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Le Pouvoir du Cash

Beaucoup d’entre nous ont dans leur entourage une personne spéciale, très spéciale… Vous savez, cette personne. Celle qui sait tout de nous, ou presque.

cette personne…

Intimité partagée

Celle qui connaît nos petites habitudes quotidiennes,nos routines, nos coins favoris, nos distractions, nos destinations we, qui sait si tu préfères la ville ou la campagne, le cinéma ou le théâtre, les concerts ou les expos. Celle à qui tu confies une partie de tes projets quand tu cherches à les concrétiser, à qui tu dévoile  tes espoirs et parfois tes doutes sur ta capacité à les mener. Celle qui en sait beaucoup sur ta forme, ta santé, qui a une petite idée de ce que tu manges, connaît ta fidélité à ton boulanger, ton médecin et le petit nom de ton pharmacien préféré. Mais si, tu sais.. Cette personne, qui sait combien de kilomètres tu fais dans le mois, si ta voiture est en panne, combien de fois par semaine tu vas au bar, qui connaît tes sites d’achat favoris, qui sait quand ton chien est malade, quand tu t’achètes des lunettes, si  et qui sait aussi quand, après quelques mois d’abstinence, tu as craqué en t’achetant des cigarettes.

Cette personne..

..Ton banquier.

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Appelons le Monsieur B.

Sérieux?

Cette relation, au début je ne l’ai pas vraiment prise au sérieux

Au commencement ce n’était qu’occasionnel. Et puis, avec le temps, l’habitude, la praticité, sans trop me poser la question, je suis tombée dedans. Avec toute la force de mon consentement aveugle.

Oui, je suis devenue une inconditionnelle de sa carte.

la CB

J’ai perdu l’habitude d’avoir un porte-monnaie, j’ai perdu l’habitude d’avoir du cash sur moi tout court. J’ai même oublié que derrière cette carte, il y avait plein de choses, pleines de mots doux à Monsieur B. Et puis un jour je me suis rendu compte que ce petit objet de plastique, à bien des égards, s’apparentait à ça:

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Mais, est-ce vraiment un enjeu?

Comme beaucoup, j’ai une vie très peu « intéressante » pour lui. Ça n’est pas « un peu » de partage de vie privée qui va changer la face du monde. De mon monde du moins. Mais Monsieur B. -qui lui est peut être bien gentil- n’est pas vraiment seul. Il a pour amis des systèmes complexes qui traitent de la donnée à gogo. Et sur le principe ça me dérange. Et en déroulant le fil de la réflexion, on se rend compte que tout cela va bien, bien plus loin que le seul partage de ton café préféré.

Le sujet de la vie privée est spécial, de nos jours. Sans même parler du sujet « réseaux sociaux », c’est compliqué de la préserver. Bisous à l’état d’urgence prolongé en passant.  L’avenir est dans la valorisation de la donnée. (on en reparlera). Le big data est en révolution, le recrutement de data miner se fait pressant sur tous les marchés et les flux s’envolent. Bientôt, ces données seront utilisées pour influencer d’autres actes. Des actes qui toucheront à l’ensemble de ton quotidien. (Je n’extrapole rien, c’est le but complètement affiché de la branche du big data).

Le sais tu?
Tu joues souvent au PMU? Monsieur B. le sait. Et au vu de ton profil, il t’incitera, doucement, mais sûrement, à te tourner vers des produits plus « risqués », identifiés pour les « joueurs ». Il y a plus de chance que tu y accroches et.. Tu sais, c’est comme dans les casinos: « La banque est toujours gagnante ».

Alors j’ai pris de la distance.

Le sujet de la vie privée est spécial, de nos jours. C’est compliqué de la préserver –bisous à l’état d’urgence prolongé– et l’enjeu réside finalement plus dans la sélection de ce que l’on partage plus que du partage lui même. L’avenir est dans la valorisation de la donnée. (on en reparlera). Donc si au passage on peut donner un tout petit peu moins de pouvoir à nos dictatures systèmes bancaires, pourquoi se priver?

On a encore la main sur quelques trucs, n’est-ce pas?

Voilà pourquoi petit à petit, en toute simplicité, je suis revenue au cash.

Il m’arrive de payer encore par CB ou virement. Mais très peu. Et je choisis quand. Je retire de l’argent de temps en temps, par tranche de 100 ou 150€ et je fais avec ça pour mon quotidien, mes courses, mes loisirs. C’est si facile. J’avais oublié.

Monnaie!

Bref, je décide du degré d’intimité que j’ai avec mon banquier.
Et ça, c’est la moindre des choses, non?

Un article de Laure Autonowmie

  • Aelius Hadrien

    Oui d’accord mais….
    Moi aussi je suis inquiet de l’omnipotence et surtout de l’omniscience des Monsieur B de tout acabit. Se souvient-on par exemple qu’au plus fort de la crise bancaire à Chypre, le gouvernement a tout simplement ponctionné les volumineux comptes en banque de certains épargnants. Comme il s’agissait essentiellement d’argent « noir » amassé par des membres de la mafia russes, cela n’a pas fait (trop ) de remous. Mais on pourrait imaginer que dans une société sans cash, l’état vousprélève directement vos impôts, voire toute somme qui l’intéresse. C’est facile (enfin pour un informaticien)

    Mais, une société du cash, c’est aussi des transports de fonds qu’on attaque, des commerçants, pharmaciens qu’on braque, des facteurs qui apportent les pensions et qu’on dévalise….bref, ce n’est pas rose non plus.
    Par contre, au quotidien, l’idée de relever du cash (et de ne pas prendre les cartes de fidélité des magasins) pou r faire ses emplettes me paraît un bon compromis

    • Oui c’est ca, aucun des extrêmes n’est spécialement réjouissant!
      Des petits gestes simples, éclairés, et sans en faire une prise de tête quotidienne, me semblent être un compromis plein de bon sens! 🙂

  • Aelius Hadrien

    Sur le Big data on est d’accord (enfin, je pense)…Le tout est de voir comment naviguer entre ces différents écueils du monde qui s’ouvre à nous…Life is not about avoiding the storm, it’s about learning to dance in the rain