Un prepper est une personne qui se prĂ©pare afin d’ĂȘtre prĂȘt Ă faire face Ă toute Ă©ventualitĂ© future.
Qu’il s’agisse d’une inondation, d’une pandĂ©mie, d’une tempĂȘte ou d’une crise Ă©conomique, il y a toujours des choses qui peuvent arriver sans que vous ne vous y attendiez.
C’est pourquoi ĂȘtre bien prĂ©parĂ©, d’un point de vue connaissance et Ă©quipements, est essentiel pour le prepper.
En d’autres termes, le prepper est quelqu’un qui se prĂ©pare, qui anticipe, pour lui et ses proches.
On peut d’ailleurs traduire le terme anglais « prepper » par « se prĂ©parer ».
Se prĂ©parer… pourquoi ?
Il y a autant de raisons de se prĂ©parer qu’il y a de prepper.
Elles diffÚrent en fonction de leurs sensibilités, de leurs expériences passées, de leurs lieux de vie, de leurs situations familiales, etc.
On distingue cependant plusieurs « gradation » dans les risques :
- La rupture temporaire de la normalité : cela dure de quelques heures à quelques jours.
- La rupture totale de normalitĂ© : le grand soir, le jour oĂč tout bascule pour plusieurs mois, annĂ©es, voire pour de bon.
- La dĂ©gradation progressive de son environnement (social, Ă©conomique, Ă©cologique) : une dĂ©croissance, plus ou moins lente, Ă la URSS ou Ă l’Argentine…
En d’autres termes, il n’y a pas aujourd’hui de rĂ©ponse unique au type de risque et Ă leur durĂ©e.
Voici, par exemple, le témoignage de Gaëtan Aubriere, un lecteur de Nopanic qui nous a partagé en 2015 son expérience et son ressenti sur une rupture temporaire de sa normalité :
Bonsoir Ă tous,
Je me permet de poster ici le cas dâune situation dans laquelle je me trouve actuellement. Jâhabite lâile dâOlĂ©ron (17). Pour ceux qui ne seraient pas au courant, actuellement le seul et unique pont reliant le continent Ă lâile est bloquĂ© par des agriculteurs qui filtrent les entrĂ©es et sorties empĂȘchant tous poids lourds quels quâils soient de passer.
Au dĂ©but, personne ne sâinquiĂ©tait mais au bout de deux jours, :plus de gasoil ni dâessence et les produits frais commencent Ă manquer dans les grandes surfaces.
Je pense que ce cas entre dans ce quâon appelle dans le jargon, une « rupture de la normalitĂ© ».
Jâai 21 ans et ça fait quelques temps dĂ©jĂ que je mâintĂ©resse aux preppers et tout ce qui sây rapporte. Jâen ai parlĂ© autour de moi, tout le monde me prend pour un fou⊠mais maintenant je suis presque content que ça ce passe ainsi mĂȘme si on risque dâĂȘtre dans la M***** si cette situation perdureâŠ
Le problĂšme câest que jâhabite encore chez mes parents et que nous ne sommes pas « prĂ©parĂ©s » Ă proprement parler⊠jâentretiens un potager et mon pĂšre Ă©lĂšve des poules et des canards et en possĂšde un stocks au congĂ©lateur.
Je pense Ă tout les vacanciers actuellement dans lâile qui sont Ă la recherche de la moindre goute dâessence qui pourrait leur servir Ă regagner une issue qui est de toute façon bouchĂ©e. Ou encore Ă ceux qui samedi vont devoir rendre leur location ou leurs chambre dâhĂŽtel sans pouvoir partir car plus dâessenceâŠ
Bref, je pense que je prĂȘche des convaincus sur cette page, mais je me rend compte du rĂŽle important dâune prĂ©paration soignĂ©e Ă ce genre de situation et quâil ne faut pas juste « attendre et subir » en se disant que « ça va bien finir par sâarranger »âŠ
Nâoubliez pas la prĂ©paration mentale : se rendre compte dâune « rupture » ou dâune pĂ©nurie qui semble inĂ©vitablement approcher Ă grand pas provoque un stress et une fatigue nerveuse importante Ă ne pas nĂ©gliger⊠(jâai pu le constater dans mon entourage).
Je remercie NoPanic que je lis avec attention et qui me permet dâapprĂ©hender les jours prochains plus sereinement.

Quelle différence y-a-t-il avec le « survivalisme » ?
Selon moi, la diffĂ©rence principale entre le prepper et le survivaliste est la perception qu’on en a.
Par « on », je désigne le citoyen lambda mais également les politiques, les médias et la société en général.
Le survivalisme, ces derniĂšres annĂ©es, a trĂšs fortement Ă©tĂ© mis en avant dans des reportages sulfureux (voire douteux) prĂ©sentant des redneck amĂ©ricains, ultra-individualistes, extrĂ©mistes, armĂ©s jusqu’aux dents, terrĂ©s dans leurs bunkers et qui attendent le grand soir oĂč le monde basculera dans une apocalypse zombie.
Un poil stéréotypique, non ?
Ăvidemment, cela ne reprĂ©sente et n’a jamais reprĂ©sentĂ© les survivalistes dans leur globalitĂ©, qui offrent en rĂ©alitĂ© un panel extrĂȘmement vaste de sensibilitĂ©s, de la prĂ©paration et de la survie en gĂ©nĂ©ral.
Un Ă©covillage autonome, composĂ© de familles pacifistes et ayant dĂ©cidĂ© d’appliquer la communication non violente lors de leurs assemblĂ©es dĂ©mocratiques, est intrinsĂšquement survivaliste.
Un pĂšre de famille qui a dĂ©cidĂ© de stocker de l’Ă©quipement et des vivres pour six mois, afin d’assurer le confort de sa famille en cas de rupture de la normalitĂ©, est Ă©galement fondamentalement survivaliste.
Sauf que, du fait de la représentation caricaturale, principalement des médias et des détracteurs, des « survivalistes », ils ne souhaitent pas / plus se définir comme tel.
C’est le cas ici en France, mais c’est Ă©galement le cas aux USA.
C’est ainsi qu’est nĂ© lĂ bas le « nĂ©o-survivalisme », avec le mouvement « prepping » ou « prepper ».
Gerald Celente, futurologue et auteur américain explique la différence entre prepper et survivaliste :
Dans les annĂ©es 70, la seule chose que l’on voyait Ă©tait un seul Ă©lĂ©ment du survivalisme : la caricature, le gars avec son AK-47, se dirigeant vers les collines avec assez de munitions, de porc et de haricots pour traverser la tempĂȘte.
Le Neosurvivalisme est trÚs différent de ça.
On observe des citoyens ordinaires, prenant des initiatives futées, se diriger dans un sens intelligent afin de se préparer au pire.
Il s’agit donc d’un survivalisme de toutes les façons possibles : cultiver soi-mĂȘme, ĂȘtre auto-suffisant, faire autant que possible pour se dĂ©brouiller aussi bien que possible par soi-mĂȘme. Et cela peut se faire dans des zones urbaines, semi-urbaines ou Ă la campagne.
Cela veut dire Ă©galement : devenir de plus en plus solidement engagĂ© avec ses voisins, son quartier. Travailler ensemble et comprendre que nous sommes tous dans le mĂȘme bain.
Le meilleur moyen d’avancer c’est en s’aidant mutuellement.
Certains survivalistes rĂ©futent le terme de prepper ou de collapsologue (nouvelle variante, avec une vision qui se veut plus « scientifique » de l’effondrement).
Quelles sont les valeurs mises en avant par les preppers ?
Comme on vient de le voir, un prepper est avant tout quelqu’un qui ne souhaite pas ĂȘtre dĂ©pendant d’un systĂšme qu’il sait faillible.
Voici d’ailleurs une citation de Vol West, survivaliste / prepper Français vivant aux Ătats-Unis :
Quand je stocke six mois de nourriture comme le faisaient nos ancĂȘtres, ce n’est pas dans l’anticipation de la fin du monde, mais bien dans une intention d’indĂ©pendance face Ă un systĂšme juste-Ă -temps.
Certains se prĂ©parent uniquement pour des situations de crises passagĂšres (attentat, inondation, tempĂȘte, pĂ©nurie…), d’autres pour des situations durables (dĂ©croissance, crise Ă©conomique, crise climatique…), et d’autres encore se prĂ©parent pour ces deux Ă©ventualitĂ©s.
En d’autres termes, un prepper est quelqu’un qui anticipe l’avenir et qui s’y prĂ©pare… or, une chose est certaine : nous avons chacun, individuellement, une vision diffĂ©rente de l’avenir.
Du fait, bien entendu, de notre prisme de lecture du monde actuel et de sa dynamique historique ; mais aussi de son ùge, de son sexe, de sa santé, de son lieu de vie, de ses sensibilités, de ses connaissances, etc.
Autrement dit : il existe autant de prepper (et de vision associĂ©e) qu’il y a d’individus.
Pour autant, on retrouve des idées communes :
- L’autonomie : alimentaire, Ă©nergĂ©tique, financiĂšre, etc.
- La préparation matérielle : stocks, low tech, BAD, EDC, etc.
- La connaissance et les savoir-faire : potager, forge, pĂȘche, menuiserie, etc.
… et vous, c’est quoi votre dĂ©finition du prepper ?




