La Banque Nationale d'Angola

L’Italien et la carte bancaire

La survie du vieux blanc en Afrique n’est pas chose aisée… Dans ce deuxième épisode d’une série sur l’état du monde… Un nouveau récit d’un ami qui connait bien l’Afrique et ses dérives… Infiltré pour nous à Luanda, il nous fait part de son quotidien au travers d’anecdotes croustillantes…

La Banque Nationale d'Angola

La Banque Nationale d’Angola

L’Italien et la carte bancaire

Vendredi 10 mai 2013 – Angola

Comment vas ai-je demandé hier soir à ce jeune directeur général italien croisé dans un couloir. Et bien j’ai passé une sale journée, me répondit-il avec son bel accent génois. Ah ? Oui, depuis quelque temps me dit-il j’ai des difficultés avec ma carte bancaire, je pensais qu’elle était démagnétisée, ne pouvant faire des retraits comme je voulais, et je suis donc allé à l’agence bancaire pour résoudre ce problème. Ah mais votre carte marche très bien m’ont ils dit, mais pour faire des retraits il faut qu’il y ait de l’argent sur le compte. Il s’agit là du compte sur lequel est versé l’entier salaire du directeur général, qui comme beaucoup d’expatriés à Luanda, se voit également versé un complément en liquide baptisé « indemnités de vie locale ». Du cash dont le montant est calculé de façon à ce que les expatriés puissent effectuer leur dépenses de routine sans toucher à leur salaire. Dépenses faibles en ce qui concerne ce directeur général, qui dispose bien sur d’une villa avec piscine dans le centre ville, de domestiques, cuisinière, femme de ménage, gardiens, d’un 4×4 avec chauffeur dont l’essence est payée par sa société, internet, Iphone, Ipad, télévision par satellite et tout ce qui s’ensuit. Il se trouve que les difficultés rencontrés par l’italien ont tout de même commencées en septembre 2012, et que depuis lors il lui est fréquemment arrivé de ne pouvoir effectuer de retraits. Bien qu’ayant une bonne connaissance de l’Afrique et de l’Angola, il n’aurait peut-être pas dû en déduire que sa carte fonctionnait mal, même si cela est très fréquent dans ces pays, tout comme les distributeurs qui tombent en panne faute d’entretien. L’italien est retourné aujourd’hui dans l’agence bancaire, qui lui a donné des explications vérifiables, grâce aux relevés de compte imprimés à son intention. En Angola, un particulier qui ouvre un compte dans une banque nationale et qui présente suffisamment de garanties pour cela se voit proposer deux ou 3 cartes bancaires. S’il l’homme est marié il prendra généralement deux cartes, une pour lui et une pour son épouse. Ces deux cartes auront automatiquement le même numéro. Or les relevés de compte de l’italien célibataire et qui n’a demandé qu’une carte font apparaitre que de nombreuses opérations ont été faites à l’aide d’une carte ayant le même numéro que la sienne, à un chiffre près, planqué au milieu de la litanie de chiffres. Ce qui fait qu’en regardant rapidement les relevés cela ne saute pas aux yeux. A Luanda il est par ailleurs inutile de demander à recevoir ces relevés par la poste, parce que la poste ne fonctionne tout simplement pas. Quelqu’un, au sein de la banque, a donc sciemment émis une carte bancaire à la numérotation quasi identique à celle de l’italien, à son nom, et liée à son compte en banque. Et depuis septembre, de plus en plus d’opérations de débit apparaissent sur les relevés, l’auteur de ces opérations s’enhardissant, l’italien ne s’apercevant de rien. A partir du mois de novembre l’escroc banquier ne se contente plus de faire des retraits dans un distributeur, il effectue des virements grâce à cette carte vers un autre compte. Pour finalement, depuis le mois de janvier, assécher systématiquement le compte de l’italien dans les trois jours qui suivent le versement de son salaire. Bien évidemment l’italien demande réparation du préjudice subi, la banque reconnaissant verbalement et porte close un « dysfonctionnement interne ». A l’évidence ce ne peut être un simple employé qui ait mis en place cet ingénieux système, mais bien plusieurs individus possédant les autorisations suffisantes et le niveau d’accès permettant de contourner les sécurités mises en place pour interdire ce genre de pratique. Ce qui confirme que comme le disent souvent ceux que l’on appellent gentiment les « vieux blancs » aux nouveaux arrivants, « tu verras, petit, ici, tout est possible »

  • fallonne

    Maintenant il faut se méfier de tout le monde. Je me suis fait pirater ma carte début Avril, donc je fait opposition ect… 15jours après je reçoie la nouvelle, je ne l’avait même pas encore utilisée qu’elle était de nouveau piratée ! Si c’est pas un soucie dans la banque sa.

    • NoPanicfr

      oui j’ai aussi été piraté de plus de 600€… remboursés heureusement…
      maintenant j’utilise une e-card

      • fallonne

        Ouai moi je limite les achats internet, surtout via smartphone !

      • Les Crocs

        Moi je dis, rien ne vaux les bonnes vieilles maniere, un coffre fort caché sous une plage sur une ile déserte au milieux du pacifique.

        Bref, et avec internet, ce genre de truc n’est pas finis

mat
10/05/2013

Mat aime écrire depuis sa plus tendre enfance, alors moi aussi j'écris une petite bio pour voir ce que ça donne. Permettant un peu d'humaniser cette page.