Parano!

Se préparer seul, ensemble, dans le secret?

Suite à une remarque de Julien de La famille Vadrouille, j’entame une réflexion à voix haute (enfin par écrit) sur les conditions de préparations.

Echele de progression Échelle de progression sur le NPlabo

En avançant sur mon échelle du Labo (labo.nopanic.fr ) je découvre « Je participe, commente, je me créé un réseau », pourrait-on avoir un article sur les différences entre la préparation en collectif (genre avec les voisins), en concertation (avec l’aide de membres de forums, grâce à nopanic etc…) ou purement individualiste voire en secret ? Merci.

Question intéressante que je ne m’étais jamais posée… Pour situer mon point de vue, voici mon état d’esprit actuel: je suis un grand solitaire. Je travail seul, je ne fais pas partie de groupe de potes ou truc dans le genre. Être solitaire ne veut pas dire ne pas partager. Lorsque je fais Nopanic avec Tom c’est à 100% pour le partage. C’est aussi un prétexte pour me lancer dans des recherches et des projets.

L’idéal

L’idéal quand on se lance dans l’aventure prepper serait à mon avis de suivre ce schéma très simple:

1- Préparation intellectuelle personnelle

Il faut comprendre ici le cheminement intellectuel et la structuration de la pensée autour du projet à mettre en œuvre. Se poser des question, être curieux, découvrir…

2- Partager, participer, échanger

Sans rentrer sur des action concrètes, cette étape vous implique dans un partage oral ou écrit. Vous n'êtes plus simplement spectateur mais acteur de votre projet. Cette étape concerne la sphère des inconnus ou des déjà initiés. Il est difficile pour vous d'être à l'aise avec tout ça vis à vis des personnes non concernées. C'est un peu comme parler d'un sujet politico-économique pointu avec son petit cousin alors qu'il joue à sa PSP. C'est dans cette partie qu'on intervient sur facebook sur des pages ou dans des groupes (chez NoPanic), sur des forums, sur youtube ou des sites web (commentaires).

3- Créer son réseau

C'est l'étape la plus compliquée car on passe dans le concret. Ici interviennent les relations humaines réelles et physiques. On oublie internet et ses belles paroles et on se sort les doigts du cul pour les mettre dans la préparation, la main à la pâte, dans les conserves ou dans la terre, avec des vraies personnes. La première sphère c'est la sphère privée: La famille proche. Attention, on ne convertit pas en créant la peur ou par la contrainte. Ça passe par un cheminement logique et sain, par une volonté réelle de partage, par un projet commun. Chacun son rythme et tout se passera au mieux. Vient ensuite les amis proches et les voisins. On se rend vite compte qu'avec un peu de pédagogie on ne passe plus pour le taré qui a toujours son kit bobologie et son couteau dans sa poche (oui oui celui qui sert bien à tout le monde quand on en a besoin). En grattant un peu on se rend compte que le papi au bout de la rue fait lui même ses conserves depuis 40 ans et qu'il a 6 mois de légumes dans le sellier. On voit aussi que son pote à son brevet de secouriste et que son beau frère s'est mis à la mécanique auto… Pas besoin de formaliser tout ça, encore moins de le structurer, il suffit de maintenir le contact et de partager les idées et les bon plans.

La réalité

Bon, c’est à cette étape que ça coince, mais il faut comprendre pourquoi. En société le fait d’être prévoyant est assimilé à la paranoïa. Refuser (enfin.. c’est un bien grand mot) la consommation à outrance te fait vite passer pour un marginal. Par dessus tout ça, il y a les médias qui créent dans la tête des gens des raccourcis idiots du genre: Prepper = survivaliste = parano = extrémiste … Rassurez-vous (ou pas) on retrouve ce même schéma dans tout ce qui sort d’une attitude française catholique bien pensante (arabe = musulman = islamiste = terroriste). Attention, bien souvent vous faites partie du processus qui cause cette image. Jamais dans mon entourage on ne me fait de remarque sur tout ça, pourquoi? La modération.

Faut-il en parler ou tout garder pour soi?

À la fois il faut savoir contrôler ce qu'on dit (le low eProfile) et à qui on le dit. Celui qui s'étale trop sur le sujet auprès de néophyte va passer pour un barge, il faut utiliser la pédagogie et/ou l'exemple. Si tu arrives dans un groupe et que tu balances "j'ai 6 mois de stocks dans ma cave" les gens vont t'assimiler à ce qu'il connaissent, c'est à dire le mouvement survivaliste américain qu'on voit sur RMC découverte (doomsday prepper). Cette image romancée, avec des scénarios improbables, des armes et du bacon en tube est complètement hors de notre réalité. À l'inverse si tu parles de l'usage que tu as eu de tes préparatifs lors d'évènements qui ont marqués tes amis (la tempête de 1999 ou Xynthia en 2010) alors tes propos seront concrets et non de l'ordre du fantasme apocalyptique hollywoodien.

Comment partager?

L'EDC est une bonne introduction. Vous passez tous pour celui qui trimballe sa pharmacie partout avec lui mais vous avez tous l'exemple du pote ou du collègue qui vous taxe un Doliprane, un pansement, ou votre couteau pour ouvrir un colis. Sans vouloir convertir, l'EDC est le bon moyen de sensibiliser vos proches à l'anticipation et du coup, à la préparation. Ce processus est d'autant plus simple si ces derniers ont des enfants: le sac de change est un tout compte fait un genre de BoB de bébé!

Un réseau oui, mais…

Le réseau est intéressant (à mon sens) que s'il est composé de personnes indépendantes. J'ai du mal à imaginer qu'un organisme structuré comme une asso ou truc dans le genre puisse fonctionner sur le long terme, surtout en cas de crise. Le réseau est utile en phase de préparation mais en situation dégradé j'imagine qu'il sera difficile de compter sur certain, à part les très proches et dignes de confiance. On se rend vite compte que quand le besoin se fait sentir le chacun pour soi prime.

Conclusion

En conclusion, une fois de plus il n’y a pas de recette mais les ingrédients sont: modération, jugeote, pédagogie et expérience personnelle… Et vous? vous en êtes où?

  • Manu Bourquardez

    Encore un bien bel article, je m’attendais même à un débat publique ici ! Mais c’est trop tôt.
    Ce préparer c’est bien, c’est clair ! mais en réalité c’est délicat de ne pas passer pour un barge !
    La population est tellement loin de comprendre et d’imaginer une seule seconde comme tout peut basculer. Catastrophe naturelle, terrorisme, Guerre, simple accident de voiture… Etc.. Les variables sont large !
    Mieux vaut ce préparer seul, quite à prévoir un peu plus pour les gens que l’on aime.
    Et surtout en dire le moins possible sur le net on est en 2015, et c’est l’heure plus-que jamais pour les autorités de faire leur petite fi-fiche 😉
    Certains sont d’emblée classé comme extrémiste et dangereux à cause de leurs connerie, c’est dommage pour eux.

  • Victor Kuchto

    Merci pour cet article.
    J’intègre parfaitement la notions de réseau de personnes indépendante. Envie de partager mon savoir faire afin d’en faire profiter un max de gens, envie aussi d’apprendre grâce à ce partage ce que je ne sais pas encore faire. Par contre si le jour de l’effondrement arrive (global ou partiel) alors je sais que je ne compterai que sur moi et que personne ne devra tenir compte de mon existence.

mat
10/09/2015

Mat aime écrire depuis sa plus tendre enfance, alors moi aussi j'écris une petite bio pour voir ce que ça donne. Permettant un peu d'humaniser cette page.