.

L’achat des produits de dĂ©sinfection « pĂ©rissables Â» pour la « zone de dĂ©contamination » fut aussi effectuĂ© Ă  ce moment-lĂ .

10 FÉVRIER. Plusieurs cas dans une station de ski française.

16 au 28 FÉVRIER 2020. La situation empire de jours en jours en Italie.

A ce moment-lĂ , on se pose vraiment la question de savoir s’il s’agit d’une « grippe Â» plus virulente que les autres annĂ©es ou si nous avons affaire Ă  quelque chose de « pire Â» et particuliĂšrement mortel comme Ebola, la variole ou la peste noire.

Je dĂ©cide donc de me prĂ©parer au « pire Â» quitte Ă  ensuite redescendre le niveau de protection. C’est toujours plus facile dans ce sens-lĂ  que d’avoir un train de retard.  

Je prĂ©pare la mise en place de la zone de dĂ©contamination Ă  l’entrĂ©e de l’appartement (zone chaude / froide) telle que prĂ©vue y compris pour le chien.

J’en profite pour acheter une cuve souple de stockage d’eau de 250 L et des pastilles d’Aquatabs pour conserver l’eau. La cuve sera remplie dĂšs les premiers signes de dĂ©sorganisation sociĂ©tale sur notre rĂ©gion. Avec les 40 packs d’eau dĂ©jĂ  en stock, cela me donne de la marge avant de devoir sortir le filtre Berkey.

2 MARS. Le Premier ministre indique que l’objectif du gouvernement est de « ralentir pour empĂȘcher, ou au moins retarder, la libre circulation du virus sur le territoire qui marquerait l’arrivĂ©e dans la phase 3, c’est-Ă -dire l’Ă©pidĂ©mie proprement dite de coronavirus en France Â»

3 MARS. A Mulhouse le rassemblement Ă©vangĂ©liste semble avoir Ă©tĂ© une « bombe Â» bactĂ©riologique. S NDIAYE dĂ©clare par ailleurs que « Si nous basculons dans le stade 3, Ă  savoir une Ă©pidĂ©mie qui circule dans tout le territoire, on ne va pas arrĂȘter la vie de la France. Â» J’en dĂ©duis que nous allons vers le confinement puisque notre gouvernement fait systĂ©matiquement exactement le contraire de ce qu’il annonce. Toute la question est dĂ©sormais de savoir quand.

4 MARS. On en sait un peu plus sur le virus grĂące au chiffres italiens, en particulier qu’il semble virulent et particuliĂšrement mortel vis-Ă -vis des personnes ĂągĂ©es.

Les premiers cas d’hospitalisation venant d’ĂȘtre dĂ©clarĂ©s sur Montpellier, je dĂ©cide de restreindre les dĂ©placements de ma mĂšre de 92 ans en ville. Elle n’ira avec moi que chez son coiffeur.

Je lui fais ses courses et rĂ©ussi enfin Ă  la convaincre d’augmenter ses rĂ©serves de nourriture sans lui dire que depuis le dĂ©but, elle est incluse dans mes propres rĂ©serves.

C’est d’ailleurs assez paradoxal que quelqu’un qui a connu la guerre, ses restrictions, le marchĂ© noir et le systĂšme « D Â» s’imagine que rien ne peut plus arriver dans notre systĂšme que les infos lui prĂ©sentent si performant Ă  chaque journal.

Au boulot, je surprends tout le monde en annonçant que j’évite dĂ©sormais bises et poignĂ©es de main.

Nous craquons un peu plus le « matelas Â» financier pour des achats en « drive Â» afin de porter le stock alimentaire de 5 Ă  6 mois. Il faut s’y reprendre Ă  plusieurs fois car les rayons commencent Ă  ĂȘtre vides. Nous sommes ainsi parĂ©s pour une crise longue avec un risque de dĂ©sorganisation des chaĂźnes d’approvisionnement voire d’un dĂ©but d’effondrement sociĂ©tal. Et si les prix des denrĂ©es alimentaires augmentent, nous aurons fait des Ă©conomies.       

8 MARS. DĂ©but du confinement en Italie du Nord. Je dĂ©cide de confiner ma mĂšre chez elle. Heureusement qu’elle habite juste un Ă©tage au-dessus. Je dĂ©sinfecte pour la premiĂšre fois nos deux paliers ainsi que l’escalier de service qui jouxte les deux apparts ainsi que l’ascenseur.

Mise en place de la zone de dĂ©contamination Ă  l’entrĂ©e de l’appart. MĂȘme les pattes du chien seront dĂ©sinfectĂ©es.

11 MARS. « ProfondĂ©ment prĂ©occupĂ©e Ă  la fois par les niveaux alarmants de propagation et de sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie, l’OMS estime que la COVID-19 peut ĂȘtre qualifiĂ©e de pandĂ©mie. Â».

L’hypothĂšse d’un confinement est dĂ©sormais plus que probable et devrait arriver sous peu.

Se pose alors la question de « l’évacuation », autre grand dogme survivaliste. Pour ma part je ne l’envisage qu’en cas d’effondrement sociĂ©tal ce qui, pour l’instant, n’est pas encore commencĂ© mĂȘme si les bagarres dans certains supermarchĂ©s sont un signal faible Ă  prendre en compte. De plus, tant que la chaine logistique alimentaire fonctionne, mĂȘme avec des tensions, nous ne sommes pas encore Ă  « trois repas de l’anarchie gĂ©nĂ©ralisĂ©e ».   

12 MARS. Je fais quelques courses « pour le moral Â» des semaines Ă  venir. Je suis un des seuls dans le supermarchĂ© Ă  me dĂ©placer avec masques et gants. On me regarde de travers. Pas mal de rayons vides. Ouf, il reste des bouteilles de Lagavulin !

14 MARS. Le Premier ministre annonce Ă  compter du 14 mars Ă  minuit et jusqu’Ă  nouvel ordre, la fermeture de tous les lieux publics « non-indispensables ».

15 MARS. Personne de la famille ne va voter.

16 MARS. Annonce du confinement pour le 17
 oups, c’est quand mĂȘme court comme dĂ©lai.

18 MARS. Premier jour de boulot dans l’E.R.P. oĂč j’assure la sĂ©curitĂ© incendie. Pas un vĂ©hicule mĂȘme sur l’autoroute qui passe Ă  cĂŽtĂ© et pas un avion dans le ciel. Le silence est sidĂ©rant. J’ai l’impression de me retrouver dans le deuxiĂšme film de G Romero (Le crĂ©puscule des morts vivants de 1978) et je m’attends Ă  voir les zombies venir heurter les portes de l’E.R.P.    

02 AVRIL. Deux ampoules claquent le mĂȘme jour. Je dĂ©couvre que, forcĂ©ment, je n’en n’ai pas ces modĂšles en stock. Heureusement Amazon est mon ami. 

Comme quoi
 le diable se cache bien dans les détails.

Nous entrons nĂ©anmoins dans ce confinement sans trop de stress puisque nous n’avons jamais Ă©tĂ© surpris par les Ă©vĂ©nements et que notre montĂ©e en puissance matĂ©rielle s’est faite.

Et quelques semaines plus tard lorsque ma fille de 17 ans me dira au petit dĂ©jeuner : « Papa, tu es trop fort, tu avais tout prĂ©vu ! », j’avoue avoir eu la fiertĂ© d’ĂȘtre le « bon pĂšre de famille » ayant accompli sa mission de prĂ©servation de la famille.

5 – Notre employabilitĂ© passĂ©e et Ă  venir.

Avec le confinement est apparu des termes que l’on utilisait peu avant : tĂ©lĂ©travail, back-office, mĂ©tiers « non essentiels Â», etc.

D’un cĂŽtĂ©, les mĂ©tiers non fondĂ©s ou peu fondĂ©s sur la nĂ©cessitĂ© d’un contact physique avec un public pouvant ĂȘtre pratiquĂ©s en tĂ©lĂ©travail (cadres, ingĂ©nieurs de l’informatique, personnels d’études et de recherche, architectes, professionnels de la communication et de l’information, cadres des services administratifs, cadres de banques et des assurance comptables et financiers, cadres commerciaux, etc.).

À l’opposĂ©, des activitĂ©s qui ont permis Ă  la France de continuer Ă  vivre et Ă  fonctionner que l’on dĂ©signe sous le terme de « back-office Â» (livreurs, agents d’entretien, agents de sĂ©curitĂ©, aides Ă  domiciles, vendeurs des commerces alimentaires, routiers, militaires, policiers, pompiers, professions mĂ©dicales, paramĂ©dicales et social, etc.). Ces mĂ©tiers, souvent trĂšs mal rĂ©munĂ©rĂ©s, obligeant Ă  un contact direct avec le « public Â» en sortant de chez soi ont Ă©tĂ© en premiĂšre ligne du danger sanitaire.

Enfin, des mĂ©tiers, considĂ©rĂ©s comme « non essentiels Â» par nos gouvernants et dont la survie Ă©conomique n’existe ou n’existait dĂ©jĂ  que grĂące Ă  divers subsides comme P-Emploi, les rĂ©gimes spĂ©ciaux des artistes ou créés pour l’occasion.     

Il est alors intĂ©ressant de faire le constat de savoir :

  1. si, pour notre mĂ©tier, le risque sanitaire Ă©tait plus ou moins prĂ©gnant et quelles en ont Ă©tĂ© les rĂ©percussions psychologiques (retour au chapitre 1) ;
  2. si notre mĂ©tier est passĂ© en tĂ©lĂ©travail, est devenu non essentiel ou si au contraire nous Ă©tions l’une de ces petites mains payĂ©es au lance-pierre mais essentielles pour le bon fonctionnement de la sociĂ©tĂ©.

Concernant le risque sanitaire, je n’en parlerai pas plus puisque nous avons Ă©tudiĂ© le sujet dans les chapitres prĂ©cĂ©dents.

Nous allons en revanche développer le deuxiÚme point.

Charles SANNAT, analyste Ă©conomique iconoclaste, a donnĂ© une dĂ©finition simple de ce qu’un mĂ©tier doit dĂ©sormais ĂȘtre pour permettre de « survivre Â» dans un monde globalisĂ©.

C’est un mĂ©tier :

  • qui n’est pas dĂ©localisable,
  • qui n’est pas robotisable,
  • qui n’est pas informatisable.

Et j’ajouterai : qui est Ă©changeable (rĂ©parer la plomberie contre un poulet par exemple).

Vous allez me dire, d’accord trùs bien, Sannat et ses 3 critùres mais là, il vient de supprimer presque tous les jobs existants


Eh oui, et c’est bien de cela dont il faut prendre intimement conscience


Et que dire de tous ces mĂ©tiers basĂ©s sur des services Ă  la personne qui sont effectivement « non essentiels Â» dans un contexte de rĂ©cession Ă©conomique comme « coach sportif ou en bien-ĂȘtre » sans oublier les mĂ©tiers dit « artistiques Â» aux effectifs plĂ©thoriques car disposant d’un rĂ©gime de chĂŽmage trĂšs particulier et avantageux pour l’instant.    

En revanche, mĂȘme avec le plombier slovaque dĂ©barquant en France, les mĂ©tiers manuels resteront sur place car pour le moment, nous avons du mal Ă  concevoir le robot plombier capable de ramper derriĂšre une cuisine Ă©quipĂ©e pour rĂ©parer une fuite


Il est donc intĂ©ressant de faire une analyse sans concession de son travail actuel, de se poser la question de son « employabilitĂ© Â» actuelle et de savoir si pour continuer Ă  mettre du « beurre dans les haricots Â» il n’est pas opportun de faire une reconversion professionnelle alors que le chĂŽmage a largement augmentĂ© ces derniers mois en attendant une nouvelle hausse lorsque la fin des aides spĂ©ciales Covid seront annoncĂ©es.

En conclusion.

L’annĂ©e 2020 a donc Ă©tĂ© un laboratoire grandeur nature pour tester tout ce que nous avions mis en place, ou pas.

Un test n’étant vraiment intĂ©ressant que lorsque l’on en fait une analyse, voilĂ  les domaines qu’il me semblait intĂ©ressant d’étudier.

Et vous, quels domaines ajouteriez-vous ?   

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